II. Gloire du combat chrétien
210 UN MODÈLIC
SAINT ROMAIN, Martyr 9 août.
Saint Romain était soldat de la garde de l'empereur Valérien, du temps de saint Laurent, et en cette qualité, il fut obligé d'assister aux interrogatoires et aux différents supplices de cet intrépide archidiacre. Frappé de la constance et de la joie avec lesquelles celui-ci endurait les tourments, il fut pris du désir d'embrasser la religion chrétienne. Mais ce désir se changea en résolution inébranlable quand il vit un jeune homme d'une grâce et d'une beauté incomparable essuyer la sueur qui coulait du front du martyr et le sang qui ruisselait de ses plaies. Il reconnaît par là que la religion de Laurent est la seule véritable et ;que les chrétiens^, pour un moment de peines et d'afflictions en cette vie se procurent une éternité de bonheur en Fautre. Éclairé de cette lumière il se jette aux pieds du martyr, réclame le secours de ses prières et lui révèle tout ce qu'il vient de voir. Le Saint l'instruit et le baptise dans sa prison.
L'empereur ne tarda pas d'être informé de la conversion et du baptême de Romain. Le nouveau converti ne cherchait point à dissimuler son changement et se faisait gloire d'appartenir à Jésus-Christ. Valérien le fit arrêter et commanda de l'amener à son tribunal à coups de bâton. C'est ici que l'illustre Romain se montra digne de son nom, digne de Laurent et de Jésus-Christ, son divin Maître. « Je suis chrétien, s'écria-t-il en entrant d'un air triom-
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phant et joyeux, je suis chrétien. » Irrité de ces paroles, l'empereur fit dégrader le soldat Romain. Puis après l'avoir écrasé sous une grêle de pierres, sans avoir pu vaincre son courage, il lui fit trancher la tête. Mais au milieu de ses plus horribles tortures, Romain ne cessait de répéter son refrain de triomphe : « Je suis chrétien. » Son martyre arriva le 9 août de Tan 258, la veille du martyre de Saint Laurent. Ainsi il reçut la couronne avant son guide et son maître.
Réflexions pratiques.
L'exemple des martyrs et des saints de la primi-
tive Eglise n'avait pas moins de force pour convertir les infidèles que les miracles les plus éclatants. L'appel de saint Romain à la foi en est une preuve éclatante. «Plusieurs d'entre vous, disait saint Justin aux païens, vivant parmi les chrétiens et voyant leurs vertus ont embrassé la même religion ou du moins ont changé de conduite. Ils sont devenus doux et affables d'emportés et de violents qu'ils étaient. » La patience des chrétiens et leur mépris pour le monde leur a inspiré l'amour des mêmes vertus. On doit inférer de là l'obligation oîi sont les fidèles deglorifier Dieu par la régularité de leur vie. Jésus-Christ leur recommande d'édifier le prochain par leurs œuvres. Nous apprenons de Clément d'Alexandrie que l'apôtre saint Mathias avait coutume de dire que le fidèle participe aux péchés de son prochain, tant il est vrai que nous devons contribuer au salut de nos frères par nos discours et nos
exemples. Le faisons-nous? — Mais quel malheur à nous sur qui la vie des saints ne fait aucune impression! Malheur à nous qui par notre lâcheté et nos scandales devenons aux autres une odeur de mort. Malheur à nous dont la conduite déréglée fait blasphémer, par les infidèles, notre sainte religion et son divin Auteur! Mon Dieu! préservez-nous de ce malheur!
Plan de méditation.
I. Ce que la grâce a fait en saint Romain. IL Ce que la grâce peut faire en nous-mêmes.
SAINT LAURENT, Martyr
10 août.
Saint Laurent, Tun des plus célèbres martyrs que l'Église honore, a été loué par les plus illustres Pères latins. Quoique les panégyristes de ce glorieux martyr ne parlent ni du lieu de sa naissance, ni de son éducation, on croit cependant qu'il naquit de parents pauvres, mais vertueux, en la ville d'Huesca, au royaume d'Aragon. Nous ne trouvons rien de certain sur Tenfance de saint Laurent, ni sur son jeune âge, ni sur le sujet qui l'amena à Rome. Tout ce que nous savons, c'est que ses vertus le firent connaître à saint Sixte et lui gagnèrent son affection. Ce saint, alors archidiacre de Rome, le prit sous sa protection, voulut être son guide dans
rétude des Livres saints, et se chargea du soin de le former à la perfection chrétienne.
Élevé sur la chaire de saint Pierre en 257, saint Sixte s'associa son cher disciple dans les fonctions augustes du saint ministère, et Féleva au diaconat. Il n'y avait alors que sept diacres dans TÉglise de Rome et saint Laurent, quoique fort jeune, était le premier. C'est pour cela que plusieurs Pères lui donnent le titre di archidiacre du Pape. Cette place supposait un rare mérite. Celui qui l'exerçait avait soin du trésor et des richesses de TÉglise ; il était chargé d'en distribuer les revenus aux pauvres. On va voir combien saint Laurent était digne d'exercer ces saintes fonctions.
En 257, l'empereur Valérien, à la persuasion de Maximin, publia contre le christianisme de sanglants édits. Pour dissiper le troupeau, il résolut de frapper d'abord les pasteurs ; il ordonna donc de mettre à mort sans délai les évoques, les prêtres et les diacres. Le pape saint Sixte II fut arrêté l'année suivante. Comme on le conduisait au supplice, Laurent, son diacre, le suivait en pleurant ; et dans sa douleur de ne point partager ses souffrances, il lui disait: « Où allez-vous, mon père, sans votre fils? Oîi allez-vous, saint Pontife, sans votre diacre ? Jamais vous n'offriez le sacrifice sans que je vous servisse à l'autel. En quoi ai-je eu le malheur de vous déplaire? M'avez-vous trouvé infidèle à mon devoir? Éprouvezmoi de nouveau, et voyez si vous avez fait choix d'un indigne ministre pour la dispensation du sang du Seigneur. » Le saint Pape, touché de tendresse et de compassion, le consolait en lui disant : « Je ne vous
abandonne point, mon fils ; nne épreuve plus pénible et une victoire plus glorieuse vous sont réservées, à vous qui êtes dans la force et dans la vigueur de la jeunesse. Pour moi, je suis épargné à cause de ma faiblesse et de mon grand âge. Vous me suivrez dans trois jours. » Après lui avoir ainsi parlé, il le chargea de distribuer sur-le-champ, aux pauvres, les trésors de l'Église dont il était dépositaire, de peur qu'ils ne fussent dépouillés de leur patrimoine par les païens. Laurent, transporté de joie d'apprendre que Dieu l'appellerait bientôt à lui, fit une exacte recherche des veuves et des orphelins qui étaient dans l'indigence, leur distribua tout l'argent qu'il avait entre les mains, et vendit même les vases sacrés dont il employa le prix de la même manière. Il fit ainsi d'abondantes aumônes. La nouvelle de ces libéralités ayant été portée au préfet de Rome, il crut que les chrétiens avaient de grands trésors en réserve et résolut de s'en emparer. Il fit venir saint Laurent pour l'engager à lui découvrir le lieu où ces prétendus trésors étaient gardés, et pour l'y contraindre par la violence, s'il refusait de faire cet aveu. « Vous vous plaignez souvent, vous autres chrétiens, dit ce préfet au saint diacre, que nous vous traitons cruellement ; je ne veux point agir ainsi envers vous; je vous demande seulement ce qu'il dépend de vous de m'accorder. Je sais que dans vos cérémonies vous vous servez de vases d'or et d'argent, et que, pour éclairer vos sacrifices nocturnes, vous allumez des cierges dans des chandeliers d'or. Mettez au jour ces trésors que vous cachez, le prince en a besoin pour l'entretien de ses troupes. »
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Saint Laurent répondit sans s'émouvoir : « J'avoue que notre église est riche et que l'empereur n'a point de trésors aussi précieux qu'elle. Je vous en ferai voir une bonne partie ; je vous demande seulement un peu de temps pour disposer et mettre tout en ordre. » Le préfet, content de cette réponse, lui accorda trois jours de délai. Pendant cet intervalle, Laurent parcourut toute la ville, pour chercher les pauvres qui étaient nourris et entretenus aux dépens de l'église, rendit la vue à plusieurs aveugles et convertit saint Hippolyte. Le troisième jour, il réunit un grand nombre de malheureux devant l'église, et alla inviter le préfet à venir voir les trésors dont il lui avait parlé. « Voilà, lui dit-il, dans les personnes de ces pauvres, de ces estropiés, de ces lépreux, de ces vieillards décrépits, les trésors que je vous ai promis. J'y ajoute les perles et les pierres précieuses, ces veuves et ces vierges consacrées à Dieu. L'Église dont elles sont la couronne, devient par elles l'objet des complaisances de Jésus-Christ. Elle n'a point d'autres richesses ; vous pouvez vous en servir pour l'avantage de Rome, celui de l'empereur et le vôtre. — Gomment oses-tu me jouer, malheureux! s'écria le préfet. C'est donc ainsi que tu insultes mes haches et mes faisceaux, symbole du pouvoir romain? » Puis il le fit déchirer de coups et le menaça des plus cruels supplices, s'il ne livrait les trésors dont il était dépositaire. « Je ne crains point vos tourments, s'écria le saint diacre. » Il fut reconduit demi-mort dans sa prison. Au bout de quelques heures, Laurent comparut de nouveau devant le préfet de Rome, qui fit de nouvelles instances pour
obtenir ce qu'il convoitait : prières, menaces, tout fut inutile, a Je sais que tu désires la mort, lui dit alors le préfet. Mais ne t'imagines pas mourir sur-lechamp. Je prolongerai les tortures pour les rendre plus vives et plus affreuses, et tu ne mourras que par degrés. » A ces mots, le tyran fit attacher le saint diacre sur un gril de fer, et sous le gril on plaça des charbons enflammés. Le martyr endura cette horrible torture avec une héroïque constance et une paix inaltérable, puis sans s'émouvoir, il apostropha le juge : « Vous pouvez maintenant faire tourner mon corps, dit-il, il est assez rôti de ce côté-là. )) Les bourreaux l'ayant tourné, il ajouta : (( Ma chair est suffisamment cuite, vous pouvez en manger. » Enfin, ayant prié avec larmes pour la conversion de Rome, il rendit tranquillement l'esprit, en remerciant Dieu de la grâce du martyre. Plusieurs sénateurs, témoins de sa mort, furent si touchés de son courage et de sa piété qu'ils se convertirent sur-le-champ. Saint Prudence affirme que l'entière conversion de Rome fut le fruit de ses prières. Son corps fut enseveli honorablement, le 10 août 285, par d'illustres personnages.
Réflexions pratiques.
I. L'amour de Dieu occupait tellement le cœur de saint Laurent, dit saint Augustin, que son corps ne ressentait point les flammes qui les consumaient. Quand on aime bien Dieu, on n'aime point son corps, ni ses plaisirs ; on méprise la vie, on désire la mort. Si cela est, ô mon Dieu ! que l'amour que j'ai pour vous est faible ! Cependant, dit saint Augus-
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tin, c'est perdre malheureusement sa vie, que de ne pas remployer à vous aimer.
IL La patience de saint Laurent est admirable ; il n'attend pas les tourments, il va les chercher, il monte sur son gril comme sur un char de triomphe, il presse ses bourreaux de tourner son corps pour souffrir davantage. Si vous aimez votre corps, si vous le caressez en cette vie, il faudra éprouver en l'autre les feux de l'enfer ou ceux du purgatoire. Est-il quelqu'un parmi vous, continue l'évêque d'Hippone, qui n'aimât mieux être brûlé tout vif pendant une heure avec saint Laurent, que de l'être pendant l'éternité avec les damnés ?
111. Saint Laurent lève les yeux au ciel et remercie Dieu de l'honneur qu'il lui fait d'accepter le sacrifice de sa vie. Dans nos afflictions faisons toujours de même : levons les yeux au ciel, pour demander à Dieu la grâce de souffrir avec constance, et remercions-le de ce qu'il exerce notre patience et nous fournit de quoi former notre couronne. Ingrats, nous ne savons gré à Dieu que des plaisirs sensuels ; et cependant le plus grand don du Créateur c'est la sainteté, et la sainteté ne s'acquiert que par les souffrances. La mortification est le fondement du christianisme.
Mon Dieu 1 Je me souviendrai toujours que le royaume du ciel souffre violence ; que le travail est pour la vie présente, et le repos pour le ciel.
Plan de méditation.
L Saint Laurent a glorifié Dieu pendant sa vie par la fidélité de son ministère.
II. Il a glorifié Dieu à sa mort par la constance de son martyre.
SAINT TIBURGE, Martyr et SAINTE SUZANNE,
Vierge et Martyre
Il août.
Saint Tiburce, Romain de naissance, était fils de rillustre Chromace, préfet de Rome, guéri et converti par saint Sébastien. Tiburce partagea l'heureux sort de son père et de toute sa famille ; il reçut le baptême et devint un des plus fervents chrétiens de son temps. Dès sa jeunesse il brilla au barreau par son esprit et son éloquence. Mais la grâce lui inspira de renoncer à tous les avantages humains pour s'adonner uniquement aux exercices de piété et à la pratique de la charité à l'égard des fidèles. Le pape saint Caïus, voyant redoubler le feu de la persécution , aurait voulu que Tiburce, encore jeune et converti depuis peu, s'absentât quelquetemps de Rome pour n'être pas sitôt exposé à la cruauté des tyrans, mais le nouveau soldat de Jésus-Christ, animé du désir du martyre, voulut demeurer avec les saints confesseurs dans la ville. Il n'aspirait qu'à la gloire de combattre pour la religion qu'il venait d'embrasser, et s'exciter par l'exemple de ceux qui endureraient la mort pour la foi. La renommée de sa vertu et de son zèle ne devait pas tarder de se répandre. Un jour qu'il sortait du logis où tous les confesseurs étaient assemblés, l
il trouva dans la rue une pauvre victime tombée
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d'un étage fort élevé, le corps tout brisé et ne donnant aucune espérance de vie. Touché du danger que courait cette âme de se perdre, Tiburce s'approcha du moribond et faisant sur lui le signe de la croix, il lui rendit la santé. Cette merveille convertit le malheureux avec toute sa famille et confirma les chrétiens dans la foi.
Le zèle de notre héros allait en croissant de plus en plus, nourri par les continuels exercices de la charité. Nuit et jour il parcourait les habitations des chrétiens pour les assister, les exhorter à la persévérance et les encourager à donner leur sang pour Jésus-Christ. Son plus ardent désir était de voir tous ceux qui portaient le nom de chrétiens édifier par leurs paroles et par l'exemple de leur vie, et il ne pouvait en voir un seul dans le dérèglement sans le reprendre charitablement. Un insigne hj^pocrite, nommé Torquat, feignait d'être chrétien, et après avoir renié sa foi, vivait dans toutes sortes de dérèglements. Tiburce s'en aperçut et il ne manqua point de l'en reprendre avec zèle et fermeté. Torquat fit semblant de prendre en bonne part ces remontrances bienveillantes; mais il conserva dans le cœur un désir violent de se venger, et de perdre celui qui avait si fort à cœur le salut de son âme. Bientôt parut un édit de Dioclétien. Une recherche exacte devait être faite de tous les chrétiens, et tous ceux qui refuseraient de sacrifier aux dieux devaient être condamnés au dernier supplice, Torquat dénonça Tiburce aux agents de la police impériale. Pour mieux couvrir sa trahison il se laissa arrêter avec lui. On le conduisit devant le juge Fabien, suc-
cesseiir de Chromace. Celui-ci avait été averti de cette cruelle comédie, et il affecta d'interroger Torquat sur sa religion : « Quoi donc, Torquat, reconnaissezvous aussi un homme crucifié pour votre Dieu? » A cette interrogation l'impie se mit à rire; montrant Tiburce, il répondit qu'il n'avait point d'autre Dieu que celui de ce bienheureux. Tiburce comprit la perfidie et la trahison de l'apostat. Prenant la parole il lui dit d'un ton grave et ferme : «Ne croyez pas que vos artifices nous soient inconnus; nous ne vous avons jamais pris pour un disciple de Jésus- Christ. Les dérèglements honteux de votre vie faisaient assez voir que vous n'étiez pas un fidèle. Vous vous mêliez parmi nous, mais vous n'étiez pas des nôtres. Votre trahison en est une preuve. Cependant je ne vous sais pas mauvais gré de votre fourberie, vous me faites un bien infini en voulant me nuire, puisqu'il n'y a rien que je souhaite plus passionnément que de donner mon sang et ma vie pour Celui qui est mort sur une croix par amour pour moi. » Fabien, irrité de ce discours, dit à Tiburce qu'il n'était pas question de parler, mais de sacrifier aux dieux de l'Empire. « Je ne sacrifie, dit Tiburce, qu'à un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre. — Il faut cependant, répliqua le juge, que tu nous obéisses, ou que tu marches nu-pieds sur des charbons embrasés. — J'y marcherai volontiers, dit le martyr, et ces charbons me seront plus agréables que des roses, » A l'instant même le magistrat inique fait répandre des charbons ardents. Le Saint se hâte de quitter sa chaussure et ayant fait le signe de la croix, il marcha plein de confiance sur le feu et dit à ses perse-
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cuteurs : « Reconnaissez par ce miracle pour vrai Dieu celui que les chrétiens adorent; ces charbons me semblent des fleurs. » Le juge, au lieu de se laisser toucher par ces prodiges, s'endurcit de plus en plus. Il fit trancher la tête au martyr. C'était le 11 août de Tan 286.
Sainte Suzanne, vierge et martyre, sortait d'une famille noble de Rome ; elle était nièce du pape Caïus et parente de l'empereur Dioclétien. Ses parents lui avaient donné une éducation chrétienne et l'avaient élevée dans les sentiments d'une haute piété. Sa tendresse pour la Reine des Vierges lui inspira, dès le berceau, un amour constant pour la chasteté. Elle consacra sa virginité à Jésus- Christ et eut un si grand amour pour ce divin Époux qu'elle refusa la main de Maximien devenu veuf par la mort de la fille de Dioclétien. L'empereur, voulant donner à son gendre une autre femme de sa parenté, jeta les yeux sur Suzanne dont l'esprit, la sagesse et la beauté ravissaient tout le monde. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'on lui annonça que Suzanne refusait cette union, d'abord, parce qu'elle s'était consacrée à Dieu qu'elle avait choisi pour son unique époux, ensuite parce qu'elle n'épouserait jamais un homme souillé par les abominations de l'idolâtrie, et par le massacre d'un nombre infini de chrétiens. Suzanne parla avec tant de force et d'onction qu'elle convertit un seigneur romain nommé Claude, avec Maxime son frère, chargés de faire les propositions de mariage. A cette nouvelle l'empereur, irrité, fit incarcérer la vierge et condamna à mort les nouveaux convertis. Après