‹ Un modèle pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 31 sur 67 · III. Ses triomphes · texte numérisé non relu

III. Ses triomphes

SAINT DONAT, Confesseur

19 août.

Saint Donat naquit dans l'antique cité d'Orléans, vers la fin du cinquième siècle. Il fut, dès l'enfance,

comblé des plus précieuses grâces et des plus amples bénédictions célestes. Son intelligence était si précoce, qu'à peine âgé de trois ans, ses parents lui donnèrent un maître pour l'initier aux sciences humaines. A huit ans, il savait le psautier par cœur et, à douze ans, il avait lu toutes les saintes Écritures. La vive inclination de cet admirable enfant pour la piété, sa merveilleuse facilité pour l'étude, jointes à l'amour de la vertu, développèrent rapidement en lui les germes féconds de la sainteté et de la science. L'évêque d'Orléans, frappé des dispositions étonnantes du jeune Donat et plus encore de la douceur de son caractère, le plaça parmi les clercs, puis en considération de son rare mérite, il lui conféra, avant l'âge, le diaconat, et peu de temps après Tordre de la prêtrise. Le saint jeune homme se montra digne de la haute confiance que lui accorda son évêque, mais tandis qu'il se livrait aux fonctions du sacré ministère avec ce zèle et cet élan que la charité sacerdotale met au cœur du saint prêtre, il crut que Dieu l'appelait dans une terre étrangère. Il quitte son pays et sa famille et se rend au tombeau de saint Martin de Tours, puis il se met à la recherche de la demeure que Dieu se chargerait de lui indiquer. Mais ce n'est qu'après de longues et fatigantes recherches qu'il parvient à la montagne de Lure, non loin de Sisteron. Lure était un site sauvage, entouré de bois épais, oti nul bruit ne pouvait interrompre le recueillement de Tâme contemplative. Il choisit cette profonde solitude pour en faire le lieu de son repos. Il dresse sa tente dans ce désert infecté de serpents et redoutable surtout par la pré-

sence d'un énorme dragon. Là, notre Saint partageait son temps entre la psalmodie, la lecture, la contemplation, et les actes d'une rigoureuse pénitence. La terre nue était son lit, un rude ciliée son vêtement, quelques fruits sauvages sa nourriture et l'eau du torrent son breuvage. La bonne odeur de ses vertus ne tarda pas à se répandre au loin. L'humble solitaire apprenant que quelques-unes des contrées voisines étaient ensevelies dans les ténèbres de l'idolâtrie, d'autres plongées dans une profonde ignorance et toutes dans une grande corruption, résolut de travailler à la conversion de ces brebis errantes et perdues. Il se met à l'œuvre : avec une douce et mâle éloquence qui porte dans les cœurs la conviction, le repentir et l'amour, il prêche la vérité de la croix, le mensonge de l'idolâtrie, les miséricordes du Sauveur, les mystères de sa douloureuse passion ; il rappelle la beauté de la vertu, la brièveté des plaisirs, l'éternité de la gloire céleste, et il parle avec une onction si pénétrante, que les ténèbres de l'idolâtrie se dissipent, et que la vigueur du christianisme refleurit sur une terre aride et désolée. Tant de conversions si éclatantes excitèrent la haine de Celse, proconsul des Alpes Maritimes, qui le fit battre de verges, et lui défendit, sous peine de mort, de sortir j amais plus de son désert. Notre Saint était à peine rentré dans sa solitude lorsque la fille du proconsul perdit subitement la vue. Dans ses cruelles souffrances, l'infortunée appelait sans cesse Donat à son secours, soit à cause du bruit de ses miracles, soit qu'elle fût inspirée de Dieu. Celse qui aimait sa fille, fit chercher le saint solitaire et le fit prier de venir guérir sa fille.

Page 1