‹ Un modèle pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 30 sur 67 · LA BIENHEUREUSE CLAIRE DE MONTEFALCO · texte numérisé non relu

LA BIENHEUREUSE CLAIRE DE MONTEFALCO

17 août.

Claire naquit à Montefalco, ville d'Italie, de parents aussi honorables que pieux. A Tâge de quatre ans elle savait par cœur le Pater^ VAve et plusieurs autres prières qu'elle aimait à réciter à genoux, les mains jointes et les yeux au Ciel, avec une piété si sensible, que tous ceux qui la voyaient prier en étaient émus. Elle conserva toute sa vie cette ardeur dans la prière. Le démon, irrité d'une piété si précoce, employa toutes ses ruses pour l'en détourner, cherchant tantôt à l'effrayer par d'horribles apparitions, tantôt à lui persuader par de subtiles raisons, que cette application à la prière était pleine de dangers. Une fois il lui apparut sous la figure d'une femme vénérable, au visage voilé, qui lui dit : « Prends garde, Claire, prends garde, situ continues à écouter ta sœur et à tant prier, tu seras emportée, par une mort prématurée, comme ta sœur Théodorice. » Sa sœur aînée, nommée Jeanne, était religieuse et la formait aux exercices de piété. Elle ne se laissa pas

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prendre aux pièges du démon, et n'en fut que plus dévote.

Elle dormait fort peu la nuit; quand elle était accablée de sommeil, elle se couchait sur une planche nue ; rarement elle usa de lit et de couverture. Claire s'habitua au jeûne dès Tenfance, et évitait tout ce qui flatte les sens, au point qu'elle vivait de pain d'orge et d'eau ; rarement elle y ajoutait des fruits ou des herbes crues; toute sa vie elle garda cette étroite abstinence et les médecins s'étonnaient de ce qu'elle pût vivre de si peu.

Arrivée à l'adolescence, comprenant les dangers de la vie dans le monde, elle demanda à sa sœur de l'admettre dans la communauté, ce qu'elle n'obtint qu'après de longues instances. Car Jeanne craignait que dans un âge encore peu avancé, elle ne pût supporter une vie si austère. Mais elle subit vaillamment l'épreuve du noviciat, et, au bout d'un an, elle fut admise, du consentement de toutes les sœurs, à la profession religieuse.

Ses trois vœux prononcés, elle mit plus d'ardeur encore à la prière et à la pratique des vertus monastiques, au point que'ses forces physiques défaillaient. Mais Dieu manifesta par divers signes combien ses pures et ardentes prières lui étaient agréables. Un jour que les sœurs l'observaient priant dans sa cellule, elles la virent ornée d'un collier des plus belles fleurs du monde, et le front ceint d'une couronne : c'étaient les anges qui la paraient ainsi. Une autre fois, la cellule où elle priait, apparut illuminée d'une lumière céleste. Claire entendait parfois les concerts des anges, et ses forces épuisées par le jeûne et les

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veilles, lui étaient rendues par cette douce mélodie. Elle portait continuellement un cilice, et se disciplinait jusqu'au sang pendant la nuit. L'humilité lui était si chère, qu elle se contentait du vêtement le plus grossier, et elle garda toute sa vie l'obéissance empressée qu'elle manifestait dans son enfance.

Mais parmi tant de vertus, la plus belle fut la chasteté qu'elle conservait avec un soin jaloux en elle et dans les vierges qui lui furent soumises. Une fois, à l'âge de neuf ans, elle laissa en dormant, son petit pied nu sortir du lit. Sa sœur Jeanne, qui le remarqua, la reprit et lui dit que cela n'était pas convenable à une fille pieuse et modeste. La petite Glaire en eut tant de chagrin, que depuis lors elle enveloppait étroitement ses pieds avant de s'endormir. Plus tard elle ne permettait pas môme aux sœurs de lui toucher la main.

Étant religieuse elle aimait beaucoup le silence et détestait le bavardage, aussi ne lui arriva-t-il qu'une seule fois de tomber dans une faute sur ce point ; encore ce fut pour condescendre au désir de sa mère. Néanmoins elle eut un tel regret de ce laisser aller, qu'elle pleura comme si elle eût commis un péché grave et s'imposa pour pénitence de réciter cent fois le Pater et VAvc Maria les pieds nus dans la neige.

Claire avait une telle horreur du mensonge que jamais elle ne parlait contre sa pensée. A la mort de sa sœur Jeanne, elle fut élue abbesse et remplit cette charge avec une sagesse et une distinction admirables.

Elle était émue de compassion pour les pauvres

et lorsqu'elle les voyait manquer de vêtements, elle se dépouillait de ses propres habits pour les revêtir.

Toutes les fois qu'on faisait du pain au couvent, elle voulait qu'on fit douze pains de plus que le nécessaire, pour les distribuer à douze pauvres, en l'honneur des douze apôtres. Ses soins les plus minutieux et les plus maternels étaient pour les malades qu'elle assistait avec une charité et une bienveillance merveilleuses. Sa prudence et sa sagesse brillaient surtout dans l'admission des filles de sa communauté. Elle ne s'arrêtait ni à la figure, ni aux bonnes façons, ni à la naissance, mais à ce seul point, savoir si elles désiraient vraiment et sincèrement servir Dieu.

Tant de perfection lui mérita d'insignes faveurs de la part du Ciel. Une des plus grandes fut de recevoir la sainte communion des mains adorables de Notre- Seigneur Jésus-Christ. Mais aussi, quelle exigence de la part de celui qui se communiquait ainsi à elle ! Pour une légère impatience à l'égard d'une sœur qui lui assurait que, malgré ses efforts, elle ne trouvait aucune douceur dans la prière, elle fut elle-même privée de toute consolation ; et la nuit de l'âme où elle fut plongée dura onze ans entiers I

Elle était singuhèrement enflammée de dévotion, de reconnaissance et de compassion quand elle méditait sur la passion du Sauveur, et désirait beaucoup voir des yeux du corps, au moins une fois, le Seigneur tel qu'il était au moment où il mourut pour nous sur la croix. Un jour qu'elle était dans cette pensée, une voix du ciel lui dit : « Claire, ma fille, que peut-il arriver de plus heureux que de participer

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à mes douleurs I » Dès lors elle resta tellement absorbée dans la contemplation de la passion que, môme quand elle buvait de l'eau et mangeait du pain, il lui semblait qu'elle prenait du fiel et du vinaigre, tant le glaive de la compassion était profondément gravé dans son cœur. — Une autre fois, le Seigneur lui apparut sous la figure d'un pèlerin portant une croix sur ses épaules; il lui dit : « Ma fille, en cherchant ce que je pourrais ofi'rir de plus agréable à ton cœur, il m'a semblé que ma croix serait la chose qui lui convient le mieux. Reçois-la, embrasse-la, et donne-moi ton cœur afin que tu puisses mourir sur la croix. » Ces paroles émurent si profondément le cœur de cette tendre vierge, enflammé de l'amour de Jésus-Christ, qu'il reçut en ce moment l'impression des stigmates de la passion. — Elle connut dès lors l'heure de sa mort. Quand elle la sentit s'approcher elle demanda les sacrements de l'Église, et les reçut avec un amour et une dévotion extrêmes. Elle vit, au dernier moment, le démon qu'elle mit en fuite par ces paroles : « Que veux -tu, cruelle bête? Retire-toi de moi, maudit, et va au lieu de tes tourments. » Une sœur qui entendit ces paroles, craignant que le démon n'eût puissance sur elle, lui plaça un crucifix devant les yeux : « Ma sœur, lui dit Claire, si vous cherchez le crucifix, vous le trouverez gravé dans mon cœur. )> Elle s'endormit dans le Seigneur, le lendemain de l'Assomption de l'an 1308, àl'âge de quarante ans. Son corps fut enseveli dans son monastère, où il repose encore aujourd'hui ; conservé tout entier, et souple comme s'il venait d'être déposé hier, il est blanc comme l'albâtre. Sa

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complète conservation a été constatée de nouveau sous le pontificat de Pie IX, d'heureuse mémoire.

Comme Claire avait affirmé plusieurs fois qu'elle portait Jésus crucifié dans son cœur. Les religieuses voulurent s'en assurer. On fit l'autopsie; son cœur était de la grosseur de la tête d'un enfant. Une sœur l'ouvrit en deux parts et on y trouva réellement les instruments de la passion. D'un côté on voyait rimage de Notre-Seigneur attaché à la croix, la tête inclinée à droite, le côté ouvert d'une large plaie. De l'autre les trois clous, la lance, l'éponge, etc. Tous ces insignes, quoique formés de chair, étaient durs comme les instruments réels de la passion du Sauveur. L'administration diocésaine en fut informée et constata la réalité du fait.

Réflexions pratiques.

La vie de Claire de Montefalco nous prouve que les âmes les plus innocentes sont ordinairement les plus pénitentes. Cette angélique enfant, pure et fervente à toutes les époques de sa noble vie, n'avait pas comme nous à expier les égarements d'un passé orageux. Toutefois, dès l'âge de six ans, elle est affamée d'austérités, et les macérations les plus effrayantes de la chair font ses délices. Tant il est vrai que ce sont les saints qui se méprisent, se persécutent eux-mêmes par les rigueurs de la pénitence, tandis que les pauvres esclaves de toutes les passions ne songent qu'aux plaisirs grossiers de la terre. Ne sommes-nous pas de ce nombre ? Jusques à quand durera cet aveuglement? Quand comprendrons-nous que si nous ne suivons la voie de la croix ni. 15

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nous n'arriverons jamais à la rélicité éternelle; que la pénitence est pour le pauvre naufragé Tunique planche de salut et pour les justes une moyen de perfection ?

Plan de méditation.

Sainte Claire de Montefalco s'est donnée h Dieu : 1° par une fidèle correspondance h la grâce ; 2° par ses mortifications; 3*^ par son avancement dans la perfection, en pratiquant toutes les vertus à un degré éminent.

SAINTE HÉLÈNE, Impératrice 18 août.

Sainte Hélène, devenue célèbre dans TÉglise par sa foi et les vertus de Constantin son fils, naquit à Drépane en Bithynie, d'une famille obscure, car on prétend que son père tenait hôtellerie. L'empereur Constance, n'étant encore que simple officier, Tépousa par inclination et à cause de ses excellentes qualités. Hélène vécut avec lui jusqu'à 292. Ce prince nouvellement associé à Tempire, la répudia pour épouser la belle-fille de Maximien-Hercule. Constance étant mort en 306, Constantin, qu'Hélène avait eu de lui, fut proclamé empereur.

A peine ce jeune prince fut-il monté sur le trône impérial qu'il se hâta de rappeler sa mère à la Cour. n lui donna alors le titre à' Auguste, et des terres dans toute l'étendue de Tempire ; il lui ouvrit même tous

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ses trésors , pour en disposer comme il lui plairait. Hélène, aussi bien que Constantin, était encore dans l'ignorance de la vraie foi, lorsque Dieu, après avoir rendu sensible le miracle de sa protection dans Tétablissement de l'Eglise, voulut y appeler enfin les empereurs, et faire du grand Constantin le protecteur déclaré de la religion chrétienne. Maxence, fils de Maximilien-Hercule, déclara la guerre à Constantin, et vint lui présenter la bataille à deux milles de Rome. L'armée de Constantin était inférieure en nombre, mais cet empereur se sentit inspiré de s'adresser au vrai Dieu ; il le pria avec les vœux les plus ardents de se faire connaître à lui. Ce prince avait le cœur droit , il fut exaucé. Vers l'heure de midi, lorsqu'il marchait à la tête de ses troupes, par un temps calme et serein, il aperçut dans le ciel une croix éclatante, au milieu de laquelle étaient tracés en caractères de feu ces mots : Par ce signe^ vous serez victorieux. Toute l'armée vit ce prodige ; mais personne n'en fut frappé que le prince ; il s'occupa le reste du jour à chercher ce que signifiait cette merveille. La nuit suivante, pendant son sommeil, Jésus-Christ lui apparut avec le même signe, et lui ordonna de faire, sur ce modèle, un étendard, pour le porter dans les combats, comme une sauvegarde contre ses ennemis. Constantin obéit et fit faire la célèbre bannière connue sous le nom de Labarum. Maxence fut défait, et le pont qu'il avait jeté sur le Tibre s'étant rompu pendant qu'il fuyait, il se noya dans ce fleuve.

Constantin, après la défaite des ennemis, rendit hommage de sa victoire à Jésus-Christ, et s'appliqua

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à le faire régner dans toute l'étendue de son empire. C'est à son (ils qu'IIélône dut la connaissance de la vraie religion. Elle vécut dans les ténèbres du paganisme jusqu'à Tâge de soixante-quatre ans, époque où elle reçut la lumière de TÉvangile ; mais sa conversion fut si parfaite, qu'elle pratiqua, depuis, les plus héroïques vertus. Elle se distingua surtout par une vie extrêmement simple et mortifiée, par un grand zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, par un amour tendre et généreux envers les pauvres, dont elle était la véritable mère; par une piété humble et sincère, qui lui faisait oublier sa dignité, pour se confondre parmi le peuple dans les assemblées saintes. On la voyait assister aux divins offices avec une assiduité exemplaire, décorant les églises de riches meubles et de vases précieux, et enrichissant de ses libéralités jusqu'aux oratoires des moindres bourgades.

Après le concile de Nicée, qui se tint Tan 325, Constantin employa des sommes immenses à élever des temples au vrai Dieu, surtout dans la Terre Sainte. Hélène se chargea de l'exécution de ce pieux dessein, et passa en Palestine, quoiqu'elle fût âgée alors de près de quatre-vingts ans. A son arrivée à Jérusalem, elle se sentit animée d'un désir ardent de trouver la croix sur laquelle Jésus-Christ avait souffert la mort. La recherche n'en était pas aisée ; les païens, pour tâcher d'abolir la mémoire de la résurrection de Jésus-Christ, avaient ramassé beaucoup de terre à l'endroit du sépulcre, et après avoir construit une grande plate-forme, ils y avaient élevé un temple à Vénus, afin de détourner les chrétiens de

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visiter ce lieu. Mais rien ne put arrêter la pieuse princesse : elle consulta les vieillards de Jérusalem ; on lui répondit que si elle voulait découvrir le sépulcre du Sauveur, elle ne manquerait pas de trouver les instruments de son supplice. C'était, en effet, la coutume, chez les Juifs, d'enterrer auprès du corps tout ce qui avait servi à Texécution de la personne condamnée à mort. L'impératrice fit aussitôt démolir le temple profane; on nettoya la place et Ton se mit à creuser. Enfin Ton trouva la grotte du Saint Sépulcre; près du tombeau étaient trois croix, rinscription qui avait été attachée à celle de Jésus- Christ, et les clous qui avaient percé son corps sacré. Il ne s'agissait plus que de distinguer parmi ces croix celle du Sauveur. Une foi vive peut tout obtenir : sainte Hélène prend le conseil de Macaire, évoque de Jérusalem, fait porter les croix chez une femme affligée depuis longtemps d'une maladie incurable ; on lui applique successivement chacune d'elles, en priant Dieu de faire connaître celle qu'il avait arrosée de son sang. L'impératrice est là, et toute la ville attend le dénouement. Les deux premières n'opèrent rien ; mais dès qu'on approcha la troisième, la malade se trouva parfaitement guérie, et se leva à l'instant. L'historien Sozomène assure qu'on l'appliqua ensuite au cadavre d'un homme mort, et que cet homme ressuscita. Saint Paulin rapporte la même chose. La pieuse princesse fut transportée de joie lorsqu'elle se vit en possession du trésor qu'elle préférait à toutes les richesses de l'empire. Elle prit une partie de la vraie croix, pour la porter à son fils, et ayant enfermé l'autre partie

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dans une châsse d'argent, elle la remit entre les mains de l'évoque de Jérusalem, pour être déposée dans l'église que Constantin avait donné ordre de bâtir sur le Saint Sépulcre. Cet édifice fut construit avec une magnificence digne de la sainteté du lieu. Il embrassait dans son enceinte le sépulcre, et s'étendait jusqu'au mont Calvaire. Sainte Hélène fit aussi bâtir deux autres églises, Tune à l'endroit oh le Sauveur était monté au Ciel, et l'autre à Bethléem, oti il était né. Sa piété ne se borna point à la pompe des édifices; elle répandit ses bienfaits dans tous les lieux oîi elle passa, soulageant les pauvres par d'abondantes aumônes, se montrant partout la mère des orphelins et des malheureux.

Avant de quitter la Palestine, Hélène voulut témoigner aux vierges consacrées à Dieu l'estime qu'elle faisait de la sainteté de leur état. Elle les assembla toutes et leur donna un repas, oti elle les servit de ses propres mains. De retour à Rome, Hélène sentit que sa dernière heure approchait. Lorsqu'elle se vit sur le point de sortir de ce monde, elle entretint son fils des moyens de gouverner l'empire d'une manière conforme à la loi divine. Elle lui fit ensuite, ainsi qu'à ses petits-fils, un adieu fort touchant, et enfin, comblée de mérites devant Dieu et devant les hommes, elle mourut âgée de quatrevingts ans, entre les bras de Constantin, qui se montra fidèle aux devoirs de la piété filiale. Les funérailles de l'impératrice furent célébrées avec la plus grande pompe. On fit faire, pour renfermer son corps, un mausolée de briques en forme de tour ronde, dans l'intérieur duquel on plaça son tombeau,

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qui était une corne de porphyre. Constantin érigea au milieu de la grande place de Constantinople une croix, avec une statue représentant sa bienheureuse mère. Les cendres de sainte Hélène sont aujourd'hui sous le maître-autel de l'église Sainte-Marie-Majeure à Rome.

Réflexions pratiques.

Elle est digne d'admiration, sainte Hélène qui, après avoir été élevée et avoir vécu de longues années dans les ténèbres du paganisme, se montre docile à la voix de la grâce et se donne entièrement à Jésus- Christ en pratiquant, dès son baptême, les vertus les plus héroïques.

On ne saurait trop louer cette admirable princesse d'avoir élevé et conduit dans les sentiers de la vertu et de la piété un fils devenu le vaillant défenseur de l'Église. Mais ce qui fait surtout sa gloire, ce sont les nombreux travaux qu'elle a entrepris pour le bien et la prospérité de la religion chrétienne. Qui pourrait dire les conversions éclatantes qu'elle a opérées par la seule influence de sa conduite héroïque? Saint Grégoire le Grand nous assure que ses exemples attiraient tous les Romains à la connaissance et au service du vrai Dieu. Qui ne connaît son zèle et ses libéralités sans bornes pour la construction et l'embeUissement des églises! Élever des temples dans les grandes cités et des oratoires jusque dans les moindres bourgades, orner la maison de Dieu de meubles riches et de vases précieux, tel était le saint usage qu'elle faisait des trésors qui étaient à sa disposition, sans négliger pour cela le

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soin des pauvres. Mais c*est surtout la Terre Sainte, qui reçut le principal tribut de ses services et de ses largesses. G*est là qu'elle mit son bonheur à visiter et à embellir les lieux consacrés par la présence et les mystères du divin Sauveur, rendant la liberté aux exilés et aux confesseurs de la foi, consolant, servant de ses propres mains les vierges consacrées au Seigneur.

Ames chrétiennes qui aimez l'Église, travaillez si vous le pouvez à la décoration de ses autels, par la régularité du chant et des cérémonies du temple, et pour tout ce qui peut contribuer à la gloire et à la majesté du culte divin; et si vous ne pouvez pas servir la maison de Dieu par la sainteté de votre fortune, glorifiez-le par la sainteté de votre conduite.

Plan de méditation.

Admirable exemple : 1^ de piété ; 2° d'humilité ; 3° de sainteté donné par Fimpératrice Hélène à l'empereur Constantin, son fils et aux peuples chrétiens.

LE BIENHEUREUX URBAIN H, Pape

19 aoiit.

Le bienheureux pape François-Urbain H, naquit au onzième siècle à Châtillon-sur-Marne, non loin de la ville de Reims, d'une noble famille. Avant de monter sur le siège apostolique, il portait le nom d'Odon. Ses parents lui firent étudier la philosophie et la théologie sous la direction de saint Bruno, le

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célèbre fondateur des Chartreux. Sous un tel maître, Odon fit des progrès extraordinaires et devint si célèbre que, quoique jeune, il lut appelé à s'asseoir dans les rangs du chapitre de la métropole et, peu après, il devint archidiacre du diocèse. Effrayé par les honneurs qui, au lieu de le satisfaire, ne faisaient que creuser le vide dans son âme, il se retira à Cluny pour pouvoir travailler d'une manière plus sérieuse à sa propre perfection. Mais là, ses grandes vertus jointes à sa haute intelligence le trahirent et le firent élever à la dignité de prieur du monastère. C'est en cette qualité, qu'en l'année 1077, il revint dans son pays natal, pour établir sur le domaine de son père, à Bainson, un prieuré de bénédictins auquel il accordera plus tard d'importants privilèges. En ce temps, le fougueux Henri IV, empereur d'Allemagne, poursuivant la politique impie de ses prédécesseurs, voulait faire de l'Italie une dépendance de son empire. Par les moyens les plus iniques, il empiéta sur les droits de l'Église et disposa de toutes ses dignités qu'il vendait aux plus offrants. A la vue de crimes si abominables, le pape Grégoire VII demanda à l'abbé de Cluny des auxiliaires capables de partager ses angoisses et ses travaux, Odon fut choisi le premier. Il quitta par obéissance, mais à regret sa chère solitude et se rendit à Rome. Le Pape, reconnaissant bientôt les rares mérites de ce religieux, le nomma évêque d'Ostie*et cardinal de la sainte Eglise romaine. L'empereur d'Allemagne, à son tour, ne tarda pas de s'apercevoir qu'il éprouverait de grandes résistances de la part du nouveau Pontife, aussi, voyant qu'il ne pouvait pas le gagner

à sa cause, il le fit arrêter au moment où il se rendait au concile de Rome. Henri IV essaya par des promesses, puis par des menaces, de contraindre Odon à introniser Guibert de Ravenne, évêque excommunié, qu'il voulait faire élire pape à la place de Grégoire ; mais tous les calculs impies du tyran échouèrent devant la fermeté de l'intrépide défenseur des droits de la religion. Deux fois captif de l'empereur irrité, deux fois il brava la colère de son persécuteur. Le jour oii il fut rendu à la liberté, il se rendit sans hésiter au cœur de l'Allemagne pour retrancher de rÉglise les puissants schismatiques dont il avait tout"?^ redouter et pour élever sur des sièges épiscopaux des hommes d'une vertu éprouvée. Il fit ensuite acclamer Grégoire VII pape, au concile de Quedlimbourg et prononcer l'anathème contre Guibert et ses partisans.

Sa mission remplie, Odon avant de rentrer à Rome, voulut revoir encore une fois son abbaye de Cluny et prendre quelques jours de repos dans ce paisible séjour où il avait goûté tant de charmes. Mais Dieu ne le permit pas. Le pape Grégoire VII étant mort à Salerne, le 25 mai 1085, le vertueux cardinal fut obligé de reprendre le chemin de Rome. A son arrivée dans la ville éternelle, il apprit que, sur son lit de mort, saint Grégoire avait prononcé le nom d'Odon pour lui succéder. Cependant Didier, abbé du Mont-Cassin, est élu sous le nom de Victor III. Le nouveau Pape, pendant son court pontificat, eut l'occasion d'apprécier le généreux dévouement de révoque d'Ostie. Aussi, lorsqu'il sentit sa fin prochaine, Victor III recommanda chaleureuse-

ment Odon aux suffrages des cardinaux. Le 12 mai 1088, le cardinal d'Ostie était élu à Terracine et prenait le nom d'Urbain II. Il avait alors quarante-six ans.

Le nouveau Pape, en montant sur le siège de saint Pierre, connaissait la pesanteur du fardeau dont il venait d'être chargé. C'est pour cela que, se confiant entièrement à Dieu, il se mit immédiatement à l'œuvre pour combattre la simonie et d'autres abus révoltants qui tendaient à se glisser dans l'Église. En vain, l'empereur d'Allemagne se leva contre ces réformes, en vain Philippe P'^, en France, encouragea, par ses audacieux exemples, la polygamie ; en vain les seigneurs de tout rang étalent publiquement à leur suite le scandale de leurs débauches. Urbain avertit, exhorte, supplie, tonne et enfin lance la foudre contre les grands coupables qui finissent par se soumettre.

En ce moment oh l'Islamisme unissait ses efforts aux autres puissances de la terre et de Tenfer pour mettre en péril l'existence de l'Église. Urbain, sans se laisser effrayer par les difficultés qui surgissent de tous côtés, part pour la France dont il vient d'excommunier le roi Philippe P^ et convoque un concile à Clermont. Les chrétiens s'y rendent de tous les points. Après avoir discuté avec calme, douceur et fermeté les affaires concernant l'Église, le Pape parle des désastres qui affligent les chrétiens d'Orient écrasés sous le joug et la tyrannie des musulmans. S'adressant à plus de cent mille personnes réunies en plein air, il leur prêcha la croisade et encouragea les justes et les pécheurs à se rendre au

tombeau du Christ. Dieu le veut! dit-il. A ces mots, chevaliers, seigneurs, vassaux, tous se présentent à l'envie pour recevoir la croix, et, oubliant les haines et les préjugés qui les arment les uns contre les autres, ils partent pour Jérusalem. C'est à cette époque, et dans le but d'attirer les bénédictions du Ciel sur les combattants, que ce saint Pontife, rempli d'une grande confiance envers la très Sainte Vierge, établit Tusage de réciter la Salutation angélique trois fois par jour, au son de la cloche. Il composa aussi dans un sublime élan d'improvisation la belle préface de la messe votive en l'honneur de Marie.

Après le concile de Clermont, Urbain vécut encore quatre ans, mais, le 29 juillet 1089, il s'endormit dans la paix du Seigneur. Il avait occupé la chaire de saint Pierre onze ans et quelques mois. C'est le 12 juillet 1881, que le Souverain Pontife, sur la prière de l'archevêque de Reims, rétablit le culte de notre Saint, complètement oublié en France.

jRéflexmis pratiques.

Jésus-Christ fonda son Église pour être, dans le monde, la colonne de la vérité. Il savait bien d'avance qu'en la plaçant ainsi au milieu des passions humaines qu'elle devait condamner en son nom, il s'élèverait contre elle toute sorte de contradictions. Il prédit ces épreuves à ses apôtres et à leurs successeurs et leur annonça ces terribles luttes : les grossières cruautés du paganisme, les perfides attaques du schisme et de l'hérésie, les chocs soulevés par l'ambition des princes ; les guer-

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res et les révoltes des peuples ; mais tout en leur annonçant ces combats, il ajouta : ne vous effrayez pas, n'ayez pas peur, je serai avec vous comme témoin et comme auxiliaire. Saint Urbain a compris ces promesses et les devoirs qu'elles lui imposaient. Aussi, voyez comme il a lutté contre les ennemis de l'Église, comme il a défendu ses intérêts. Rien n'a pu mettre un terme à son zèle, ni les promesses, ni les menaces.

Notre époque est également une époque de combat contre l'Église. Que ne dit-on pas contre la religion, contre ses ministres ! Que n'entreprend -on pas pour arracher la foi des grands et des petits, pour restreindre le royaume du Christ et élargir celui de Satan ! Notre devoir dans ces circonstances critiques est de soutenir la religion par nos prières, par nos paroles et notre influence chacun dans sa position. Le faisons-nous ?

Plan de méditation.

I. Zèle de saint Urbain à détruire la simonie et les autres abus qui menaçaient la religion.

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