‹ Un modèle pour chaque jour de l'année (volume 2)Chapitre 44 sur 67 · II. Gomment nous devons imiter leur foi · texte numérisé non relu

II. Gomment nous devons imiter leur foi

SAINTE ROSALIE, Vierge

Sainte Rosalie naquit en H30, à Palerme, sous le beau ciel de la Sicile. Son père, chevalier renommé par sa valeur, était seigneur de Roses et Quisquina, lequel descendait de la famille impériale de Charlemagne. Dès sa plus tendre enfance, elle fut élevée à la Cour, oti elle reçut une éducation fort soignée. Rien ne fut négligé pour former ses mœurs et pour la rendre digne des hautes espérances que ses parents avaient conçues pour son établissement et sa fortune. La jeune vierge s'appliqua tellement à la pratique de la vertu et à Famour de Dieu que la beauté de son âme surpassa celle de son visage qui faisait Tadmiration de tous ceux qui la voyaient. La Reine du ciel veillait avec un soin jaloux sur la pureté de la jeune fille et quand les seigneurs de Sicile recherchèrent sa main, elle lui apparut et lui conseilla de se retirer du monde si elle voulait continuer d'être la digne épouse de son Fils. Rosalie n'hésita pas : quoiqu'elle n'eût encore que quatorze ans, elle s'éloigna furtivement de la Cour et de ses parents, n*emportant avec elle qu'un crucifix et ses instruments de discipline. Sous la conduite de deux anges, lui servant de guide, elle arriva sur la montagne de Quisquina qui faisait partie du domaine de ses pères. Ses guides lui indiquèrent, pour sa retraite, une caverne située au milieu d'un bois qui en couvrait le sommet. Dans cette grotte, placée sous les neiges qui enveloppent la in. 20

montagne pendant plusieurs mois, Rosalie passa des années entières, partageant son temps entre l'oraison, la lecture et la prière. Pour se nourrir, elle avait des racines, et pour se désaltérer, Teau qui suintait des rochers. Souvent elle recevait la visite des anges et de Notre-Seigneur qui se plaisait à converser avec elle. Parfois elle se délassait en gravant sur la pierre ces mots qu'on lit encore aujourd'hui : « Moi Rosalie, fille de Sinibaldi, seigneur de Quisquina et de Roses, pour l'amour de Jésus-Christ, mon Maître, j'ai résolu d'habiter dans ce lieu. » Ayant continuellement cette inscription sous les yeux, elle s'animait de plus en plus au genre de vie qu'elle avait embrassé, et aux luttes incessantes du démon représentant à son imagination l'ennui d'une vie toute de privations et l'horreur de la solitude. On voit encore dans cette caverne un autel grossier et un long morceau de marbre sur lequel elle prenait son repos, un siège taillé dans le roc et une vigne fort ancienne qui, selon la tradition, fut plantée par Rosalie.

Cependant ayant appris que sa famille désolée la faisait rechercher dans toute la Sicile, la Sainte, craignant d'être découverte, prit d'une main son crucifix, et de l'autre la gourde des pèlerins et se dirigea vers le montPellégrino. Les anges, cette fois encore, la conduisaient. Us lui montrèrent, dans la partie la plus élevée de cette montagne, une grotte que Dieu lui destinait. Elle avait une ouverture à peine suffisante pour passer, on y voyait peu clair et le sol était tellement détrempé par les eaux qu'à peine Rosalie put trouver un coin pour se reposer

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sans être dans la boue. La voûte était très basse, de sorte que la Sainte était presque toujours courbée. C'est dans cette affreuse retraite qu'elle passa les dernières années de sa vie, n'ayant que des herbes et des glands pour se nourrir. Après dix-huit ans de prières, de jeûnes, d'austérités et de pénitences, Dieu l'appela à lui, le 4 septembre H 60, pour couronner ses étonnantes vertus.

Le Seigneur ne tarda pas à manifester la gloire de sa servante par des révélations et des miracles. En 1624, elle apparut à un jeune malade, qui obtint sa guérison, en faisant un pèlerinage à Monte-Pellégrino. La même année, la peste ayant éclaté à Palerme, les malades qui invoquaient sainte Rosalie, obtenaient leur guérison. Peu après, on exposa les reliques de la bienheureuse et la peste cessa subitement. Depuis cette époque, les deux grottes qu'elle avait habitées devinrent deux sanctuaires très fréquentés. Celle de Monte-Pellégrino, surtout, est toute recouverte de marbre et de dorures. Le culte de sainte Rosalie devint populaire, non seulement en Europe, mais dans les Indes.

Réflexions pratiques.

Quelle est cette chaste colombe qui a quitté les châteaux de Palerme et tous les agréments d'un séjour délicieux, pour aller se loger dans les creux ténébreux des rochers? C'est une âme, qui n'a voulu d'autre époux que Jésus-Christ, d'autre gloire et d'autre couronne que la gloire et la couronne du ciel. Elle renonce à toutes les faveurs terrestres pour assurer son salut et servir de modèle aux jeunes

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filles dont elle sera rornement et la gloire. Dans son affreuse solitude, la jeune vierge, morte au monde et à elle-même, ne craint qu'une chose, d'ôtre découverte pour être ramenée sous le toit paternel. Là, privée de toute consolation humaine, elle n'entend que les hurlements des bêtes féroces. Mais Dieu qui n'abandonne jamais celui qui a mis en lui sa confiance, reste avec son humble servante, et pour la faire triompher des ennuis de la solitude, il la visite par le ministère des anges. Constamment plongée dans la méditation des vérités éternelles, dans la contemplation du bonheur céleste, elle parvient au comble de la perfection et de l'amour divin. Jeunes chrétiennes, voyez et admirez jusqu'à quel degré d'héroïsme peut s'élever une âme qui sait échanger la créature pour le Créateur, résister aux vains attraits du monde pour suivre les inspirations de la grâce et les sentiers de la vertu en abandonnant ceux du vice. Voulez-vous arriver au môme terme? Soyez comme sainte Rosalie, dociles aux mouvements du Saint-Esprit.

Plan de méditation,

I. La devise de sainte Rosalie a été de quitter ses parents, leurs richesses et le monde pour s'attacher à Tamour de Dieu.

II. Fidèle à cette devise, sainte Rosalie a pratiqué toutes les vertus, surtout la pureté en laquelle elle excella.

m. Notre devise, au lieu d'être celle de sainte Rosalie : « Tout pour l'amour de Dieu )>, n'est-elle pas plutôt celle-ci : « Tout pour mes satisfactions person-

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nelles, tout pour le monde, les honneurs et les richesses. »

SAINT LAURENT JUSTINIEN 5 septembre.

Saint Laurent Justinien vint au monde, à Venise, le 1°^ juillet 1381. Son père était de Tillustre famille des Justiniani, et tenait un rang distingué parmi la noblesse du pays. Sa mère noble aussi n'était pas moins distinguée par sa vertu. Le jeune Justinien montra, dès ses plus tendres ans, un naturel heureux, et Ton vit bientôt se développer en lui une sagesse et une grandeur d'âme si extraordinaires, que sa mère, étonnée, craignit que ce fût Tefifet de quelque fierté ou d'un orgueil secret; elle lui déclara ce qu'elle appréhendait. Le petit Saint lui répondit en souriant : « Ne craignez rien, ma mère, je n'ai qu'une seule ambition, c'est de devenir un grand serviteur de Dieu et plus dévot que tous mes frères. » Cette prédiction ne tarda pas à s'accomplir. Sa première jeunesse fut un prodige d'innocence et de vertu. Au miUeu d'une foule de jeunes gens voluptueux et libertins, ce jeune gentilhomme élégant, riche, plein d'esprit, devint à l'âge de dix-huit ans un modèle parfait de piété et lit l'admiration de toute la ville.

Une âme si privilégiée n'était pas faite pour le monde, le Seigneur le destinait à être l'ornement de l'état religieux et la gloire du clergé. A l'âge de dix-

neuf ans, Laurent, se sentant appelé à se consacrer au service de Dieu d'une manière particulière, résolut de renoncer pour toujours aux espérances du siècle. Toutefois, il ne voulut se déterminer qu'après avoir consulté le Ciel avec des personnes dignes de toute confiance. Il entra d'abord dans la congrégation des chanoines réguliers de Saint-Georges d'Alga, où il se mit sous la direction de son oncle, prêtre aussi pieux que savant. Il ne trouva point dans cette communauté d'austérités qu'il n'eût déjà pratiquées, et ses supérieurs furent obligés de modérer l'activité de son zèle. Malgré sa jeunesse, il l'emportait sur tous les frères, par la rigueur de ses jeûnes, et par la longueur de ses veilles. Une prenait de récréation que lorsqu'elle lui était indispensable, ne se chauffait jamais, môme dans les plus grands froids de l'hiver. Il ne mangeait que pour s'empêcher de mourir, et ne buvait jamais hors de ses repas. Lorsqu'on lui proposait de boire, sous prétexte que la chaleur était excessive, ou qu'il était accablé de fatigue, il avait coutume de faire cette réponse : « Si nous ne pouvons supporter la soif, comment pourrons-nous souffrir le feu du purgatoire ? » Cette disposition à se mortifier produisait en lui une patience invincible dans toutes les épreuves. Un jour qu'on lui faisait une incision extrêmement douloureuse : « Coupez hardiment, disait-il au chirurgien qui tremblait, votre instrument n'approche pas des ongles de fer avec lesquels on déchirait les martyrs. » Il arrivait toujours le premier aux exercices publics, et il en sortait le dernier. Les matines finies, il ne suivait poiut les frères qui allaient se reposer, mais il restait

à genoux, devant le Saint-Sacrement, jusqu'à prime, qui se disait au lever du soleil. Il aimait à s'humilier et les bas emplois étaient ceux qu'il choisissait de préférence. Quand il allait quêter dans les rues, il cherchait toutes les occasions de s'attirer le mépris et les railleries des gens du monde. Ayant été un jour dans un endroit oh Ton ne pouvait manquer de le tourner en ridicule, son compagnon le lui fit remarquer, mais il lui répondit avec tranquillité : « Allons hardiment quêter le mépris. Nous n'avons rien fait, si nous n'avons renoncé au monde que de parole; il faut en triompher aujourd'hui avec nos sacs et nos croix. » Dans ses quêtes il se présentait souvent à la maison où il était né ; mais il n'y entrait point, il restait dans la rue et demandait l'aumône à la porte. Sa mère n'entendait jamais sa voix sans être attendrie. Elle avait beau recommander à ses domestiques de lui donner avec prodigalité, il ne recevait que deux pains ; après quoi il souhaitait la paix à ceux qui l'avaient assisté et se retirait comme un étranger.

Un de ses anciens amis, revêtu d'une des premières charges de Venise, étant de retour d'un pays d'Orient, vint visiter notre Saint dans son monastère, et employa tout pour l'engager à rentrer dans le monde. Laurent lui parla d'une manière si touchante sur la brièveté de la vie, sur les vanités du siècle, et le bonheur d'être tout à Dieu, que son ami ne tarda pas à l'imiter ; il prit Thabit à Saint-Georges, et y mourut de la mort des saints.

Saint Laurent fut élevé au sacerdoce, et quelque temps après élu, malgré lui, général de son Ordre.

Le pape Eugène IV, instruit de son éminente vertu, le nomma, en 1433, évoque de Venise. Le Saint mit tout en œuvre pour se soustraire à cette dignité ; mais il fut obligé d'obéir. Malgré sa dignité, il ne diminua rien de ses austérités ; il les augmenta, au contraire. Sa prière devint plus assidue, ses veilles plus longues, son abstinence plus rigoureuse, son humilité plus profonde, son détachement plus entier. Sa table était très frugale ; il ne se servait que de vaisselle de terre. Son logement était très simple, il n'avait qu'une très petite chambre oîi étaient seulement une paillasse et une couverture, donnant pour raison qu'il avait à nourrir une nombreuse famille, c'est-à-dire les pauvres de Jésus-Christ. Un de ses parents, dont la fortune était médiocre, l'ayant prié de contribuer à la dot de sa fille, il s'y refusa en lui disant : « Si je vous donne peu, je ne remplirai pas votre but; si je vous donne une somme considérable, il faudra, pour la satisfaction d'un seul homme, priver un grand nombre de pauvres de ce qui leur est nécessaire... » Sa douceur envers tout le monde et la condescendance charitable dont il usait envers les faibles, lui gagnèrent Testime et l'affection générales. Il s'en ser-vit avantageusement pour réformer les abus qui s'étaient glissés dans son troupeau, pour augmenter le nombre des paroisses dans la ville de Venise, fonder plusieurs monastères et faire, de son diocèse, un modèle d'ordre et piété.

Le pape Nicolas V, plein d'estime et de vénération pour la haute vertu de Laurent, à la mort du patriarche de Grade, transféra la dignité patriarcale

du siège de cette ville à celui de Venise et notre Saint devint ainsi premier patriarche de cette cité. L'âge n'affaiblit jamais sa ferveur. Il disait la messe tous les jours avec une nouvelle dévotion ; son amour pour Jésus-Christ et sa tendresse envers la Sainte Vierge allaient toujours en augmentant ; aussi Dieu le comblait-il incessamment de nouvelles grâces. Une nuit de Noël, pendant qu'il célébrait le saint sacrifice de la messe, il mérita de voir Jésus-Christ sous la forme d'un très bel enfant.

Il mourut saintement, le 8 janvier, à l'âge de soixante-quatorze ans, après vingt-deux ans d'épis copat. Sa sainteté fut attestée, pendant sa vie et après sa mort, par un grand nombre de miracles. Saint Laurent a laissé des ouvrages précieux pour la piété.

Saint Laurent Justinien a commencé l'œuvre de sa sanctification dès le berceau. Digne enfant d'une noble et pieuse mère, il se montra, en tout, docile à ses exemples et à ses leçons salutaires. Heureux le chrétien qui, dès l'enfance, grandit sous les yeux d'une mère vertueuse et se laisse diriger, comme saint Laurent, par les impulsions de la grâce ! Heureux celui dont toute l'ambition consiste à devenir plus parfait que ses frères et à briller de la gloire du détachement et de la mortification chrétiennes ! La véritable grandeur ne consiste pas à être élevés aux grandes dignités mais à remplir avec zèle les devoirs de rétat oti la Providence nous a placés.

Plan de méditation.

I. Saint Laurent Justinîen a livré un combat continuel : 1^ au monde ; 2« à la chair,

IL II a parfaitement réglé Taffection immodérée de ses parents.

SAINTE ROSE DE VITERBE, Vierge

6 septembre.

Pendant que l'empereur excommunié d'Allemagne, Frédéric II, persécutait TÉglise, et remplissait ritalie et une partie de TEurope de crimes et de scandales, Notre-Seigneur suscita, dans la ville de Viterbe, pour la défense de la foi et des droits du Souverain Pontife, une petite enfant dont la mission prophétique fut encore plus précoce que celle du jeune Samuel. Ses parents étaient pauvres, mais fort pieux. Elle fut baptisée sous le nom de Rose, et prévenue dès sa plus tendre enfance de grâces merveilleuses. Les premiers mots qui sortirent de sa bouche furent les noms de Jésus et de Marie ; et ses premiers pas furent vers le crucifix et l'image de la Vierge devant lesquels, elle alla se prosterner. De bonne heure. Dieu voulut montrer aux hommes 'par divers prodiges ce que serait sa petite servante. A l'âge de trois ans, elle ressuscita, en présence d'un grand nombre de témoins, une de ses tantes qu'on se disposait à porter au cimetière. Remplie de la plus tendre charité à l'égard des pauvres, un jour d'hiver

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qu'elle portait en cachette le pain dont elle se privait pour les soulager^ elle fut rencontrée par son père, qui demanda à voir ce qu'elle portait ainsi ; mais le pain se trouva changé en belles roses. Toute petite, Rose montrait pour les vanités une horreur indicible. Son bonheur était d'aller nu-pieds, vêtue d'une étoffe grossière, domptant sa chair innocente et délicate par les jeûnes, les cilices et les veilles. Elle avait la figure d'un ange et le cœur d'un Séraphin. Mais sa bonté et sa beauté étaient si pures qu'en la voyant, on se sentait porté à la vertu.

A sept ans. Rose, éprise d*un ardent amour pour la solitude, supplia son père de lui permettre de mener, dans une petite cellule, une vie de travail et de prière. Ce genre de vie, joint à ses incroyables austérités, la jeta dans une maladie mortelle ; on s'attendait chaque jour à la perdre, lorsque la puissante Reine du Ciel, entourée d'une multitude de vierges, au milieu d'une nuée brillante, lui commanda de se lever, la guérit instantanément et lui dit de revêtir l'habit du Tiers-Ordre de Saint-François, et de prêcher aux habitants de la province de Viterbe la pénitence, la fidélité au Saint-Siège et une grande énergie pour résister aux envahissements sacrilèges de l'empereur Frédéric, dont elle prédit la mort.

Rose avait dix ans, elle se leva guérie ; elle obéit, et pleine de courage, s'en alla prêcher d'inspiration au milieu des places publiques, touchait, par l'onction de sa parole, l'âme de ses auditeurs, et confondait les hérétiques chaque fois qu'ils voulaient entrer en controverse avec elle. Des miracles nombreux

venaient confirmer Tautorité de sa parole. Elle rendit la vue à une femme aveugle de naissance ; et, pour prouver la vérité de la foi catholique, elle se jeta dans un feu et y demeura trois heures sans éprouver aucun mal. Les peuples accouraient des contrées voisines pour Tentendre et se convertissaient en grand nombre. Viterbe changea complètement d'aspect en quelques mois. On n'entendait plus chanter dans les rues que les divins cantiques, et partout régnait Taustérité des mœurs.

Les hérétiques dont le nombre diminuait chaque jour, étaient furieux. Ils essayèrent d'entraver l'apostolat de la jeune Sainte en Faccablant d'outrages et en la dénonçant au gouverneur. Les menaces et les insultes, loin de décourager la Sainte, ne firent qu'augmenter son zèle. Les hérétiques revenant à la charge. Rose fut exilée de Viterbe avec toute sa famille. C'était au fort de Thiver, au moment où la neige couvrait les chemins. Les pauvres exilés, après avoir erré toute la nuit au milieu des bois, arrivèrent à Soriano, dans les montagnes. A la première nouvelle de son arrivée, le peuple accourut en foule pour la voir et l'entendre. Toute fatiguée qu'elle était, Rose se mit à prêcher. Elle annonça la mort de Frédéric II, et ses prédictions se réalisèrent le i3 décembre de cette année. A la nouvelle de cette mort, le peuple rappela à grands cris Rose, et la reçut en triomphe à Viterbe.

Elle continua ses prédications et ses conversions. Mais sa mission était finie. Retirée dans la maison de son père, elle vécut encore deux ans dans la prière et la mortification. Enfin, pleine démérites et

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mûre pour le Ciel, Dieu appela à lai cette âme qui lui était si chère. Elle avait dix-sept ans et six mois. Les cloches s'ébranlèrent d'elles-mêmes pour annoncer son trépas, et les miracles illustrèrent son tombeau. Le corps de sainte Rose n'a subi aucune altération. Il se conserve à Viterbe, jusqu'à nos jours, dans toute sa fraîcheur et sa flexibilité.

Réflexions pratiques.

Sainte Rose de Viterbe a tellement brillé dès le berceau par l'éclat de sa sainteté, qu'elle a mérité, à juste titre, d'être l'une des plus illustres patronnes du jeune âge. En la voyant on se sentait porté à la vertu. Ce qui la caractérise, en particulier, c'est le zèle pour la gloire de Dieu, le triomphe de l'Eglise et le salut des âmes. Dès l'âge de dix ans, on la voyait, sous l'humble habit de Saint-François, marcher contre les hérétiques, armée de la prière, de la prédication et du don des miracles. Elle ramena au bercail de Jésus-Christ un grand nombre d'ennemis de la foi. C'est ainsi que Dieu se plut à opérer de grandes choses par le ministère de cette jeune et frêle vierge.

Si tous les enfants ne sont pas appelés à un rôle aussi merveilleux que celui de sainte Rose, tous sont tenus à servir Dieu dès le jeune âge. Mais ce n'est pas assez, pour les enfants, de travailler à leur salut en se consacrant de bonne heure au service du Seigneur, ils doivent encore concourir au salut du prochain par l'apostolat de la prière et du bon exemple. Ils doivent prier pour leurs parents, pour leurs bienfaiteurs, pour les pécheurs et les infidèles, m. 21

Jeunes chrétiens, travaillez de bonne heure à votre salut, mais soyez aussi les sauveurs de vos frères.

Plan de méditation.

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