I. Saint Etienne fut un roi formé selon le cœur de Dieu
II. Il fut un roi né et placé sur le trône pour le bonheur de ses sujets.
3i4 UN MODÈLE
Autre plan,
I. Saint Etienne a fait servir tout ce que la royauté a de plus grand à la grandeur de la religion.
II. Il a sanctifié tout ce que la royauté a de dangereux à la sainteté de la religion.
SAINTE SÉRAPIE ET SAINTE SABINE, Martyres
3 septembre.
Sainte Sérapie naquit à Antioche, de parents chrétiens qui, durant la persécution d'Adrien, passèrent en Italie et s'y établirent. Elle fut élevée avec soin dans les saintes maximes de la religion chrétienne. Mais une mort prématurée ayant retiré de ce monde son père et sa mère, la jeune orpheline fut recherchée en mariage pour sa rare beauté, son esprit et ses brillantes qualités. Plusieurs partis, des plus distingués du pays, se présentèrent successivement, tout fut employé pour la faire consentir à un établissement, et si elle eût été moins fortement résolue de n'avoir jamais d'autre époux que son Dieu, elle n'aurait pu résister à tant d'instances et de moyens de séduction. Mais sa détermination était prise depuis longtemps. Pour couper court à toutes les sollicitations, elle vendit et distribua aux pauvres ce qu'elle possédait, puis elle s'attacha au service d'une veuve romaine de distinction, en qualité de simple servante.
Cette veuve était l'illustre Sabine, une des plus
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riches et des plus excellentes matrones de la noblesse romaine. Son palais était situé sur le mont Aventin. Sérapie, après deux mois, ayant obtenu TafTection de sa maîtresse, devint de sa servante sa confidente et son amie. Comme elle avait beaucoup d'esprit, et encore plus de piété, elle n'eut pas de peine à faire comprendre à celle qui l'avait honorée de son affection, la vanité des idoles et les folies du paganisme. Sabine, touchée de la grâce, reçut le baptême avec les sentiments de la foi la plus vive. Elle devint, non seulement une parfaite chrétienne, mais parles conseils de sa sainte amie, elle quitta le monde, où il lui était trop difficile de suivre l'attrait de la piété. Elle se retira en Ombrie, dans une de ses terres, et elle appela auprès d'elle quelques personnes animées des mêmes sentiments. Ainsi se forma dans sa maison une petite société, qui ressemblait à un monastère. Leur vie était si parfaite, et leur charité si grande, que les magistrats païens s'en émurent, et Sérapie fut mandée à leur tribunal. Sabine l'y accompagna, et l'énergie de sa contenance fit sur eux une telle impression, qu'ils laissèrent la vierge Sérapie s'en retourner en liberté, avec Sabine, dans leur solitude. Mais trois jours après, s'étant ravisés, ils la firent de nouveau comparaître. Sérapie invitée à sacrifier aux dieux de l'empire répondit : (( Je suis chrétienne, et je ne puis, en cela, obéir, ni à vos empereurs ni à vos lois. — Sacrifie donc à ton Christ, lui répliqua le préteur. — Je le puis, car, je lai offre continuellement des sacrifices en l'adorant nuit et jour. — Quel sacrifice penses-tu lui offrir, puisque tu n'as pas de temple? — Le sacrifice
qui lui est le plus agréable, c'est une vie sans tache, et son temple, c'est moi-môme. — ïu es donc le temple de Dieu? — Oui, si par sa grâce, je vis dans Finnocence de Ja sainteté, car il est écrit : Vous êtes le temple du Dieu vivant, et TEsprit-Saint habite en vous. — Tout ce que tu dis sont des folies, dit le magistrat en colère. Sacrifie aux dieux, obéis aux lois, ou je te ferai couper la tête. — Faites ce que vous voudrez; je ne sacrifie point au démon, et je ne ferai point la volonté de Satan, votre père, parce que je suis chrétienne. » Là-dessus, le juge ordonne à deux jeunes gens débauchés de l'Egypte, de la conduire dans un cachot, et la livre à leur brutalité. Mais Dieu se déclare le protecteur de sa chaste épouse. Un ange envoyé du Ciel foudroie les deux libertins qui restent à demi morts aux pieds de Sérapie. Deux bourreaux lui appliquèrent sur le corps des torches ardentes, mais elles s'éteignirent aussitôt et les deux tyrans tombèrent renversés. Le préteur, de plus en plus exaspéré, la fait frapper cruellement à coups de bâtons; mais voilà que la terre tremble, les bâtons se rompent, et un éclat de bois va frapper l'œil droit du juge qui devint borgne quelques jours après. Transporté de rage le misérable fait trancher la tête à la jeune martyre et celleci emporte, dans le ciel, la double couronne du martyre et de la virginité.
Sabine, instruite du glorieux triomphe de sa sainte amie, obtint son corps et Tensevelit dans un tombeau magnifique préparé pour elle et sa famille. Dès lors, elle n'aspirait plus qu'après le martyre et elle ne doutait pas que sa chère Sérapie ne lui obtînt ce
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bonheur. Il lui fut accordé un mois après, jour pour jour. Un nouveau gouverneur, plus cruel que son devancier , cita à son tribunal l'illustre veuve : « Etes-vous, lui dit-il, cette Sabine, si célèbre par sa naissance et son mariage? — Je suis celle dont vous parlez, répondit-elle. -— Comment une personne de votre rang s'abaisse-t-elle jusqu'à suivre les extravagances des chrétiens, et cela à Tinstigation d'une servante, d'une misérable magicienne? — Vous vous trompez sur la religion chrétienne dont vous ne connaissez ni la noblesse, ni l'excellence, ni le prix; les chrétiens ne connaissent ni la magie, ni les sortilèges. Ma conversion est l'effet de la grâce qui m'a arrachée à la servitude du démon. Et Dieu, pour me l'accorder, s'est servi de ma pieuse servante, Sérapie. » Le tyran, interdit de cette fermeté de langage, prenant alors un autre ton lui dit : « Croyez-moi, madame, quittez ces préjugés qui vous ont séduite et revenez à la religion de vos pères. Adorez les dieux que tout l'empire adore, sinon, vous me forcerez à vous traiter avec la dernière rigueur. — Vous êtes le maître, seigneur, lui répondit Sabine, vous pouvez m'ôter la vie, mais vous ne me ferez pas changer de religion, w Le gouverneur, se voyant impuissant à ébranler sa constance, lui fit trancher la tête. Son corps repose encore aujourd'hui à côté de celui de sainte Sérapie, dans la crypte de la belle basilique construite sur l'emplacement même du palais de Sabine.
Réflexions pratiques.
Rien n'inspire du courage et de l'intrépidité
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comme une foi vive, animée d'une ardente charité. Nous en avons une preuve frappante dans ces jeunes martyres qui bravent les tourments et la mort, par leurs réponses pleines de sagesse et de fermeté, et ferment la bouche aux tyrans. Il n'y a et il ne peut y avoir que la foi chrétienne qui opère ces merveilles. Quel courage! Quelle hardiesse dans la jeune Sérapie! Quelle héroïque intrépidité dans l'illustre Sabine; et cela à la vue de tout ce que la tyrannie et la cruauté peuvent étaler de plus effrayant I — Oh! qu'ils sont merveilleux les effets de cette foi qui a vaincu le monde ! A voir aujourd'hui la lâcheté et les défaillances d'un grand nombre de fidèles dans tout ce qui regarde la religion et le salut, ne serait-on pas en droit de se demander : La foi vit-elle encore dans le siècle? Où est notre foi? Oti en sont les œuvres? Si nous croyons que cette vie n'est qu'un court passage à une meilleure, nous attacherions-nous à la terre comme nous le faisons? Si nous étions persuadés, comme les saints, que nous n'aurons droit de régner avec Jésus-Christ dans la gloire qu'en souffrant avec lui ici-bas, repousserions-nous la croix comme cela nous arrive chaque jour? 0 mon Dieu! quelle folie d'avoir une croyance catholique et de mener une vie païenne. Aidez-nous, Seigneur, à mener désormais une conduite en harmonie avec notre foi.
Plan de méditation
I. Courage héroïque de Sérapie et de Sabine au milieu des plus cruels supplices.