NATIVITÉ DE LA TRÈS SAINTE VIERGE
8 septembre.
L'Église ne célèbre pas la naissance des saints, quelle que soit la gloire dont ils jouissent dans le Ciel, et qu'ils ont méritée sur la terre. Dans la liturgie catholique, on ne rencontre que trois fêtes qui portent le nom de nativité. La première est en l'honneur de Jésus-Christ lui-même; la seconde en l'honneur de Marie, et enfin la troisième en l'honneur de saint Jean-Baptiste. Le jour de la naissance des autres enfants d'Adam est un jour de tristesse et de larmes, à cause de l'héritage funeste du péché que tous nous apportons en venant au monde. Le jour de la naissance de Marie est un jour qui porte l'allégresse dans l'univers entier et que le Ciel salue avec délices. Voilà pourquoi l'Église, fêtant cette glorieuse Vierge, lui dit dans un tressaillement de joie : « Votre naissance, ô Vierge mère de Dieu, a comblé d'allégresse le monde entier. »
Marie descend, par saint Joachim son père, de la maison royale de David, et par sa mère, de la tribu de Lévi et de l'illustre famille d'Aaron. Elle peut compter parmi ses aïeux des rois célèbres par leur piété et leur valeur, des patriarches, des pontifes, des prophètes, pleins de foi, de zèle et de courage : c'est donc à juste titre qu'on désigne Marie sous la triple qualité de fille des patriarches, fille des rois et fille des pontifes. Dieu par un miracle éclatant la fit naître de parents extrêmement avancés en âge et qui avaient perdu tout espoir d'avoir des enfants. Dès le pre-
mier instant de son existence elle jouissait du plein et parfait usage de la raison, de la liberté, et du privilège de la justice et de la sainteté. Fille bien-aimée du Très-Haut, elle était comblée des bénédictions les plus abondantes.
Jamais naissance ne fut plus glorieuse, jamais créature ne reçut autant de bienfaits de la part du Ciel. Saluons cette Vierge bénie entre toutes les vierges, comme la gloire de Jérusalem et la joie d'Israël.
Le neuvième jour après sa naissance, selon la coutume d'Israël, la fîllé de Joachim reçut de son père le nom qu'elle devait porter parmi ses compagnes. Elle fut appelée Marie, qui signifie en syriaque : « Dame souveraine », et en hébreu : « Étoile de la mer ». La nativité de Marie a été pour le genre humain l'aurore du plus beau jour, parce qu'elle annonçait le Rédempteur. L'Eglise pouvait-elle ne pas célébrer cette heureuse naissance, et ne pas consacrer, par une fête solennelle, le jour anniversaire oii Dieu avait fait à la terre un don si magnifique? Et nous aussi, en cette aimable fête, allons nous prosterner au pied du berceau de cette chère enfant qui vient d'être donnée à la terre, et qui déjà a fixé les regards de la Sainte Trinité. Dieu le Père la nomme sa Fille bien-aimée ; Dieu le Fils la considère comme sa mère et comme le temple vivant oîi il va bientôt résider; FEsprit-Saint l'aime déjà comme son épouse chérie, et lui prépare l'abondance de ses grâces précieuses. Les anges et les saints la reconnaissent pour leur reine future ; ils s'empressent de célébrer sa naissance. Unissons-nous à eux et réjouissons-nous des grâces spéciales que le Ciel lui accorde.
POUR CHAQUE JOUR DK l'aNNÉE 371
Réflexions pratiques.
Nous n'avons pas, il est vrai, été prévenus comme Marie de la grâce sanctifiante à notre naissance; nous sommes nés, au contraire, enfants de colère et de malédiction ; mais cette grâce nous l'avons reçue sur les fonts sacrés du baptême , par une naissance spirituelle. A l'exemple de cette divine Vierge, avonsnous veillé, veillons-nous encore à la conserver? Comme elle, avons-nous soin d'éviter tout ce qui pourrait souiller la pureté de notre âme? Hélas! que de fautes et d'infidélités viennent chaque jour en ternir l'éclat I Cependant ne l'oublions pas, la fidélité à éviter les fautes légères est la pratique la plus essentielle de la vie chrétienne. Elle seule a fait et fait encore les justes ; à elle seule sont réservées les promesses de la persévérance, et les saints qui nous ont précédés lui doivent la couronne immortelle. Il n'est point de véritable piété sans cette exactitude, et celui qui se bornerait à observer l'essentiel de la loi, en se permettant toutes les transgressions légères, compromettrait gravement son salut. Évitons donc avec soin le péché, quel qu'il soit. Loin de nous cette funeste distinction entre le péché véniel et le péché mortel. Ce soin de plaire à Dieu en toute chose nous méri^ tera le Ciel.
Plan de méditation.
Marie naît pour devenir :
1^ L'instrument du salut du monde ;
2^ la médiatrice des anges et des hommes ;
3^ la réparatrice de l'univers.