FÊTE DU SAINT-COEUR DE MARIE
Dimanche après Poctave de r Assomption.
L'Église après avoir institué une fête en l'honneur du Sacré-Cœur de Jésus, le plus saint, le plus aimable et le plus aimant de tous les cœurs, en a également établi une en l'honneur du Cœur immaculé de Marie, le plus grand, le plus saint et le meilleur de tous, après celui de son divin Époux. Pour juger de la légitimité de cette dévotion et de la vénération dont nous devons l'entourer, disons que le cœur de cette auguste Reine est le sanctuaire que Dieu luimême s'est choisi et a orné de toutes les vertus et de tous les dons de l'Esprit-Saint. — Les trois personnes divines ont concouru à l'embellir des dons les plus excellents. Le Père a déployé sa puissance pour en former un cœur de fille, plein de respect et de fidélité envers son Créateur. Le Fils en fit un cœur de mère, oti il daigna habiter durant neuf mois,
comme dans un sanctuaire. L'Esprit-Saint en fit un cœur d'épouse, pour y célébrer ses noces ineffables. Marie, avec le secours du Ciel, a continué l'œuvre du Seigneur; elle a puissamment contribué à enrichir et à orner son cœur de vertus et de mérites. Dans tout le cours de sa vie, nous la voyons s'appliquer à la pratique de toutes les vertus, et surtout à l'humilité, au détachement, à la pureté, à l'amour de Dieu et des hommes. Qui pourra dire tous les désirs brûlants de ce cœur pour procurer la gloire de Dieu, pour sanctifier les âmes et les attirer au bonheur du Ciel I Qui pourra énumérer les trésors, les perfections renfermées dans ce vase insigne de dévotion ! C'est un tabernacle plein de Sainteté qu'aucun souffle impur n'a jamais terni; c'est un jardin orné et bien gardé où les passions humaines n'ont jamais pu pénétrer.
Tout ce que nous venons de dire du cœur de la très Sainte Vierge, serait plus que suffisant pour nous convaincre que ce cœur est digne de tous nos respects et de tous nos hommages. Mais ce qui doit surtout nous le rendre plus cher encore, c'est l'amour dont il brûle pour nous. Cet amour surpasse tout ce qu'on peut dire et imaginer. Quand saint Paul veut nous exprimer l'étonnante charité de Dieu le Père pour nous, il dit qu'il a aimé le monde jusqu'à Uvrer son Fils unique : « Sic dilexit. )> C'est là ce qu'il appelle un excès d'amour 1 Eh bien, le cœur de Marie a été capable de ce même excès ; elle a livré le même Fils unique pour la rédemption du monde. Quel brasier ! Quelle fournaise d'amour ! Et ce cœur qui nous a tant aimé n'a point été flétri dans
le tombeau comme celui des autres mortels. Ses mouvements n'ont été qu'un instant suspendus sous le souffle de la mort, et il vit aujourd'hui palpitant d'un amour infini et inondé des célestes délices, au sein de la gloire, oti il continue de nous aimer. Cette pensée ne doit-elle pas enflammer notre zèle et nous incliner avec plus de force vers cette direction, qui ofi're à notre piété le symbole le plus auguste de la charité maternelle. Tels sont les motifs qui ont déterminé l'Église à établir la fête du très pur Cœur de Marie. Célébrons-la avec foi, confiance et dévotion.
Réflexions pratiques.
Puisque le cœur de Marie est l'asile de toutes les vertus, puisqu'il est le plus grand, le plus noble, le plus généreux qui soit sorti des mains du Créateur, aimons-le. N'oublions jamais que ce*cœur maternel, qui comprend si bien nos infortunes et nos misères, »era notre aide dans nos besoins, notre soulagement dans nos afflictions, notre refuge à l'heure de la mort, et notre bonheur dans Téternité. Supplions-le de nous apprendre à aimer Jésus, à souffrir pour lui, et à supporter avec amour et résignation les peines de la vie, les souffrances et les croix qu'il plaira à Dieu de nous envoyer.
I, Le cœur de Marie considéré en lui-même et dans ses merveilleuses perfections.
IL Dans son union intime avec l'auguste Trinité. III. Dans son inexprimable union pour nous.
POUR CHAQUE JOUR DE L'aNNÉE 505