‹ Un modèle pour chaque jour de l'annéeChapitre 17 sur 68 · II. Ces dispositions l'ont rendu heureux · texte numérisé non relu

II. Ces dispositions l'ont rendu heureux

III. Elles lui ont fait éviter le malheur que si peu évitent.

SAINT QUENTIN, Martyr

31 octobre.

Saint Quentin naquit à Rome et avait pour père le sénateur Zenon. Rempli de zèle pour la propagation de l'Évangile, et brûlant d'un désir ardent de faire connaître aux infidèles le nom de Jésus-Christ, il quitta son pays, renonça à toutes les espérances qu*il avait dans le monde, et vint prêcher la bonne nouvelle dans les Gaules sur la fin du troisième siècle. Saint Quentin choisit Amiens pour yexercer son zèle apostolique. La lumière de la foi, en éclairant les esprits, embrasa les cœurs, et le nombre des fidèles, croissant de jour en jour, il forma bientôt, sur les bords de la Somme, une des plus florissantes Églises des Gaules. Le nouvel apôtre, puissant en œuvres et en paroles, faisait continuellement des conquêtes par sa prédication et par ses miracles : par le signe de la croix il rendait la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la parole aux muets, il guérissait toutos

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sortes de malades. Partout on parlait des merveilles de l'homme de Dieu, etpartouton publiait ses hautes vertus. Le nombre des conversions excita la rage des idolâtres dont les temples devenaient déserts et ils dénoncèrent l'invincible apôtre au préfet Rictiovare. Ce cruel magistrat, sans cesse altéré du sang des chrétiens, courait de ville en ville, portant partout Teffroi et la terreur et semant en tout lieu le deuil et le carnage. Étant arrivé à Amiens et voyant que Jésus-Christ y avait un grand nombre d'adorateurs, il fit arrêter Quentin, qu'il regardait comme le principal auteur des progrès qu'avait faits l'Évangile, et il ordonna qu'on le conduisît en prison chargé de chaînes. L'ayant fait amener devant lui le lendemain, il lui demanda son nom et sa condition : « On me donne le nom de chrétien, parce que je le suis et que je crois en Jésus-Christ, répondit le Saint. A l'égard de ma condition je suis citoyen romain, fils de Zenon, sénateur. — Comment im seigneur tel que vous, ajouta le tyran, peut-il dégrader sa naissance en suivant les superstitions chrétiennes, et en adorant un homme qui a été crucifié par les Juifs. — Les chrétiens ne connaissent pas de superstitions, reprit Quentin; ils adorent le seul vrai Dieu, et ils ont en horreur les abominations païennes. » Rictiovare le menaça, le Saint lui dit : « Faites ce que vous voudrez de mon corps ; Jésus-Christ aura pitié de mon âme. » Le gouverneur, outré de cette réponse, fit durement fustiger le généreux apôtre de la vérité, sans égard pour ses droits de citoyen romain. Le martyr, les yeux levés au Ciel, bénissait le Seigneur. Tout à coup une voix se fit entendre d'en haut : « Courage,

log UN MODÈLE

Quentin, c'est moi qui souffre en toi ; courage c'est moi qui t'assiste. » Le cruel Rictiovare, attribuant cette merveille à la magie, en devint plus furieux, et fit ieter le martyr dans un horrible cachot. Un ange vint l'y visiter, brisa ses liens, et le transporta sur la plus belle place de la ville, où, dès la pomte du iour il se mit à prêcher au peuple. Le geôlier et les gardes, à la vue de ce miracle, se convertirent. Mais Fe gouverneur ne fut point ébranlé ; il fit saisir de de nouveau le saint homme, et le condamna à une torture atroce. On l'étendit par le moyen de poulies avec une telle violence, qu'on déboîta tous ses membres On lui versa dans la bouche de la chaux vive détrempée dans du fiel et du vinaigre et sur le dos de l'huile, de la poix et de la graisse toutebouiUantes ; on lui appliqua des torches ardentes, afin quil y eût aucune partie de son corps qui ne souffrit les plus vives douleurs. La ville d'Amiens, émue de tant de cruautés, sembla vouloir se soulever contre le tyran, qui enleva secrètement sa proie et le fit conduire àSaint^Quentin.Là, on lui passa des broches de fer à travers le corps, depuis la tête jusqu aux jambes ; on lui enfonça des clous entre les ongles et la chair et jusque dans la cervelle. Enfin le préfet le condamna à avoir la tête tranchée. Le saint martyr, étant arrivé au lieu du supplice, conjura les bourreaux de lui laisser quelques instants pour se mettre en prières ; ce qui lui fut accordé : il se mit aussito à genoux, et adressa cette prière à Dieu : « Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, qui êtes et qui étiez avant la création du monde : Vous que j'adore, que je confesse, que j'aime et que je désire uniquement, vous avez

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été témoin des supplices que j'ai endurés dans mon corps pour votre amour, recevez présentement mon âme. )) A peine eut-il prononcé ces paroles, qu'il dit au bourreau : « Je suis prêt, faites ce qui vous est ordonné ; » et dans l'instant on lui trancha la tête. Ceci arriva le 31 octobre 287.

Réflexio ns p ra t iq u es .

Un homme est fort, dit-on dans le monde, quand il possède le génie, le talent, le crédit, l'autorité, la fortune, et qu'il est à la tête de nombreux sujets, et se distingue par ses exploits dans les affaires de ce monde. Mais qu'est la puissance humaine qui se brise toujours sur les pierre5*d'un tombeau, en comparaison de celle qui vient de Dieu ? Jugeons-en par ce qu'a fait saint Quentin. Cet illustre martyr s'arrache à toutes les grandeurs humaines pour n'embrasser que la grandeur et la puissance de Jésus- Christ crucifié. Rempli du feu sacré et brûlant du désir d'ajouter de nouvelles conquêtes au royaume chrétien, il se rend dans la ville d'Amiens. Là, il prie, il se mortifie et il prêche. A sa voix toute-puissante, les éléments obéissent, les malades sont guéris, les tyrans sont vaincus, les païens et les bourreaux euxmêmes se convertissent; et, à sa mort, sa puissance ne fait que s'accroitre, et du haut du Ciel il travaille plus que jamais à la propagation du saint Evangile. Nous »e pouvons pas, sans doute, prétendre aux grandeurs humaines, mais nous pouvons aspirer aux dons de force et de courage pour les combats de la vie présente. Demandons à Dieu de nous accorder cette grâce par l'intercession de notre illustre mar-

tyr, et notre vie ainsi que notre mort seront comme la sienne un véritable triomphe.

Plan de méditation.

Heureux fruits de Tapostotat de saint Quentin à Amiens et dans les contrées environnantes.

II. Efforts impuissants du gouverneur des Gaules pour arrêter les conversions.

III. Interrogatoire et réponses sublimes et courageuses de saint Quentin.

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