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II. Ce que le cœur enflammé de Gertrude a fait ensuite

SAINT DIDACE, Confesseur

16 novembre.

Saint Didace naquit en Espagne dans le bourg de Saint-Nicolas du Port au diocèse de Séville. Ses parents, peu favorisés des biens de la fortune, avaient en partage la crainte de Dieu et lui inspirèrent de

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vifs sentiments de foi. Didacc jeune encore avait un attrait extraordinaire pour la retraite, la prière et les choses du Ciel. De bonne heure il quitta ses parents pour se retirer chez un vertueux prêtre qui habitait un ermitage peu éloigné du bourg de Saint-Nicolas. Sous la conduite de cet habile directeur il apprit à méditer les vérités du salut et à se livrer à tous les exercices de la prière, de la pénitence et de ,1a contemplation. Didace employait au travail des mains le temps libre que lui laissaient ses exercices de piété. Il façonnait divers ouvrages pour les donner à ceux qui lui faisaient l'aumône. Quoiqu'il n'y eût aucune proportion entre l'aumône qu'il recevait et le prix de ce qu'il donnait, il refusait le surplus que quelques-uns lui offraient. Il ne voulait rien vendre, ni rien posséder en propre et souvent il partageait le peu qu'il avait avec les pauvres. Une telle vie le rendait fort apte à entrer dans l'Ordre de Saint-François. Déjà il en avait l'esprit et il en pratiquait les principaux devoirs, et depuis longtemps il désirait d'y être admis.

S'étant présenté au couvent d'Arrezafa, dans le territoire de Cordoue, il y fut reçu en qualité de frère convers. Il y vécut en vrai disciple de Saint- François, c'est-à-dire avec l'esprit d'humilité, de pauvreté, de mortification et de charité. Il enchérissait même surtout ce que cette règle a de plus austère et de plus rigoureux, ajoutant des ab-tinences et des mortifications particulières à celles qui étaient prescrites. Pour se rendre maître des tentations et dompter les révoltes de la chair, il n'hésitait point à se jeter dans l'eau glacée. Les supérieurs jugeant

qu'il pouvait être plus utile à leur Ordre, l'envoyèrent aux îles Canaries pour y être gardien d'un petit couvent. 11 trouva dans ce pays un grand nombre d'idolâtres et il se crut obligé de les gagner à Jésus- Christ. Après de nombreux travaux, de fortes luttes et d'affreuses persécutions, il resta peu d'infidèles rebelles à la grâce. Presque tous se convertirent. L'an 1449, il fut rappelé en Espagne et en rapporta le don des miracles que Dieu accorde orciinairement à ceux qu'il honore du caractère de l'apostolat.

A Séville, un enfant de sept ans, après avoir fait quelque faute, craignant le châtiment de sa mère, se cacha dans le fond d'un four et s'y endormit. La mère, qui ne se doutait de rien, jeta du bois dans le four et y mit le feu. Aux premières atteintes de la flamme l'enfant s'éveille, jatte des cris perçants et appelle à son secours. Mais il n'était plus temps, le feu avait tout dévoré. La mère, dans son désespoir, court de tous côtés, échevelée, hors d'elle-même, poussant des cris lamentables et s'accusant d'avoir donné la mort à son fils. Par un coup de la Providence, Didace se trouva près de la maison. Il rassura cette mère désolée ; « Allez, dit-il, devant l'autel de Notre-Dame, priez-la de tout votre cœur et ayez confiance. » Pendant ce temps le Saint se rend devant le four où le bois était presque entièrement consumé. Il appelle l'enfant et celui-ci se présente sain et sauf. Ce miracle opéré devant un nombre considérable de personnes fit grand bruit et porta au loin la réputation de Didace.

L'année suivante il fit le voyage de Rome pour assister au grand Jubilé et à la canonisation de saint

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Bernardin de Sienne. Il se trouva à cette occasion trois mille huit cent religieux de l'Ordre de Saint-François dans le couvent des Frères Mineurs de Rome. La plupart tombèrent malades. Le serviteur de Dieu déploya un zèle et une ardeur extraordinaires pour les secourir ; il le fit avec tant de succès que, malgré une extrême disette de pain, de vin et de toutes sortes de vivres, rien cependant ne manqua aux malades franciscains. Il y a plus, les malades affluaient de toutes parts, il recevait tout le monde et personne n'était à l'étroit. — Avec l'huile de la lampe qui brillait devant l'image de la Sainte Vierge, il faisait sur les malades le signe de la croix et il procurait ainsi la guérison à un grand nombre de malheureux. — Il mourut à Alcala, le 12 novembre 1463. On ne peut décrire le nombre de miracles qui se firent par son invocation.

Réflexions pratiques.

Tous les Saints n'ont pas été de grands docteurs, des génies du premier ordre , mais tous ont été humbles, mortifiés, dévoués à Dieu et d'une vie exemplaire ; et c'est proprement par cette sincère et profonde humilité, par cette mortification des sens, par cette fervente et solide dévotion, par cette pureté de mœurs, par cette exacte fidélité à remplir les devoirs de leur état qu'ils sont parvenus, avec le secours de la grâce, à cette sublime sainteté qui fait le sujet de notre admiration et l'objet de notre culte. Saint Didace en est un bel exemple, et une grande preuve. Simple frère convers, sans étude, sans protection, il a su mériter le rang sublime

qu'il a dans le Ciel par son inaltérable ferveur, par son humilité profonde et par son détachement absolu des biens de la terre. Que Dieu est admirable dans ses Saints et dans les moyens qu'il a établis pour les conduire à la perfection ! — Si pour être saint il fallait être savant, riche, éloquent, que d'excuses n'alléguerions-nous pas pour justifier notre peu de vertu et notre tiédeur! Mais Dieu a voulu que la sainteté fût à la portée de tout le monde. Efforçons nous de l'acquérir par la pratique des vertus chrétiennes, de la patience, et un jour le Ciel sera notre partage.

Plan de méditation,

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