‹ Un modèle pour chaque jour de l'annéeChapitre 65 sur 68 · FETE DE LA PURETE DE LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

FETE DE LA PURETE DE LA SAINTE VIERGE

Troisième dimanche d'octobre.

L'Église voulant déterminer ses enfants à recourir souvent à la très Sainte Vierge, a considérablement multiplié les fêtes en son honneur. Sans compter celles qu'elle célèbre dans le cours de chaque mois de l'année nous voyons qu'elle consacre tous les dimanches d'octobre à rappeler sa mémoire sous divers titres. Aujourd'hui nous solennisons la fête de la pureté de Marie.- Cette fête si douce au cœur des

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enfants de la bonne Mère, et si délicieuse à l'âme de tout bon chrétien a pour but de rendre hommage à l'incomparable pureté de la Vierge immaculée. Quelle est cette pureté ? Elle est si parfaite, si absolue qu'il n'est donné à aucune langue humaine de la célébrer dignement, à aucune intelligence créée d'en concevoir l'excellence. Aussi, écoutez dans quels termes pompeux en parle le Saint-Esprit : « Que vous êtes belle, ô ma bien-aimée, que vous êtes belle !... » Et ailleurs : « Vous êtes éclatante de beauté, ô ma bien-aimée, 'et pleine de douceur. Vous êtes belle comme Jérusalem et terrible comme une armée rangée en bataille. » Il assimile sa pureté à celle de l'astre des nuits, et sa beauté à celle du soleil : Pulcha ut luna, electa ut sol. Il la compare tantôt au cèdre du Liban dont la beauté est incorruptible et la verdure éternelle, tantôt au lis de la vallée dont l'éclatante blancheur ravit les regards et dont les parfums s'exhalent de toutes parts. Cette pureté est si grande et si admirable, qu'il n'y en a point dans toutes les créatures, et au-dessous de celle de Dieu, qui lui puisse être comparée. En effet, bien que la Sainte Écriture, en parlant des Anges et des Cieux, nous assure qu'ils sont exposés à la lumière infinie du regard de Dieu, l'Époux céleste nous fait connaître qu'il n'en est pas ainsi de Marie, et qu'il n'y a nulle tache, nul défaut et nulle imperfection en elle : Et macula non est m ^e. Saint Bernard ajoute que l'innocence et la pureté des Anges ne peut approcher de*la sienne.

L'Église, à son tour, la proclame toute pure et immaculée. Elle veut que nous l'invoquions sous ce

titre : Regina sine labe concepta : Reine conçue sans souillure. Elle l'appelle Mère très pure ; Mère très chaste , Mère dont la beauté est inviolable... Marie a été pure en venant au monde, puisque, contrairement au reste des mortels, elle a été préservée de la tache originelle. Elle a été pure le reste de sa vie. Jamais, ni le péché mortel, ni le péché véniel, ni l'ombre d'une imperfection, n'ont terni l'éclat de la pureté de son âme. Elle a été Vierge avant, pendantet après l'enfantement.

Marie, pour conserver et embellir par de nouveaux charmes la pureté de son âme, de son cœur et de son corps, passa sa vie tout entière dans le calme et le silence de la retraite. A l'âge de trois ans elle s'arracha à la tendresse paternelle et maternelle pour aller se consacrer à Dieu à l'ombre du sanctuaire. Là, étrangère aux amusements les plus innocents de ses compagnes, elle ne connaît que la prière. Sans autres témoins que Dieu et les Anges, elle ne veut converser qu'avec son bien-aimé. Ainsi s'écoula sa vie tout entière.

Mais en quoi consiste sa pureté? Elle consiste : 1° en ce que son corps a été exempt de toute sorte de souillure et de corruption, par la plus excellente et la plus parfaite virginité qui fut jamais et que l'on puisse concevoir après celle de Jésus-Christ, son Fils unique; 2° en ce que son âme a été exempte de toute tache de péché, n'en ayant jamais ni contracté, ni commis, ni pu commettre aucun, non point par nature, comme Notre-Seigneur, mais par l'abondance de sa grâce, dans laquelle elle était confirmée, et par la singulière protection de Dieu ; 3° en ce

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que son cœur a été parfaitement détaché de toute créature, et attaché inséparablement à Dieu seul, en quoi consiste la sublime pureté de l'esprit, puisque c'est le mélange des choses créées qui nous souille et nous corrompt, et que c'est, au contraire, l'union avec le premier principe et notre fin dernière qui nous purifie et nous sanctifie.

Réflexions pratiques.

Puisque la pureté de Marie est si grande et qu'elle rayonne d'un élat si éblouissant, faisons un petit retour sur nous-mêmes et voyons si la nôtre est en harmonie avec celle de la Sainte Vierge. Nous n'avons pas, comme elle, été préservés de la tâche originelle, mais depuis que le bienfait inestimable du baptême nous a purifiés, avons-nous su conserver toujours intacte la blanche robe de notre innocence ? Que répond notre cœur? Que disent nos œuvres ?... Notre esprit est-il pur? Nos pensées sontelles toutes pour Dieu ! Notre cœur n'a-t-il que des affections surnaturelles ? Seigneur, faites-nous aimer la pureté! donnez-nous la grâce d'éviter avec soin tout ce qui pourrait en ternir l'éclat !

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