DE L'AVENT
L'Église qui fait tout avec ordre et sagesse , a divisé l'année liturgique en trois parties, qui sont un anniversaire perpétuel de l'histoire du monde et de celle du christianisme. — La première partie comprend lesquatre semaines de l'Avent, ou les quatre semaines qui précèdent immédiatement la Noël. Cette première partie qui commence l'année ecclésiastique nous rappelle les quatre mille ans qui ont précédé la naissance de Notre-Seigneur. — La seconde partie, qui s'étend depuis Noël jusqu'à l'Ascension, nous retrace toute la vie mortelle de Jésus-Christ, notre Rédempteur, notre Sauveur. — Enfin la troisième, qui commence à la Pentecôte et finit à la Toussaint, nous rappelle la vie, l'histoire entière de l'Église, depuis sa naissance jusqu'à son triomphe sublime, sa transfiguration glorieuse dans les cieux.... Il était impossible de mieux diviser l'année ecclésiastique. Aussi, chaque année, l'histoire passée, présente et future de l'humanité de la religion passe tout entière sous nos yeux. Quel intérêt, quelle variété d'événements, de souvenirs, n'ofl'rent donc point nos fêtes chrétiennes I I 1 Méditons aujourd'hui sur VAveni.
Le mot Aventj pris dans sa signification propre et littérale, signifie avètiement, arrivée. Il servit d'abord à désigner la fête de la naissance de Jésus-Christ, jour de son avènemmt, de son arrivée dans le monde, après une attente de quatre mille années. Saint Ambroise appelle les hymnes de Noël hymnes de l'Avent, et les constitutions apostoliques, nomment dimanches avant l'Avent, ceux que nous appelons dimanches &QVAvent. Mais depuis le cinquième siècle, on employa le mot Avent, pour désigner ce temps de prières et de pénitence qui précède la fête de Noël, et qui sert de préparation à cette grande solennité, comme le carême sert de préparation à la fête de Pâques, comme les vigiles servent de préparation aux grandes solennités du christianisme.
Durant bien des siècles, le temps de VAvent fut dans l'Église romaine, un temps d'abstinence et de jeûne. C'est pour cette raison qu'on l'appella quelquefois du nom de carême. Dans le diocèse de Tours, au cinquième siècle, on jeûnait trois jours par semaine depuis la Saint-Martin, 11 novembre, jusqu'à la Noël, ce qui fit appeler l'Avent, le carême de saint Martin. Du temps de Charlemagne, le temps de l'Avent durait quarante jours et on l'appelait le carême de Noël.
Si, aujourd'hui, l'usage de l'abstinence et du jeûne a entièrement disparu, le temps de VAvent n'en est pas moins resté, comme le carême, un temps de pénitence destiné à préparer nos âmes à la venue du Sauveur parmi nous. Voilà pourquoi les restes de l'office, pendant l'Avent, sont presque les mêmes que pendant le carême. Dans toutes les éghses on se IV. 26
sert d'ornements violets. Tous les chants de joie, comme le Gloria in excelsis et le . Te Deum sont supprimés. Les mariages sont aussi interdits pendant YAvent comme pendant le carême, et on ne peut les célébrer sans une permission spéciale de l'évêque.
Puisque l'Avent n*est autre chose, dans l'usage de l'Église, qu'un temps prescrit avant la fête de Noël, pour nous préparer par le recueillement, la prière, le jeûne et les exercices de piété à célébrer l'avènement de Jésus-Christ dans nos cœurs, à l'exemple des Justes de l'ancienne loi, appelons le Messie de toute l'ardeur de notre âme; disons-lui avec les Saints de l'Ancien Testament : « Gieux, faites descendre une rosée rafraîchissante, et vous, nuées divines, répandez une pluie de grâces sur la terre pour y faire germer son Sauveur. » Pour que nos saints désirs soient réalisés pénétrons-nous de cet esprit de recueillement, de componctions et de repentir que l'Église ne cesse de nous rappeler durant les trois derniers dimanches de l'Avent. Purifions nos âmes en laissant de côté les œuvres de ténèbres qui sont les œuvres de péché. Revêtons-nous de Jésus- Christ; devenons une copie fidèle de ce divin modèle, en exprimant en nous la pureté, l'innocence, la douceur, l'humilité, la simplicité, la charité, la mortification, la modestie, le désintéressement et les autres vertus du divin Maître. Nous le pouvons avec l'aide de la grâce. Demandons-la à Dieu au nom du Sauveur que nous attendons.
POUR CHAQUE JOUR DE l'aNNÉE 459
Plan de méditation.
Avent. I. Objet, antiquité, sainteté de l'Avent. II. Sentiments qui doivent nous animer pendant ce saint temps.