‹ Un moine et un savant, Dom Jean Mabillon [microform]: religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-MaurChapitre 41 sur 43 · I. — Notice nécrologique de Dom Jean Mabillon · texte numérisé non relu

I. — Notice nécrologique de Dom Jean Mabillon

Le vingt-septième jour du mois de décembre mil sept cent sept, nous avons perdu un des plus grands hommes de notre ordre et peut-être de toute l'Église par la mort du R. P. Dom Jean Mabillon, religieux de notre Congrégation dans ce monas-. tère.

Il était né le aS novembre i632 dans un village du diocèse de Reims en Ghampagnç, situé à deux lieues en deçà de Mouzon, auprès de la fameuse chartreuse du Mont-Dieu, appelé Saint- Pierre-Mont.

Il fut envoyé de bonne heure à Reims où il fit toutes ses études au collège de l'Université avec une grande distinction ; il y reçut le degré de Maître-ès-arts, et y étudia un an en théologie ; on lui donna même une place dans le séminaire de l'Église métropolitaine, mais tout cela ne l'arrêta pas, il pensa sérieusement à quitter le monde et fut reçu en notre congrégation dont il reçut l'habit en la célèbre abbaye de Saint-Remy de la même ville en i653 des mains du R. P. Dom Mommole Geoffroy, prieur de ce monastère. Il fit l'année suivante profession entre les mains du R. P.Dom Vincent MarsoUes qui a été depuis Général de notre Congrégation.

Il donna dès lors de grandes espérances de devenir un des meilleurs sujets de notre Congrégation, mais il fut attaqué 4e maux de tête si violents qu'il se trouva incapable de toute application, ce qui obligea de l'envoyer demeurer à Nogent-sous- Coucy pour le désoccuper de toutes choses et tâcher par là à le

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remettre. Il y reçut les ordres moindres avec le sous-diaconat et le diaconat et fut enfin envoyé à l'abbaye de Gorbie pour tâcher de se remettre, et, comme il n'était capable de rien, on le chargea de tous les offices les plus vils sans vouloir lui permettre aucune application à l'étude.

Il fut guéri par une espèce de miracle par les prières de saint Adélard dont il fit en reconnaissance premièrement les hymnes, puis tout l'office ; il fit ensuite celles de sainte Bathilde et enfin tout le propre du monastère. On le fit Gellerier, mais ne s'accommodant pas de cet office qui était trop dissipant, il pressa ses supérieurs de l'en décharger, ce qu'il obtint, et fut envoyé à Saint-Denys en France où il passa l'année i663 à montrer le trésor et à faire les prédications et le catéchisme.

Ensuite Dom Luc d'A.chery, bibliothécaire de Saint-Germaindes-Prés, ayant demandé quelqu'un pour l'aider en ses études, on lui donna le Père Dom Jean Mabillon qui vint demeurer en ce monastère à cette occasion. Il aida beaucoup Dom Luc à la composition de son Spicilège dont il imprimait pour lors le septième volume. Il eut aussi beaucoup de part à l'édition des œuvres de Petrus Gellensis.

Mais sa principale occupation était de revoir les ouvrages de saint Bernard sur les manuscrits parce que Dom Glaude Ghanteloup, qui avait déjà donné un in-quarto des sermons de ce Père, voulait en donner une édition entière. Mais ce Père mourut peu après et par là Dom Jean Mabillon se trouva chargé de faire lui-même cette édition qu'il donna en fort peu de temps après avec le succès que l'on sait. Il l'imprima en même temps in-folio et in-octavo.

On le chargea ensuite d'imprimer les actes des Saints de notre Ordre, dont il donna le premier volume en 1668 et les autres dans les années suivantes, jusqu'à neuf volumes in-folio. Les préfaces de ces volumes ont été extrêmement estimées.

En 1674, M. le cardinal Bona, qui faisait une estime toute particulière du Père Mabillon, l'engagea a faire le petit traité de Azimo et fermentato. Il donna en plusieurs années quatre volumes d'anciennes pièces sous le titre de Vetera Analecta ; le quatrième contient à la tête la description du voyage qu'il fit en Allemagne en 1783, par ordre du roi, à la sollicitation de M. Golbert, ministre d'État, à qui il avait dédié le fameux ouvrage De re Diplomatica.

Il a dédié celui de De Liturgia Gallicana à Mgr l'archevêque de

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