ARABES
Par contre, ce génie particulier pour l'enjolivement de l'écriture a produit, «avec la décadence qui travaille depuis longtemps l'Islam, un fait fort étonnant pour les Européens : c'est que les lettrés musulmans, conti'airemcnt à ce qui se fait chez nous, oîi chacun cherche à simplifier le plus possible son écriture, s'appliquent, lorsqu'ils veulent faii'C briller leur savoii', à faire usage de formes do lettres extraordinaires. De là, il résulte parfois (puî leur missive est pour le correspondant un hiéroglyphe dont le déchiffrement est un grand travail.
Notre professeur d'arabe était atteint de cette manie, et nous
avons eu quelque peine à lui persuader que nous voulions borner notre étude à transcrire et à lire facilement, si cela nous était possible, le caractère en usage dans le Moghreb.
Qu'on ajoute à cette difficulté qu'il faut vaincre pour déchiffrer facilement les manuscrits arabes, cette autre de deviner ordinairement les voyelles, les lettres commençant les mots et la ponctuation, on sera convaincu de l'âpreté de l'étude pour l'étudiant orientaliste.
Les voyelles dans les ouvrages tracés avec soin, tel que le manuscrit splendide que nous possédons au musée Moillet, sont ordinairement marquées dessus et dessous la consonne. Tous les exemplaires du Coran sont ponctués ainsi. Aussi, est-ce le livre qui sert à exercei' les étudiants à la lecture de l'arabe.
Le caractère adopté pour l'impression est celui répandu en Egypte. Nos lettrés algériens s'y sont parfaitement habitués, et il n'y a plus que les correspondances qui s'écrivent en caractères barbaresques.
llVFIiUEMCi: DE li'ORIEMT iSUR I^ES COSXUHIES FRAMÇAIIS.
En lisant les réflexions de M. A. A., nous nous sommes rappelé nos souvenirs, lorsque nous aidions, comme secrétaire de la commission des costumes, notre ami M. Brunecl, pendant qu'il créait la fête historique, les Fastes de Lille. Quoique tout-à-fait étranger alors aux études sur l'Islam, nous avions été frappés par l'ampleur du costume de Philippc-le-Bon et des chevaliers de la Toison-d'Or, dont les mesquineries représentées sur notre théâtre, dans l'opéra la Juive^ ne sont qu'une parodie mal comprise ; et nous nous étions persuades que ce costume avait été inspiré par les croisades. C'est un fait, pensons-nous, que nos amis archéologues démontreront facilement s'ils veulent s'en donner la peine*
L'étude du costume en France est une partie de l'histoire qui a été fort peu fouillée. Il y a là une ample moisson pour un col-
lectionneur, laborieux et savant, comme nous en avons tant dans le Nord.