V. Comii,(dïP»ris). même temps, Ihipujtren s occu
peit de recherches de même nature. * Il les poursuivait avec la ténacité de son caractère. — Se trouver sur le chemin de Dupujrtren
Le Baron DUPUYTREN.
n'était |>as, dès lors, chose de mince conséquence. Les .•(iiccès de l'élève de Corvisarl effarouchèrent le chirurgien de l'H6(ol-Dieu. Dupu^tren allajuaipi'à acciiaer Laënnec de s'être attribué sea Iravaux. Celui-ci se défendit avec une fermeté calme. Il repoussa aurtout le reproche de plagiat, qui ne pouvait l'alteindre en aucune foçou . Les deui rivaui scientifiques s'étaient rencontrés sur le même terrain ; et voilà tout. * (de Kergaradec). Le temps effaça cea discordes et ces imputations blessantes : et, lorsque la fortune vint à lui, Liiënnec eut la générosité d'oublier les suscepUbililés el les emportements de son ombrageux rivât des premières aunées du siècle.
Par ailleurs, sa lettre le révèle bien : ce n'étaient ni les bonneurs, ni les dignités, qu'il envisegesil en pnnsnt rang à la Cour. — Il dédaignait les unea et les autres, puisqu'il avait refusé un sîbge au Conseil rojal de l'Instruction publique. — Deux autres préoccupations inspiraient BU conduite : le responsabilité de son enseignement et le souci de aon indépendance.
Ce souci d'indépendance peut étonner ceux qui ne connaissent pas U vie de LaSonec. Il est cependant l'indice dn même esprit, qui terminait sa thèse inaugurale, (SZplairtal an XU, 11 juin 1804,) par celte citation CBractériatique : Liberam pro/itwf -mediciiKivt ; nec ai antiqitii lufn, nec a novts ; utroigw uài v(rHatem cclunl ttqnor, Magni taeio impiw repetitam experientiam. (Klein ; i»Urpret clinictu.)
Le I'roi'. BOUILLAUD.
' — Bouilland a rappelé cette fière déclaration d'indépendance de
Laénnec ; puis il ajoute : « Certes, le jeune aiglon, qui essayait ainsi ses ailes, devait, en les déplojant plus tard dans toute leur ampleur, planer dans les plus hautes régions de la science ! »
Laénnec avait, en effet, l'esprit profondément pénétré du sentiment de sa responsabilité médicale. Un judicieux critique, Gh. Lasègue, a dit deux mots très justes de cette conscience du médecin, dans un discours d'apparat prononcé le 14 août 1869 en présence de toute la Faculté de médecine de Paris. « L'indépendance et l'humilité, dit-il, voilà les pierres de touche dn médecin. — L'indépendance, parce que, responsable devant- sa conscience, il n'a, en dehors de ses pair^ et de lui -môme, à attendre de personne un conseil, un appui, encore moins à subir un ordre. — L'humilité^ parce que la tâche est pesante ; et que la lutte qu'il soutient excède incessamment les forces de son zèle. » {Etudes médicales Paris, 1884, I. 156.}
L'autre souci préoccupait davantage encore Laénnec : et l'empêchait de se laisser troubler par l'honneur inattendu d'une situation si enviée : c'était la responsabilité de son enseignement. Il en a toujours apprécié toute la gravité, — Avant d'j entrer, il aurait voulu s'^ préparer ; mais il a été forcé par ses amis de s' j jeter de suite. — Dès qu'il entre en fonctions, il règle cette « vie simple et paisible, » dont parle Henri Roger. U fait son service d'hôpital, s'acquitte des autres fonctions de sa charge et ne voit plus de malades qu'en consultation. Il la fait avec « une simplicité de mœurs pleine de charme et une modestie, qui semble ne pas même soupçonner sa renommée : » c'est l'expression du docteur De Eergaradec, qui l'a si bien connu dans son intimité.
Laénnec sait concilier habilement sa modestie et son indépendance. Il est de cette vieille Armorique, si dignement saluée par H. Roger à l'inauguration de la statue de Qaimper. « La vieille Armorique ! cette terre de granit recauverte de chênes porte une forte race, aux vivaces crojances, au cœur fidèle ; le sol garde les antiques débris du passé le
plus lointain et les fils sont encore animés de l'àme des aïeux ! » — Laënnec écrit en effet à Mgr de Crouseilhes qa*il est entré en fonctions ; mais il n'a pas dû s'j prendre à la fagon d'uQ courtisan obséquieux. Bien qu'il ne s'en explique pas, cet homme « d'un caractère naturellement froid » (Bajrle) aura d'emblée pris position avec cette franchise toute bretonne^ qui est faite de lojauté| de conscience et de conyiction^ sans rien diminuer dé la politesse de Cour et du dévouement aux Princes. — Il le faut pour que S* A. R. lui ait témoigné qu'elle désirait que Laénnec s'arrangeât de manière que son service auprès d'elle ne contrariât pas ses autres occupations.
Son service d'hôpital, son enseignement, sa part dans les concours et les examens, ses. très nombreuses recherches personnelles, sa collaboration aux travaux des Sociétés savantes, ses écrits immortels suffisaient évidemment à remplir la vie d'un homme actif. Sa façon de s'en acquitter forçait l'admiration de ses contemporains.
€ En le vojant, écrit l'un d*eux, on était étonné qu'il pût suffire à tous les travaux, dont il était chargé depuis quelques années. Il avait dans la phjsionomie, et surtout dans les yeux, un air de finesse et de malignité. Doué d'un esprit profondément observateur, il possédait une immense quantité de connaissances, non seulement sur la médecine, mais aussi sur les autres sciences et sur une foule d'arts. On eut dit que la nature avait grandi son esprit aux dépens de son corps ; et qu'en le créant, elle avait voulu prouver que la force et la puissance ne sont pas toujours proportionnelles à la masse. Il était d'un caractère froid comme son tempérament. Les passions expansives lui étaient peu familières. Il avait de la fermeté, de la sévérité, et beaucoup de piété. Il était tenace dans ses opinions ; il j croyait pour ainsi dire. . . » (Âxchives générales de médecine. Paris, 1827 ; 5™^ année ; XIII, 620.) Ce témoignage d'un sceptique, qui ne parait pas croire à ses propres opinions, peut être tenu pour désintéressé, et par conséquent sincère ; mais il est incomplet.
Il devient même injuste, lorsqu'il ajoute : « Rien n'eut manqué
peut-étra à la gloire de cet obseiratenr ingénieux ; ou da moins Lsâimec se fut acquis une immense popularité, , . . s'il eut adopté. . . . les doctrines philosophiques.... du «ëcle!.,.. >
Plus BBge et plus juste est M. J. M. Gharcot {ie l'Instilnt) , qui,
J. M. CHARCOT {de ITnstimt).
dans ses Leçons du mardi i la Salpètrière , cite LHënoec comme un grand observalear. Il n'ignore pas que Laéonec « passait pour clérical et qu'on lui reprochait » sa fonction à lu Cour ; mais il ne s'attarde pas à ces considérerons extra-scientifiques, a Laënnec , dit-il , a enseigné quelque chose d'admirable: l'auscultation, qui a mis dans les mains des médecins une méthode nouvelle ; puis il a fait un livre si beau, qu'il n'^ a rien à y retoucher. >
Cette élogieuse appréciation n'est d'ailleurs pas nourelle pour le célèbre traité iPantcuUation médiate et pour son illustre auteur.
En 1865, le professeur Chaufiard fît à la Faculté de médecine de
Paris une conférence historique sur Leënnec. Exect observateur du temps, qu'il décrit, il représente ù son auditoire « les gloires que le* passions surexcités élèvent, et qui, nées dans le tumulte, ont besoin du tumulte pour se soutenir.... jusqu'au moment où elles iront s'éteindre dans un inévitable oubli.
» Eq regard de ces gloires qui passent, il est des gloires qui durent; qui, loin de diminuer par la durée, grandissent avec le temps, et sont destinées à subjuguer l'avenir plus encore qu'elles n'oni dominé dans le présent. Ce sunt les gloires que les œuvres fondent, que les services réels assurent, que la poursuite et la découverte de grandes ou utiles vérités inscrivent pour toujours duna la mémoire des hommes ou dans les annales de la science. »
Le Prof. CHAUFFART.
L'historien présente successîvemenl à son auditoire aspects de « la méditative et ardente figure de Laénnec :
tomo-pathologiste laborieux et précis; — l'explorateur ingéuieux des symptômes ; — le pathologiste habile à rapprocher les symptômes et les signes des états morbides qui les émettent ; — et enfin le médecin, qui, s'élevant au-dessus des lésions qu*il constate et des signes qu'il perçoit, aborde résolument les questions générales et sait donner aux principes la part majeure qui leur revient dans l'institution scientifique de la médecine et dans la direction de la pratique.
« Fondé sur des travaux impérissables, sur le plus vaste ensemble de découvertes qui se soient opérées dans la médecine moderne, l'éclat du nom de Laënnec ne peut que grandir... Le calme, qui s'est fait sur les orages de son temps, l'impulsion féconde qu'il a imprimée à l'observation médicale ont de plus en plus fait valoir l'étendue de son génie, la portée de ses jugements, la valeur supérieure de son œuvre. » (Conférences iistariques de la Faculté de médecine de Paris. Paris, 1866, 3^ conférence, 61, 63.)
En 1879, la Faculté de médecine de Paris a pris l'heureuse initiative d'une édition nouvelle des deux volumes de 1826. L'introduction dit brièvement sa pensée.
« L'œuvre de Laënnec est de celles, dont on doit maintenir respectueusement, non l'esprit toujours vivant, mais la lettre...
» Il siérait mal à la Faculté de médecine de louer ici Laënnec. La rérolution médicale, dont le monde lui est reconnaissant, est un fait accompli ; et cette glorieuse découverte n'appartient désormais, ni à la critique, ni même à l'éloge.
» Pas un de nous ne consentirait à la pratique de la médecine, s'il devait renoncer à l'auscultation ; on a pu ajouter au traité du mettre d'importants chapitres ; il n'en est pas un qu'on oserait en retrancher. »
Récemment encore, M. le pi*of. V. Comil prononçait aussi publiquement, le nom du maître justement incontesté ; et, s'il le comparait aux autres grands médecins français, c'était pour le déclarer le plus éfflinent de tous. [Prog. méd. 12 mars 1892. 200, 1.)
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R. Th. H. Laënnec est également un modèle, — « ou plus exacte^ ment un idéal du professorat.
« Ceux qui ont suivi son enseignement savent avec quel zèle, quelle scrupuleuse exactitude, malgré nne santé toujours débile, Laénnec remplissait ses devoirs, à Thôpital Necker d'abord, et, plus tard, è la Faculté de médecine» au Collège de France, à sa clinique de la Charité. — C'est dans ce dernier établissement surtout, qu'il se plaisait à initier les élèves à la science du diagnostic et à les familiariser avec la pratique de la sthétoscopie.
» Laènnec avait la parole facile. Il s'exprimait avec méthode, clarté et simplicité. — Dédaignant les artifices de l'art oratoire, il savait néanmoins donner du charme à son enseignement. Il semblait converser avec son auditoire, qu*il intéressait en même temps qu'il l'instruisait. » (De Kergaradec.)
« La renommée de son enseignement valut à Laénnec l'auditoire le plus distingué qui se soit jamais vu à cette école (de Paris.] Il eut, en effet, pour disciples des médecins, non seulement de toutes les parties de la France, mais encore de toutes les nations de l'Europe et des deux Amériques. » (Docteur Emm. Lallour, 12.)
C'est un témoignage unanime : « Des médecins accourent de tous les points du globe, de l'Allemagne, de la Russie, de l'Angleterre, de l'Italie, des Etats-Unis ; tous arrivent en foule à Paris pour étudier l'auscultation sous la direction de Laénnec, et vont ensuite raconter dans leur pojrs les prodiges opérés par le sthétoscope. » (Didier, Biographie miioerielle. Paris, 1841, 345.)
Pour établir le courant de la foule, un grand succès^ ou une importante découverte pouvait suffire.
Pour le maintenir et pour le développer, il fallait davantage. ... Il fallait le sèle, l'activité, la persévérance, le dévouement à la fonction d'enseignement, ou, plus exactement, au service des étudiants, qui sont le but et la raison d*étre de l'enseignement»
C'est là ime pensée qui est écrite de la main même de Laénnec,
— un «n avant u mort, (JTo/ ; tep^ .* 182B,) — lonqa*iI s'adreasa è ua collègues : ckrUsimù colUgù FacuUalit medice pmritienni pnfeuori&us, pour laor préaantar la dédicace de aoD édition de 1826.
Buste de LAENNEG Par M. Maillard (Salon de Paris. 1893.)
Il précise sa fagon d'envisager leur commune fonction professorale, et il la formule en ces deux termes, qui résument les délicates; aa conscience et les hautes pensées de son génie scientifique :
tUdioiorum utilitali inserviendi, tcientiantgue mtdicam promovendi, officinm
de
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ietf^yti yn$ ^tt4 i$:,U^ Vf**^0^* î * ^?%(«rJt <Uff, ^'•fctr^ H (/%U«&*, i. t*i(Hffi!:i4tou 4h iiÂihtt^Utt-tti Ut frlnê muf^ir^ t da oi^nie U plus
(M« iJfr>/f»olt«/ii'>M éintftf(krm^ mîiïêtrni Uop «ou veut pour égarer le ^li^fmmui tVlmtmtm iribi» aom\féUHiH pur «ilUam*
Mil tt ifop KoiJVfint ft*imn'.lié h iMmm'. non enlréa à la Faculté par lu ¥tim (i*m$i (mUmmnGii rojmlo. Il nVii que jusle de faire connaître ytinmii'f dofii f'.A (friifid humifu* fut victime , lorsqu'un incident |iot)th|iiti, (|Mtt|qu»i cJioiie comme un cbangf»ment de ministère, vint y^HtrUst du profoMMorHti pur un Jugt'ment de ses pairs, jugement réiriillai' diuiM lu loniiH, mui» paNiionné dans le fond.
1,0 VH «mmU IHV!^, Luâuut'c <^crit de Furis è S, G. Mgr. Dombideau liti (iniMKdlllioii, évâqutt de Quimper et de Léon :
« Après ia mort de M. Halle, mes amis, quelques membres
> influents de l'Université, et le Ministre lui-même, m'invi- » tèrent à me mettre sur les rangs on qualité de professeur
> de médecine. Cette affaire, ainsi entamée, paraissait toute » simple et semblait devoir se terminer en huit jours. J'étais » sûr de la majorité des voix panni les professeurs du Collège » qui ont le droit de présenter un candidat. Mais dans ce » moment, l'amendement de M. Bastard de TEstang ayant fait » croire à beaucoup de gens que le ministère allait tomber, » trois des hommes sur lesquels je devais le plus compter se » réunirent aux libéraux et donnèrent une majorité d'une » voix à mon principal concurrent, dont le moindre défaut » pour professer la médecine était de ne l'avoir jamais étudiée. » Cet événement a beaucoup retardé la terminaison de mon » affaire ; elle vient cependant de finir; et, depuis trois jours, » je suis lecteur et professeur royal au Collège de France. » C'est le seul établissement, qui ait traversé la révolution. >
LaSnnec n'avait donc pas brigué, ou du moins intrigué pour obtenir la chaire du Collège de France ; mais il n'hésita pas non plus à en accepter la charge : c'eut été une désertion inacceptable pour cet homme de devoir ; — mais il est facile de comprendre que son entrée dans le professorat officiel ne fut pas dénuée d'amertume. — Méconnu de ses contemporains, blessé dans la dig^té de son. génie, le grand homme supporta chrétiennement ces épreuves : il fit noblement et entièrement son devoir.
Le Cardinal Donnel l'a écrit au docteur Emmanuel Lallour :
« Laennec doit ôtre offert à l'imitation de tout jeune homme jaloux de scruter les profondeurs de la science, mais plus jaloux encore de se maintenir sur les hauteurs lumineuses et consolantes de la foi > (leUre inédite).
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luiiAt'8 (lui M l« ) remi^H^ f^Ourulion \\\\W u\»il rrvuo, iMntAUt ir«i\lliMirii If rt^AuUal d'uno con\tclion priUoiulH ; il \\%\ I«>m odohiiil \\\<\\\\ litnu un lom|Hi où iU i^lnioHl un lilio iriMoi^nm^^ni M lio (liM\iM«nri pan plu qiril no IfA monlniil à unoipoqno où l«nl (Ut ^tun, hion i^Kui^m^ (in Vf^riliiklt* t'Hi rii d«' rK\unf(ilt% iN^n wrvenl ronnucnn n\oN ou iIa forluni* oi dSivanoenuMit,
)> SfR cnnnuiHianroH mi^dirnlcii, liùu dN^luanli^r ou d'Hltitihlir aom cn\YanccH| Unir uviiirnl donné unt> nnuvnlln loivo. A rintilnliott don plus booux ){i^ui(>N dontlami'di^cinr ii'honorfs dort HlM^^o, tlrn HuilloUi des WinHJow, doi Koroli don Hoglivii doN Moign^Mii, don llooiluivo« doA Hollori IVtiulfl do rorgunipiilinn linnininn ol doH tMoniuiidn rapports do nos or^ani*ri onlro eux ni iivito lu niiluro onliôro, inaii ttugmonU Hon «dmirniion ol non amour ptuir TAiiloiir y\\^ liinl do niervoilloa.
» C*eit uno n'Hiicndiliinoo do pliii, ipi'it tiviill. iivoo llit^vlo, nom iiinl, Lu roliif'ion de La/Uini'C était, coinmo collo do i*o doinior , diiiiou ol tolérunie ; olle ponélrait Juiipi'i.u plim pmlnnd do nnn niuir, pour m modurer aI en ré^lor loe niouvernonlH ; mniii ojjo nu olioM'Iniil. point ft rhanij^or los oro^yiincoft dos iiutHS, Hiilioiiionl rpio pur de bonnes actions ot de honn exomplon. » [Ktnu^ mi'thruh, l'nrm, IMVO,
IV, \m).
(<ili»m|f I Oi/Nl,