SCÈNE
vieux devin de TEuphrate, Balaam, qui avait vu une étoile sui^ir et un sœptre s'élever d'Israël. Il savait par votre Ësaïe la puissance et la gloire de Celui qui étendrait son sceptre sur toutes les nations. Au temps, nous disaitil, fixé par Daniel, une conjonction des {^nètes lui avait prouvé que les anciens oracles venaient de s'accomplir. U s'était mis en route pour Jérusalem avec deux autres mages, et avait trouvé à Bethléem un enfant né d'une vierge» dont d'éclatants miracles avaient signalé la venueau monde. Tout récemment nous avons appris par nos amis et voisins, qui étaient venus ici l'an passé célébrer la Pâque, qu'un jeune prophète avait apparu dans votre pays, prèch ant aux foules une religion nouvelle, guérissant par milliers tous les malades, ressuscitant même les morts, et se préparant ainsi sans doute à fonder son empire. Je suis parti pour vérifier par moi-même ces récits. Ils m'ont paru de beaucoup inférieurs à la réalité. Vous-mêmes m'avez, dit tout à l'heure que ce Jésus est bien celui qu'avait adoré le vieil ami de mon père, et dont les anges avaient célébré par leurs chants la venue. Je ne puis douter qu'il ne soit le Sosiosch qui, d'après les prédictions de Zoroastre, doit lui aussi naître d'une vierge. Aussi je me refuse à croire comme vous le disiez, Philon, qu'il impose à ses disciples le jeûne et la mortification.
Philon.
U Y a, semble-t-il, dans sa doctrine deux éléments contradictoires : l'un d'une vie facile et joyeuse, l'autre d'une singulière austérité»
GUSTASP.
Je ne veux pas d'un Bouddha de l'Occident, qui ferait du renoncement le premier des devoirs et enverrait ses
disciples vivre dans la solitude des forêts ou des déserts. Je suis un Arya, de cette race de héros qui combat sans cesse, et avec vingt armes différentes, pour le Dieu de la lumière contre les légions des ténèbres. .Nous extirpons les animaux nuisiMes, rendons fertile Taride steppe, luttons avec les peuples infidèles, renversons les autels des faux dieux; nous nous maintenons purs dans nos pensées, nos paroles et nos actes, attendons la résurrection des corps et demandons à notre Dieu un médecin, un aide, un destructeur du mal, le fondateur d'un règne universel, de la paix et de la vie. Si Jésus est le roi qui nous a été promis, il n'aura pas de champions plus courageux que nous.
Eliab.
La vraie force n est pas où vous la cherchez. — J'ai le cœur plein de discours à votre adresse, Gustasp. Mais j'entends le cri de la garde du temple qu'on relève ; c'est minuit. Il est temps de chercher sur ces dalles ou ces bancs un peu de sommeil. Que les anges de Dieu veillent sur rious et nous protègent !
MARDI