‹ Un mystère de la passion, et la théorie de la rédemptionChapitre 22 sur 158 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

lie-t-elle aux souffranœs de son Fils le salut de ses créatures? Pourquoi dans son infinie miséricorde n'ouvre-t-il pas à leur repentir les portes des cieux et n'étend-il pajs les bras vers tous ceux de ses enfants qui reviennent à lui avec larmes?

MICAEL.

Demandez-le à la Sainteté de Dieu et à sa Justice.

KÈDESCHIEL.

Le Dieu de sainteté ne peut tolérer dans sa cité rien d'impur. Comme par un vent de tempête il rejette au loin tous les êtres souillés. S'ils s'obstinaient à rester près de lui, ses foudres éclatant avec fracas les précipiteraient dans les dernières profondeurs du néant. Or, par quels procédés se nettoieraient-ils eux-mêmes de leurs impuretés ? Quelle voie se fraieraient-ils par eux-mêmes pour remonter vers les cieux ? Si vous le savez, ô mes compagnons de service, dites-le moi.

Créés pour Dieu, les enfants d'Adam ne se passionnentils pas en insensés de tout ce que leur Seigneur réprouve? Ne se rautrent^ils pas comme des brutes dans la fange des voluptés ? Ne versent^ils pas le sang de leurs frères comme l'eau? Qu'inventerait cette race-là pour recouvrer sa primordiale innocence et pour venir chanter avec nous les louanges du Dieu trois fois saint? Si vous le savez, ditesle moi.

L'esprit obscurci par l'impureté de leur cœur, n'ont-ils pas fait de leur patrie un temple infect où l'on adore les démons, où Ton sacrifie à tous les vices? La terreur secrète que leur inspire la sainteté divine, ne les remplitelle' pas d'une haine mortelle pour leur Juge? ne leur fait-^lle pas pousser contre Hii des cris de rage? Comment

feront-ils oublier à un Dieu jaloux de sa gloire un tel mépris de son nom? Si tous le savez, dites-le moi.

La mort ne les retient-elle pas par leur faute dans ses fers? Leur corps que le péché a dépouillé de son âme et livré aux vers, n'est-il pas tout pourriture? Leur âmequi, nue et flétrie, végète dans THadès, n*a-t-elle pas honte d'elle-même? Leur demeure est«lle autre chose qu'un vaste cimetière qui laisse après soi dans Téther, avec un torrent de pleurs et une longue clameur de désespoir, une large traînée de miasmes? Comment cet astre lugubre rentrerait-il de lui-même dans les rangs des brillantes étoiles de r aurore, et cette race de mourants et de morts dans une de vos saintes cohortes? Si vous le savez, dites-le moi.

Maculés en leur corps, en leur âme, en leur esprit, leur conversion anéantirait-elle leur souillure antérieure? les préserverait-elle même d'une nouvelle souillure? Noircis par leur impureté, se blanchiraient-il par eux-mêmes? Si vous le pensez, déclarez-le.

TSÉDÉKIEL.

0 mes amis, avez-vous oublié l'heure d'épouvante oii le souverain Juge a puni Satan et ses anges? Ne vous a-telle pas révélé l'inflexible justice de l'Eternel? Les horreurs palpables de la peine ne nous ont-elles pas fait comprendre les horreurs cachées du péché, et ne savons nous pas tous aujourd'hui avec quelle rigoureuse exactitude Dieu proportionne la douleur à la transgression de ses lois comme à l'obéissance la félicité?

Or le genre humain n'est-il pas l'esclave du péché et de Satan? Toutes les puissances des ténèbres ne se sontelles pas abattues sur lui, et sa nature n'est-elie pas à ee point viciée qu'il ne peut que^ pécher sans cesse? Dieu lui

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