SCÈNE II
ANNE
La foule s'ameuterait et le dégagerait de nos mains.
CAÏPHB.
Elle l'aurait fait hier; peut-être ne le ferait-elle pas demain.
ANNE
Sur quoi se fonde cette supposition?
GAÏPHE.
J'ai envoyé de mes gens circuler dans les foules. Elles sont très surprises qu'il ait passé cette journée tout entière à Béthanie, et chez plusieurs d'entre les Juifs et les Galiléens, l'étonnement devient de l'irritation.
ANNE
Devines-tu le motif de son absence?
GAÏPHE.
Non; je suis même très surpris d'une telle résolution. Veut-il exalter, par un habile calcul, le fanatisme de ses partisans en se faisant ardemment désirer? Quoiqu'il en soit, la populace qui semblait se donner corps et âme à lui, nous revient.
ANNE
Et tu crois que nous devrions l'arrêter et le condamner à mort durant cette fête?
GAÏPHE.
Je ne crois pas la chose impossible. Mais il faut attendre à demain ; si demain il ne se montre pas ici, il est perdu. L'opinion populaire se retournera avec violence contre lui.
ANNE
Que Jéhovah t'entende et qu'il bénisse nos projets!
Itô DEUXIÈME JOUBNÂE.