scène première
Xènophane.
Quel est le poème épique où se lisent ces miracles?
Eljada.
Moïse lui-même en a fait le récit en prose dans le H* vrede la Loi, et d'année en année, à chaque fête de Pâque, nous le répétons à nos enfants.
Strabon.
Et c'est le sang des agneaux qui a fermé au génie de la mort les demeures de vos ancêtres?
Eljada.
Sans effusion de sang, il n'y a pas pour les hommes pécheurs de délivrance et de pardon^.
Strabon.
Je ne vous comprends pas.
XsNOPHANB, bas à Strabon.
Je t'en supplie, coupe court à ces discussions insipides. Ces barbares sont de pauvres insensés.
EuADA à StraboD.
Tous ne me comprenez pas, noble étranger t Mais nous ne sommes pas si ignorants des choses païennes que nous ne sachions fort bien qu'à Athènes un roi et des jeunes filles, à Rome des chefs d'armées se sont voués à la mort pour le salut de leur patrie. Et nous, nous attendons un roi qui donnera sa vie, versera son sang pour le salut, l'expiation, la purifîcation de tous les peuples de la terre.
Strabon.
Un Juif, le sauveur du genre humain ?
> Hébr. IX, 22.
42 PBOLOGUE.
EUADA.
Ce Juif sera le Fils de Dieu, naissant dans la famille de notre grand roi David !
Xénophane iroiiqnemeot.
■ Zeus ne s*est-il pas fait homme pour aller souper chez Philémon et Baucis et sauver leur chaumière des eaux débordées !
Strabon à Eljada.
Mais, je vous en prie, où puisez- vous ces espérances étranges, ces rêves fantastiques ?
EuADA.
Dans nos Saints Livres. Nous y voyons l'Oint de Dieu prendre sur lui les péchés de tous les hommes et laver dans son sang toutes leurs souillures. Pour vous comme pour nous le dévouement n'est-il pas tout ce que la terre connaît de plus grand, de plus saint, de plus sublime? Est-il donc si difficile de croire que le Fils de Dieu, ému d'une infinie compassion envers l'humanité, est descendu des cieux sur la terre pour être notre victime expiatoire ? Si le sang de quelques agneaux a sauvé de la mort du corps les premiers nés des Hébreux, comment un sang divin ne sauverait-il pas tous les peuples de la mort éternelle de l'âme? Gomment le Dieu qui a délivré nos ancêtres du joug des Pharaons, ne délivrerait-il pas le genre humain de l'esclavage, bien autrement cruel, du péché?
Strabon.
Eljada, les brillantes espérances qui hantent votre imagination m' apparaissent comme au travers d'un voile épais. Mais, je dois en convenir, elles sont plus poétiques, plus grandioses que les plus belles fictions des Eschyle et