‹ Un négociant de Besançon; comédie en un acteChapitre 11 sur 16 · LE MILITAIRE, DOLORÈS · texte numérisé non relu

LE MILITAIRE, DOLORÈS

LE MILITAIRE, seul.

Quel drôle de type ! Qu'est-ce que c'est que ce type-là ?

DOLORÈS

C'est mon élève... Il est un peu singulier. Mais je suis contente d'avoir fait sa connaissance... C'est une nature généreuse... Je suis ennuyée seulement qu'il ait vexé Concepcion. Il lui a dit une phrase que je

lui ai traduite comme exercice d'espagnol et qui voulait dire : « Venez vous asseoir sur mes genoux, mon bébé. » Concepcion a cru que ça s'adressait à elle... J'ai eu beau lui expliquer... ell&est furieuse... Alors, pour m'en tirerj'aifiniparluiexpliquer que c'était une formule de politesse française, et que le fait d'aller s'asseoir sur les genoux d'un monsieur était un usage très bien porté... Où est-il donc, ce monsieur?

LE MILITAIRE

Il est sur le balcon. II a mal à la tète. Il a Lu tout le Champagne.

LOLORÉS.

Encore une manie à lui... je commence à le connaître. C'est un homme qui veut boire du Champagne en apprenant l'espagnol.

LE MILITAIRE

Ma tante, j'avais quelque chose à te dire... je ne peux décidément pas dîner ce soir.

DOLORÉS.

Ah ! petit ingrat, tu vas t'amuser!.. Tiens, je vais être gentille pour toi. Voilà les vingt francs que ce monsieur m'a donnés. Mais je ne te donnerai rien d'ici la fin du mois. Je vais parler à Concepcion.

Elle sort.

LE MILITAIRE, seul.

Chic! Chic! Et ce fourneau qui prétend que c'est mal de recevoir de l'argent de sa tante!... Je vais encore le faire fumer, m va au balcon.) Hé bien, vous voyez, elle m'a fait cadeau des vingt francs que vous lui avez donnés!... (au public.) Il dit que mon cynisme le dégo.ûte!...

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