‹ Un négociant de Besançon; comédie en un acteChapitre 10 sur 16 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

HUGHOT, LE MILITAIRE, entrant.

HUGHOT, apercevant le militaire.

Ah I voilà le militaire I II arrive un peu tard pour le Champagne, le militaire !

LE MILITAIRE

Bonjour, monsieur ! Est-ce que ma tante est par là?

HUCHOT.

Elle est par là.

LE MILITAIRE

Elle est de bonne humeur ?

HUCHOT.

Pourquoi ça?

LE MILITAIRE

Figurez-vous que je lui avais promis de dîner ce soir avec elle. Elle y tient énormément.

HUCHOT.

Elle est bien vieille pour vous.

LE MILITAIRE

Oui, oui, je ne vous dissimule pas que j'aimerais mieux aller m'amuser avec ma petite amie. Ça n'est pas gai ici, mais elle m'aime énormément.

HUCHOT.

Ah! Voyez-vous cette vieille-là, elle nous aime énormément.

LE MILITAIRE

Et puis, je la soigne un peu... parce qu'elle me donne la pièce de temps en temps.

HUCHOT, que le dégoût commence à gagner.

Ah ! Elle vous donne la pièce ?

LE MILITAIRE

C'a n'a rien de désagréable de toucher de temps en temps un petit louis de dix francs.

HUGHOT, s'animant.

Mais,, c'est dégoûtant ce que vous me racontez là, mon ami. Un militaire en uniforme.

LE MILITAIRE, interloqué.

Je ne vois pas le mal qu'il y a à ça.

HUGHOT, très animé.

C'est précisément ce qui m'afflige que vous ne voyiez pas le mal qu'il y a à ça... C'est de l'inconscience... Ah I vous vous êtes figuré que parce que j'ai bu un peu de Champagne, vous alliez pouvoir me raconter vos turpitudes! Vous vous figuriez que j'allais me montrer moins rigoureux. Hé bien, monsieur, au contraire... Je ne raisonne jamais aussi justement sur le point d'honneur que lorsque j'ai bu un coup de trop... Ah! vous me dégoûtez bien... J'ai mal à la tète... j'ai besoin de prendre l'air. (lî va à la fenêtre.) Ah ! voilà un balcon !

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