‹ Un négociant de Besançon; comédie en un acteChapitre 4 sur 16 · CONCEPCION · texte numérisé non relu

CONCEPCION

Es la seùora Dolorès la que me ha dado mi primera nuneca.

DOLORÈS

A duel tiempa a hace.

UN NÉGOClÂiNT DE lîESANÇON 7'

GOXGEPGION.

Oh ! si ! hace muelo tieinpo.

LE MILITAIRE, à Dolorès.

Mais tu parles très bien, ma tante.

DOLORÈS, en français.

Tu sais que je donne maintenant des leçons d'espagnol?... Je ne te l'avais pas dit. Je n'ai pas grand'chose pour vivre ici. Mes petites rentes sont bien faibles. Alors, je me suis dit : Donnons des leçons d'espagnol.

LE MILITAIRE

Et tu as des élèves?...

DOLORÈS

Non. Je donne des leçons, mais je n'ai pas d'élèves, j'ai pourtant fait mettre une annonce dans mon journal, où précisément j'avais vu des annonces de ce genre à la quatrième page. C'est ce qui m'a donné idée de me mettre à donner des leçons. Qu'est-ce que j'ai fait de ce journal ?... Tiens... voilà... « Mademoiselle Bertlie, leçons d'anglais, 44, rue d'Edimbourg » — « Mademoiselle Albert et ses élèves, masseuse diplômée... )) Non, ça c'est du mas.sage... « Mademoiselle Alice, bibelots modernes, rue d'Athènes, G2... » Voici moi : « Madame Dolorès, leçons d'espagnol, 82, rue Lamartine... » J'ai fait mettre le nom de Dolorès, qui est un nom bien espagnol. Mon mari m'appelait ainsi quelquefois... Voilà huit jours que j'ai fait mettre l'annonce et je ne vois rien venir. C'est décourageant. Si seulement il venait un élève ! . . . Mais rien, rien. Et j'en aurais grand besoin.

LE MILITAIRE, se levant.

Ma tante, je vais être forcé de te quitter.

DOLORÈS

Alors, c'est entendu, tu viens dîner ?

LE MILITAIRE, embarrassé.

Je suis obligé de dîner avec mon double !

DOLORÈS

Ton double ?

LE MILITAIRE

Oui, mon sergent-major.

DOLORÈS

Eh bien ! Tu dîneras avec lui une autre fois, j'ai fait préparer quelque chose de bon à dîner.

Entre la bonne.

LA BONNE

Madame !

DOLORÈS

Qu'est-ce que c'est?

LA BONNE

C'est un élève.

DOLORÈS

Un élève ?

Oui, un monsieur qui voudrait prendre une leçon d'espagnol. Il m'a donné deux francs ! Il m'a dit : « Vous êtes la bonne. Voilà les quarante sous de la bonne ».

DOLORÈS

Vite I je vais aller mettre un autre bonnet. Viens par ici, Alfred, tu as encore le temps de t'en aller. (En espagnol, à l'Espagnole.) No puedo venir in quarto.

(au militaire.) Un élève, quelle chance I... (a la bonne.)

Faites entrer ce monsieur ici.

Sortent Dolorès, Concepeion et le militaire. — La bonne fait signe à Huchot d'entrer.

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