FRIC \RD
Ce que vous dites là peut être fort judicieux, mais ça ne m’explique pas vos refus d’aujourd'hui. Pour l’amour de Dieu, narrez-moi vos griefc.
LEBLANC
Je prends le ciel à témoin que mon intention n'est point de vous humilier.
• FRICARD.
Que voulez-vous dire ?
LEBLANC
Vous n’êtes qu’un pâtissier, un simple pâtissier...
FRICARD.
Eh bien! oui... ensuite.
LEBLANC
Je suis rempli de considération pour les pâtissiers, eu égard aux objets qu’ils confectionnent ; mais vous devez comprendre que ma nière Juliette n’est pas faite pour vivre et mourir dans la pâtisserie; qu’elle en mange... j’y consens, mais en vendre, fi donc !
FRICARD.
Votre nièce n'est pas faite... Ah ça! pour qui Vous prenez- vous donc , vous , père Leblanc, ancien maquignon?..
LEBLANC
Il est vrai que j'ai fait dans les temps le commerce des quadrupèdes... mais eu égard aux cinq mille francs de rente que j’y ai acquis, vous ferez bien de transporter ailleurs votre flamme, si vous tenez à ne pas mourir célibataire...
FRICARD.
Mais... père Leblanc... si je ne suis pas millionnaire, ra peut venir... la pâtisserie est un art fort lucratif... je ne serais pas le premier qui réussirait en faisant des brioches.
LEBLANC
En attendant, faites comme moi, patientez...
Voilà cinq ans que je brûle pour M 11 * Zéphyr me, ma superbe fiancée... et si je l’épouse à présent. C’est que je puis lui offrir une position sociale.