‹ Un notaire à marier comédievaudeville en trois actesChapitre 28 sur 45 · MADAME DE LU S SANG · texte numérisé non relu

MADAME DE LU S SANG

Baptiste, vous pouvez commencer à allumer.

LE DOMESTIQUE

Tout do suite, madame... (/I sort par la droite ).

Air : Voilé du petit trompette- (Culter;.)

Aliei a »olr« \ *

La Unir ;

Car Mritita notre fit»

Va «'ouvrir.

Qor nul reUrtl nVntiata Notre bal ;

Ce aérait «raiment frave Et uè*-iul ]

{.1/uJame de Lussang et Lucile sortent à gauche et de Lussang adroite.)

écrira il

CnAMPIGNOL, MADELEINE, puis le Domestique.

(Champignol entre par U fond à droite, en donnant le bras à Madeleine. Ils sont en grande toilette.

CHAMPIGNOL

Par ici, fi-fillo... v’ià un grand salon avec des bancs... ça doit être ici la soirée.

madeleine.

11 n’y a personne I... Papa, est-co quo ça serait déjà fini ?

CHAMPIGNOL

Pas possible !... nous nous sommes habillés à midi... nous avons aîné à quatre heures... nous sommes venus à cinq... MADELEINE.

Oui , pour avoir des places sur lo devant. ( Elle remonte en admirant le salon.)

J'ai demandé : Madame de Lussang , s’il vous platt? — On m’a répondu : Elle est dans le bain. — Très-bien ! ne la dérangez pas... Alors, comme j’ai eu la go lichonnerie de louer une remise pour toute la journée... je m’ai dit : Faut lui faire faire quelque choses cl animal-la... et je me suis fait promener devant ma nouvelle maisou.

Madeleine , redescendant.

Ça n est pas drôle.

champignol.

Fi-Olle, tu ne comprends pas la bâtisse... et puis j’avais envie I le monter chez mon futur gendre h; notaire... qui , nier au soir,

| s'est éclipse juste apres le fricandeau... ça m'inquiète 1

MADELEINE

Ab ouiebo I

CIIAMPIGNOL*

Enfin ! tu n’as pas voulu... et à six heures nous sommes rovnus ici. — Malame de Luss ing , s’il vous pl.ill ? — Elle cAl • lans le bain. — Trcs-bien I no la dérangez pas I... Une heure de . bain !... faut qu'elle soie malade, celte femme-là I Alors, je me ! suis fait repromener devant tua maison.

NADPLF.lS'b.

Si c’eût pour ça que j’ai mis mes diamants ! Papa , ça mo gratte io cou )

CIIAMPICXOL.

Touche pas !... C’est commo moi, mes gants... ça m’cmbôto... mais je les garde !... Touche pas!

MADELEINE

Ça fait-y do l’elTel ?

OlARFIGNOL.

Je t'en réponds... C’est que tu en as là... tant sur les oreilles me sur le cou... pour 16S francs 751 bon poids I... bu v’U-l-il lo l'argent qui feignante !...

MADELEINE, Or(C conviction.

Obi oui I

CHAMPIGNOL

Petite, sais-tu combien ça fait du dindons à quatre francs cinquauto ?

MADELEINE

Non.

CIIAMPICXOL.

J’ai fait le compte... trente-sept et demil... tu portes trenlosept dindons et domi.. autour du cou 1 MADELEINE.

En v'Ià un de colhcr I

champignol, regardant sa montre.

Finit heures trois-quarts... pas un chat... I Quô drûlo de soirée!... ( Le domestique rentre par la droite avec une bougie allumée, monte sur la banquette de droite et allume une girandole.) Moi qui me couchoa neuf heures... faut que j’uilio à la halle demain au malin.

Madeleine , apercevant U domestique sur h banquette.

Papa?

CIIAMFICNOL.

Ilcin ?

MADELEINE

V’Ià un monsieur. *

CHAMPIGNOL

Habit noir... cravate blanche... c’est un invité»

MADELEINE

Il allumo.

champignol.

Précisément... je vas lui donner un coup de main...

(Le domestique descend de ta banquette, monte sur un fauteuil à droite, entre Us deux portes du fond, et allume une seconde girandole.)

madeleine.

Vous , papa t

CTIAMPIGXOL.

Faut se rendre utile... faut pas être faignant... Justement j’ai pris mon rat pour rentrer ce soir... Dans le grand monde, chacun prend son rat pour rentrer le soir, (il prend un rat de cave dans sa poclu.)

MADELEINE

Moi , papa , j’ vas ôter les z’housses...

( Madeleine ôte la housse de I * banquette de gauche et la met sur son brus. — Champignol , son rut de cave à la main, s'approche du domestique pour l'allumer à la bougie de ce dernier.) champignol, au domestique.

Monsieur, voulez-vous permettre ?

( Madeleine passe à droite et ôte la housse de la banquette

de ce côté.)

LE domestique, à part.

Qu’est-ce quo c’est que ces gens-la ? (Il descend du fauteuil.)

ciiampicxol, allumant son rat.

Là! reposez-vous, monsieur... chacun son tour... je me charge de celte pièce... (Il monte sur le fauteuil a g mche entre tes deux portes du fond et allume la troisième girandole.)

le domestique.

Alors, je vais allumer dans lo grand salon.

Madeleine, qui a mis l'autre housse sur son bras .

Y a un autre salon plus grand ?

LE DOMESTIQUE

Certainement.

MADELEINE

Y a-t-il des z’bousscs?

LE DOMESTIQUE

Oui, mademoiselle, il y a des housses.

MADELEINE

Bon ! j‘y vas... marchez devant.

ciiampicxol. allumant.

Très bien, ma fille... faut pas être faignant...

LB domestique, sortant par ta porte du fond-milieu. — A part.

Mais qu'osl-ce que c’est que ces gons-là? (Madeleine suit lo domestique. — On les voit disparaître par la gauche.)

CCiZTO III.

CHAMP1GNOL, puis DE LUSSAKO.

ÇIIAMPIGNOI. , allumant sur !e fauteuil et regardant sortir ta fille.

Cré moutarde ! comme c’est élevé!... Je donnerais quelque chose pour quo mon gendre, le notaire, la voie ôter les z’housses dans les salons do la haute aristocratie!... (il descend du fauteuil, monte sur la banquette à gauche cl allume la quatrième girandole.)

de lcssasg . entrant par la droite.

C’est très-grave!... pas de nouvelles !... Il faut absolument que j’envoie quoiqu’un. (Aoerceuont Champignol.) AUI un domestique de louage I... ha! l’ami 1 (Il remonte.)

ciiampicxol, se retournant.

Monsieur? (.4 part.) Habit noir, cravate blanche; c’est un invité, on arrivo I

de lussakg, redescendant.

Qu’cst-co que vous faites là ?

ciiampicxol.

J'allumo, en attendant...

Page 1