SCENE XV
DESRUEL, puis CHAMPIGNOL et DB LUSSANG.
DESRUEL, seul.
Eh bien ! me voilà gentil !... plus rien !... zéro I El Dozonville qui m’avait donne vingt-quatre heures... par voie d’huissier I (Tirant sa montre. ) J’ai encore dix minutes I (Ve Lussang entrant par la droite, suivi de Champignol qui porte un plateau.)
DB LUSSANG.
Par ici. mon ami... faites circuler les rafraîchissements... aux dames, d’abord...
CHAMPIGNOL
Oui... honneur au sexe ! (De Lussang remonte au fond à droite dans le deuxieme salon.)
DESRUEL, à part.
I Champignol !... Quel cummeree Unt-i) la?
do Saumur I...
Je veux bion.
21 tJN NOTAIRE A MARIER.
CHampignol, apercevant Desrutl et allant à lui.
Tiens î mon gendre !... Peut-on vous offrir quelque chose? desruel.
Merci ! (A part.) Si je pouvais renouer...
CIIAUni.NOL.
Avez-vous fait danser fii-fllle?
DESRUEL.
Pas encore... j'y songeais.
CUAMPIGNOL.
t'oignant !
de lussang, revenant près de Champignol.
Eh bien ! vous êtes encore là ? mais allez donc! mon garçon, allez donc! (Il le prend par le bras et le pousse vers le fond.)
CHAMPIGNOL
Oui, bon ami... oui, bon ami...
dp. lussang, le conduisant dans le salon du fond.
Dame!... à l'agriculture!
BUZONVILLE.
Oh 1... pourquoi à l'agriculture?... non... buvons à l’école
DESRUEL.
Que diable ! on no fait pas comme ^a la conversation... vous
broutez trop dans la main des gens
CHAMPIGNOL
Oui, bon ami... oui, bon ami... (De Lustnng et f7/iampignoJ ! la campagne !... sortent par le fond au milieu ; la porte se ferme sur eux.) j
Et aux demoiselles qui ont la bonté de s'y intéresser î DF.sm.EL, riant.
Crisli !... vous me faites avaler de travers I BUZONVILLE.
Car vous ne savez pas... j’en ai trouvé uno pour mon fils... une demoiselle !... le mariage est décidé 1... J h quittent le guéridon, leur verre ù la main.)
DESRUEL,
Ah I tant mieux !... co brave Théodule !...
buzonville, très-giiment.
Je viens de le présenter... il avait les mains dans ses -poches... et mut aussi... et la demoiselle aussi!... mais bah!... à
BCEMIXVI.
DESRUEL, puis BUZONVILLE et CANUCUE.
bF.smr.L, les regardant sortir.
Ah ça 1 pour qui le prend-il donc ?...
BUZONVILLE. entrant par te fond a gauche dont la porte se ferme.
— Il a deux verres de punch a la main ; a la cuntonnàde ; il est légèrement gris.
Puis jue c'est pour ton bien I...
desruel à paru
Buzonvillo voilà le bouquet !...
buzonville, tres-gai.
Ah! vous voilà, mou bon ami?... mou cher success... succoss... success...
desruel, achevant le mot.
Scur I...
BUZONVILLE.
Merci 1... voilà un mot difficile!...
iif.sruel, à part,
Qu’est-co qu'il a donc?
BUZONVILLE.
D'abord, avez-vous pris du punch?... • des ne ei., étonné.
Non.
MJZONVII.LB. K
Ah! boni... vous n’êtes pas comme Théodule!... voilà onze verres que jo lui bois I... ça l'a mis en gaîté 1 ... (/I fredonne.) Larifla, lia, fia...
( U va poser ses deux verres sur le petit guéridon qu’il apporte au tters du théâtre.) desruel , à part , aoec joie.
Ah I mon Diou !... il est puf I... je suis sauvé !...
buzonville, scs deux verres à la main , tendrement.
Ernest, je vous aimo !...
DESRUEL.
Moi aussi, Buzonvillo !...
BUZONVILLE.
Vous no refuserez pas de trinquer avec votre prédécoss... prédécess... prédécess.
desruel, achevant le mot.
Scur I...
BUZONVILLE.
Allons donc!... j’ai cru que je ne pourrais pas le dire... (fl va à gauche du guéridon.)
desruel, prenant un des verres que Buzonville lui offre, à part. t II a le punch carrelant.
nuzoNViLLE, s'apprêtant à trinquer.
Y êtes-vouo ?...
DESRUEL.
Allez !...
BUZONVILLE, s'arrêtant.
Cn instant!... il faut boite à quelque chose... à quoi allonsnous boire/.»
DESRUEL, à pirt.
Il so croit à la campagne, à présent!..* tout-à-l'heurc, nous allons le coucher.
BUZONVILLE.
Ah ça! et vous?... vos quatre femmes ?... (Il met son verre dans sa poche.)
DESRUEL, à part.
Ma foi !... il a Pair de bonne humeur !... je peux me risquer.. (Haut.) Buzonvillo, proineUoz-nioi do ne pas vous ficher... (/* lui donne son verre, que Busonvitle met aussi dans sa poche.) BUZONVILLE.
i Moi? par exemple!... (Fredonnant tout bas.) Larifla, fla, fla. DESRUEL, natif.
Larifla, fla. fla... eh bien !... c'est... manqué !
BUZONVILLE.
Raté I... comme Théodule 1... ah I ah ! ah ! petit vauriçn !... DESRUEL. à part.
Il est délicieux !... je passerai ma vie à lui payer du punch I i jo le paierai cuumte ça.
BUZONVILLE.
Ah !... c’est raté?...
DESRUEL.
Mais soyez tranquille... fai autre chose en vue.'
BUZONVILLE.
Oh I ça m’est égal maintenant.,, ne vous pressez pas, allez 1 desruel, à part.
Il est charmant!
BUZONVILLE.
Je vais trouver un des syndics de la chambre des notaire*, qui fait son whist... là, au fond... (/I sc dirige vers le fond.) DESRUEL.
Qu'est-cc que vous lui voulez?
BUZONVILLE, revenant à lui, et d’un air aimable.
Je veux lui déposer ma plainte contre vous... (fl va pour remonter.)
df.sruf.l, l’arrêtant.
Par exemple !... M. Buzonvillo!... vous ne ferez pas ça I... BUZONVILLE.
Ernest, jo vous aimo !...
Moi aussi, Buzonville!...
ruzonville, appuyant.
Mais j’ai prom's une dot pour Théodule... où sont vos capitaux?... Voyous ces petits capitaux ?...
DESRUEL.
Accordoz-moi quinze jours ?
BUZONVILLE.
Non! non!
DESRUEL, suppliant.
Huit?..
BUZONVILLE,
Des navels I»,
DESRUEL.
Comment!... des navets?...
15U7.0NVILLE.
Ou du flan !... les deux peuvent so dire... demandez à Théodule.
cxnuche, paraiuant au fond à droite, une glace à la main, et apercevant Desruel.
OH ! mon rival I... (Il s’arrête sur le seuil de la porte et mange sa glace en écoutant )
DESRUEL.
Voyons, père Buzor^ille !...
buzonville, à Desruel,
Tenez, voulez-vous que je vous dise?... vous manquez d’initiative... Savez-vous comme ni j'ai épousé madame... [Il cherche le nom et ne le trouve pas.) ila femme... moi, qui vous parle?..
desruel.
Non.
MJZONVIB.
Inutile de dire que je l'aimais comme un notaire insensé !... elle avait tant de qualités!... 250 mille I
DESRUEL.
Oui, en bons du Trésor.