CONCLUSION
"Restons chez nous", "Emparons-nous du sol", voilà les deux phrases que je laisse pour les méditer sérieusement à mes compatriotes, les Canadiens-Français de la province de Québec, en terminant cet humble travail.
"Restons chez nous" notre chez nous, le chez nous de nos pères ; plus tard le chez nous de nos enfants et nos arrière petits enfants.
"Emparons-nous du sol" Transformons en une mer d'épis dorés cette terre si riche de notre province.
Canadiens-Français ne quittez pas vos fermes pour aller vivre dans les villes, au milieu de la poussière des manufactures et du cri strident des usines, mais si la terre paternelle ne peut donner place à tous les frères, si pour une raison quelconque vous devez abandonner le sol natal, venez au Timiskaming, venez dans l'Abitibi.
Vous agrandirez et enrichirez le domaine de la province, vous augmenterez sa population, vons vivrez au milieu de vos charitables compatriotes, vous parlerez notre belle langue française, vos enfants l'apprendront ainsi que leur religion dans des écoles dirigées par des instituteurs catholiques.
Profitez des bonnes dispositions de nos gouvernants et venez tra" vailler à l'accroissement de notre immense pays comme le bon père de famille travaille à l'accroissement de son patrimoine. Venez fonder là-bas une province aussi grande, aussi riche que celle de Québec, à elle en tout semblable et par les idées, les sentiments, la langue, les mœurs et la religion.
L'histoire connservera vos noms, vaillants défricheurs, et plus tard, lorsque le visiteur parcourera vos belles paroisses, lorsqu'il verra les églises élevant leurs clochers vers le ciel, les écoles remplies de vos petits enfants, balbutiant l'alphabet français, il rendra hom-
mage aux pionniers du Timiskaming et de l'Abitibi en disant ; ceux-là étaient de vrais patriotes.
C'est une œuvre religieuse et nationale que nous accomplissons ; à nous les braves, les valeureux colons, à nous les vrais patriotes.