‹ Un nouveau champ de colonisation [microforme]Chapitre 17 sur 21 · LE VOISINAGE D'EDMONTON · texte numérisé non relu

LE VOISINAGE D'EDMONTON

Profitant du passage en cette ville d’un homme pour qui le Nord-Ouest n’a plus de secret, nous avons pris sur cette région d’Edmonton qu’on considère comme la Terre Promise, des renseignements qui ne seront pas, Croyons-nous, sans quelque intérêt pour le lecteur. C’est sur ce point des Territoires qu’on trouve les fermes les plus anciennes, mais c’est d’une dizaine d’années seulement que date le développement qui y caractérise l’agriculture. Or, depuis cette époque il ne s’y est jamais produit, de quelque cause que ce soit, une seule disette complète ; la sécheresse de 1889 est la scule dont on ait mémoire, ce qui n’a pas empêché la récolte d’être assez bonne.

La grêle n’a jamais fait que des dommages fort circonscrits : trente-cinq arpents de grain en tout ont été de ce chef détruits cette année, mais pas un seul ne l’a été l’an passé.

L’avoine n’a jamais eu à souffrir de la gelée ; quant au blé s’il a été éprouvé en 1884 et 1887 il n’a pas éprouvé le moindre dommage en 1882, 83, 85, 86, 88, 89 et 90.

La neige varie de six pouces à deux pieds et demi. Parfois le froid est rigoureux mais de ce côté les blizzards ne sont pas connus du tout et les ouragans ne le sont guère, de sorte que les habitants peuvent travailler ou voyager à l’aise tout l’hiver.

Le'rendement des terres varie tellement suivant les saisons et les modes de culture qu’on n’en saurait donner de moyenne exacte, Moins que vingt minots de blé et quarante minots d'avoine à l’arpent est une bien pauvre récolte, Il arrive toutefois que le blé rende 40 minots et l’avoine 110 minots. Le foin est abondant depuis des années.

Le prix des chevaux varie de 850 à 8200 ; celui des vaches de 830 à 875; celui des moutons de 85 à #25.

Le défrichement dans la prairie coûte de $4 à 85 et naturellement un peu plus dans les terrains où il y a des taillis.

Une lieuse coûte 8205; un semoir de #115 à #135. La construction du chemin de fer l’an prochain aura pour effet de réduire ces prix respectivement de 825 et de #15.

Jusqu'à ce jour la vente des produits a été re:.reinte au marché local et les prix ont beaucoup varié ; on ne peut dire ce qu’ils seront l’an prochain quand le chemin de fer aura été complété. Le blé s’est vendu de 80 cents à 82.50 ; l’avoine de 30c. à $1.50 ; le bois brut de #15 à 820 le mille pieds ; le bardeau $4 le mille. La fourniture des traverses de chemin de fer promet de l’ouvrage aux colons tout l’hiver.

Les semailles se font du ler au 25 avril, mais généralement dans la première semaine du mois. C’est par exception qu’il arrive que le vent souffle en tempête, à quelque époque de l’année que ce soit.

L'ELEVAGE DES MOUTONS.

Alberta est par exceltence le pays du mouton de l’Amérique du Nord. Il y a sur le plateau et les terres de prairies ondulantes qui se trouvent à l’est et au nord-est de Calgary, un

‘pays capable d’héberger dix millions de moutons—un pays d’herbes succulentes et épaisses tel que le requiert le développement du mouton—ceci en sus de limites destinées aux ranches de bestiaux plus considérables.

Pour l’homme qui veut se dévouer à cette industrie dans Alberta, avec un capital de trois ou cinq mille piastres (on peut aussi se livrer à cette exploitation avec un moindre capital et réussir) et qui donnera tous Ses soins à ses troupeaux, qui usera de son jugement pour faire donner au mouton la laine et la chair qui commandent les plus hauts prix du marché, une fortune est assurée, et cela, avant peu d’années.

Le premier troupeau considérable de moutons a été importé de Montana en 1884 ; pendant les années qui ont suivi il en a été amené d’autres plus nombreux et on estime qu’il y a aujourd’hui plus de quarante mille moutons dans le district. Les pertes durant l’hiver ont été très légères, elles n’ont pas excédé deux pour cent, :

Quant à la race de moutons la plus profitable, les opinions varient, toutes les espèces payent bien quand elles sont bien soignées., Pour les troupeaux considérables, mérinos avec mérinos vont bien, Les mérinos Leicester ont le plus de valeur peut-être, tant pour la chair que pour la laine. D’autres pen-

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