LE CERCLE PAROISSIAL
Pour réagir contre cette tendance désastreuse, attirer et grouper en grand nombre les jeunes catholiques, on eut recours, dans les villes, au cercle paroissial. A grand frais, on aménagea de vastes salles où les membres, se distribuant à leur goût dans les diverses sections (douze ou même quinze en certains cercles), s'exerçaient surtout dans les jeux et fréquentaient moins assidûment la bibliothèque et la section intellectuelle. En général, les jeunes gens se récréaient très bien au cercle paroissial et, pendant leurs quelques années de séjour, se trouvaient en relation avec le prêtre et temporairement protégés contre les influences extérieures.
Les résultats ne furent cependant pas ceux qu'on attendait de cette institution. Au lieu de former des jeunes catholiques dont la valeur se faisait sentir dans la vie civile, on s'aperçut qu'on préparait
l-On lisait dans le Semeur de décembre 1917: «Après avoir fait une superbe campagne, depuis une couple d'années, contre l'engouement des catholiques pour le Y. M. C. A., la revue The Queen's Work, de Saint-Louis, Missouri, s'efforce de découvrir le genre d'association qui conviendrait le mieux à la jeunesse catholique des États-Unis. Sous le titre: A new Type of Association for Young Men, la revue américaine consacrait douze colonnes de texte, dans sa livraison de novembre, à un article illustré sur l'A. C. J. C. » Cet article, dont notre aumônier général est l'auteur, aurait pu prendre une autre tournure, s'il s'était adressé à des lecteurs de la province de Québec, où l'A. C. J. C. est bien connue. On a insisté néanmoins pour en avoir la version française. Nous la publions dans ces pages.
plutôt des recrues aux salles de quilles, de "pool" et de billard, aux clubs de hockey, de crosse et de base-bail. Après une couple d'années, pendant lesquelles ils acquéraient la compétence dens leur jeu favori, les jeunes gens trouvaient un bon matin que la salle du club paroissial était trop modeste pour leurs ambitions et leurs aptitudes, et ils la quittaient pour fréquenter les salles publiques où Ton joue pour de l'argent, où il y une buvette licenciée, où la liberté est plus grande parce que le prêtre n'a rien à y voir.