YvoN, op
5. 11 parait qu'Yves de Cliarties s'otonnait d(» ce que les reli^'ieux de Marmoulier faisaient difficulté d'obéir à leur abbé.
^«v LE CONTINUATEUR DE GREGOIRE VII.
».;^ mo iii^K^rlant fut rendu par les deux princes Boëmond et \v>^»r. en faveur des immunités de Bantino*. Ce diplôme avait ^,|^* jiiwvUè, sans doute peu de temps auparavant, par deux U'itrvs |Kmlitîoales, Tune exemptant de la juridiction épiscopale V tiK>aastère de Bantino, l'autre affectant des indulgences à ÙM visite ilo ce même monastère^.
■ >vitis son voyage en Calabre, Urbain II était accompagné k\< Bruno, le fondateur des Chartreux, qu'il avait appelé près Jv lui. ilans le cours même de cette année 1089, pour être un Je ^0* intimes conseillers. On se souvient de l'écolàtre de lu4ms qui avait eu jadis pour disciple le jeune Odon de Lageri. 1,^ matlro et l'élève avaient tous deux quitté le monde. Celuilà. ivtirr depuis six ans dans les solitudes sauvages du DaunUiuô, y renouvelait en Occident la vie merveilleuse des preiiiiors Pères du désert, des Hilarion et des Antoine. Et tandis %[\\v 1<* second, devenu Pontife suprême, combattait pour la liborté de l'Église, le premier subissait l'esclavage et l'immolait ion volontaires, sur la montagne, pour le triomphe de son Jiîioiple.
Trbain ne se contenta pas des souffrances de Bruno ; il voulu I ses lumières. Quoiqu'il s'en fallût peu que son départ ne ïlïBpersiU pour jamais les premiers-nés de son institut, Bruno ^iln'it. Et qui sait si ce grand acte d'obéissance qu'il fît en acceptant de tout quitter à la voix du souverain Pontife, ne valut pas au père de la Grande-Chartreuse d'asseoir pour des siècles une fondation qu'humainement on eût cru finie ? En Tannée 1089, il traverse avec le Pape le pays des Normands t*t il donne ses conseils à celui qui ne voulait aller chercher ses inspirations qu'auprès des saints moines. Ce qui prouve la présence, à ce voyage en Calabre, du fondateur des Chartreux, c'est qu'à partir de cette époque, la sainteté de cet éminent
L Baromls, ad ann. 1090.
2. La lettre est dans Migne, CLI, 363. La 2* aussi dans Migne, CLI, 3fô, et dans l f-i[ELLi, It, sacr.y t. VII, 27. Jaffé date ces deux lettres, l'une peut être d'août l(i!«3, l'autre de septembre de la même année. Nous suivons dom Ruinart qui nicl la conséci-alion de Bantino en 1088 et les deux lettres en 1000.
personnage commence à jeter un vif éclat dans le pays. Peu de temps après, le comte Roger le veut combler de ses largesses et lui offre, afin de le retenir dans ses domaines, une vaste étendue de terrain, où Bruno, en effet, se fixera Tannée suivante, avec plusieurs de ses disciples.
L'archevêque Arnoul, titulaire de Reggio, venait de mourir. Roger, de concert avec le Pape, proposa au saint chartreux de prendre sa succession ^ Mais, si Bruno consentait à rester en Italie pour être plus à la portée du souverain Pontife, il voulait y vivre en moine. Son refus de la dignité épiscopale fut sans appel. Même il parvint à faire nommer à sa place un de ses plus brillants élèves de Reims, Rangier, un religieux de la Cava, qui, plus tard, devint cardinal. Pour sa part, il obtint de se retirer dans Fermitage de la Torre, au diocèse de Squillace.
C'est du fond de cette solitude calabraise qu'il écrivait au prévôt de l'église de Reims, Raoul le Verd*, la lettre dont nous avons parlé au début et dans laquelle il vantait à son ancien ami les charmes du désert, les splendeurs de la nature sauvage et l'enivrement de la conversation solitaire avec l'Infini. Sans nul doute, il préférait sa Chartreuse à toutes les dignités du siècle. Il l'aurait même chérie plus que la compagnie du suprême Pontife, s'il lui eût été permis : « Sachez, mes frères, écrivait-il à ses religieux, que mon unique désir, après Dieu, est de retourner vers vous, ce que je ne manquerai pas de faire dès que je le pourrai ».
Urbain II le laissa libre de satisfaire ses aspirations vers la solitude, et il retourna à Rome. Tandis qu'il traversait le royaume de Naples, il eut une nouvelle occasion de manifester sa paternelle bienveillance pour le Mont-Cassin, en approuvant la donation faite à ce monastère de l'église de Saint-Denis, sise dans le comté de Télésia, par le seigneur Baudoin, maître du fort Pont-Saint-Anastase'^