‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 139 sur 356 · Tamburini, De jure abb., t. II · texte numérisé non relu

Tamburini, De jure abb., t. II

précédente, le 16 avril, il envoya à Bernard, abbé de Marmoutier S une confirmation de privilèges dont Victor III avait doté son monastère, mais avec la condition que Tabbé nouvellement élu serait consacré gratis par Tarchevêque de Tours, et sans Tapparence de la moindre profession entre les mains de Tévéque consécrateur^. Certains évéques exigeaient alors, des abbés qu'ils bénissaient, une profession que ceux-ci ordinairement refusaient, les abbés non exempts, parce qu'ils y trouvaient je ne sais quoi de simoniaque, les autres parce qu'ils Tcstimaient une atteinte à leurs droits d'exemption de la juridiction épiscopale.

Le même bref assurait protection à la vie régulière des moines contre certains abus qui s'étaient glissés, quand, en vertu d'un vieil usage, l'archevêque et le clergé de la ville venaient célébrer les fêtes de Pâques au monastère.

De la lettre du Pape, il surgit une irritation des séculiers contre les religieux, animosité qui ne s'éteindra qu'au concile de Clermont, mais pour reparaître encore après la mort d'Urbain II, comme on le peut voir dans Yves de Chartres"^.

L'abbé Bernard voulait quitter le gouvernement de son monastère, parce qu'il redoutait qu'il ne se fût glissé une irrégularité dans sa consécration; c'était sans doute la profession qu'il avait consenti à faire avant de recevoir la bénédiction épiscopale*. Mais le Pape lui donna l'absolution de l'irrégularité qui aurait pu exister, à la condition que l'abbé se livrerait plus que jamais au salut de ses frères^.

Cette sacrilège simonie avait appauvri le monastère de Bantino, par le fait de plusieurs évêques qui en avaient usurpé les biens, achevant ce que les spoliateurs normands avaient commencé. A cette époque même, au mois de juillet, un di-

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