‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 144 sur 356 · Pontiflcem se oblitus... • Boll., ut infrà · texte numérisé non relu

Pontiflcem se oblitus... • Boll., ut infrà

accorda en particulier aux abbés de la Gava, dans toute Tétendue de son duché, le droit de gracier les condamnés à mort, ceux spécialement qu'ils rencontreraient conduits au lieu du supplice K Ouvrant à son tour les trésors du ciel, le Pontife romain attacha, s'il faut en croire certains documents, de nombreuses indulgences à la visite de Féglise consacrée ^. Par son ordre une inscription lapidaire fut placée dans Téglise ^. La cérémonie iinie, tandis que la foule descendait dans la plaine et la couvrait d'une masse noire et compacte, le Pape et les cardinaux se retirèrent dans le cloître, et là, Urbain parla ainsi aux moines : i€ Pensez, frères, quelle dignité et quelle majesté dans ce religieux que Dieu a délivré des flots du siècle pour le faire reposer tendrement dans le sein de la religion! Au regard de votre esprit épuré par la discipline monastique, comme toutes choses humaines sont fluides, étroites, caduques, pleines d'erreur et de vide! Quoique vivant sur la terre, vous tenez déjà du ciel et figurez par avance au nombre des bienheureux. Votre bure, voilà le véritable ornement, les seuls insignes qui vaillent la peine d'être admirés! Car le bâton d'or dont je me sers, pour signifier la majesté du commandement, n'en dissimule pas moins les soucis écrasants et un estomac dégoûté. Aussi gardez ce que vous avez, et que personne ne prenne votre couronne *. Et notre fardeau, frères bien-aimés, si vous ne le portez avec Tautorité, soutenez-le de vos prières et plaignez-moi de tout votre cœur ^ ». Et pour finir, bénissant les moines, après les

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