V. Jaoer, Hisl, eccl.y t. VI, p
rent quelques compagnons, et le nouvel ordre ^ d'abord simple confrérie de séculiers, devint, sous Boniface VIII, le monastère des chanoines de Saint-Antoine.
Ces événements de France n'avaient pas laissé le Pape indifférent. Il était toujours particulièrement sensible aux maux qui affligeaient sa patrie et on se le ûgure volontiers, au milieu de toutes ses sollicitudes pour toutes les églises, portant le meilleur de sa tendresse vers la fille ainée de TÉglise qui était en même temps sa mère.
Dès son élection au siège pontifical, il avait écrit à Tarchevêque de Reims, Renauld du Bellay, pour le supplier de venir au plus tôt pour sa visite ad limina. Pourquoi désirait-il cette entrevue ? C'était sans doute pour parler plus à Taise des églises de France et des intérêts du royaume 2.
Renauld partit vers le milieu de l'année 1089 3, et c'est par lui
vraisemblablement que le roi de France, Philippe, envoya au Pape
ses lettres d'obédience et de complète soumission. Renauld
du Bellay jouissait d'ailleurs d'un grand crédit auprès du roi.
elon toute apparence, il resta jusqu'à la fin de l'année à Rome.
Urbain y rentra pour célébrer les fêtes de Noël. L'archevêque
de Reims et son église allaient recevoir de lui une confirmaiion de
privilèges de la plus haute importance. Voici la lettre, datée du
25 décembre, que le Pape écrivit alors à Renauld. Elle est,
pour la métropole de Reims, un trop beau fleuron de couronne
pour que nous ne la citions pas, au moins en grande partie.
« Urbain évoque, serviteur des serviteurs de Dieu, à notre très
cher frère Renauld, archevêque de Reims, et à ses successeurs
légitimes à jamais.
1. Les membres de l'Ordre avaient comme emblème sur leurs vêtements un thau d'azur, peut-être l'image du bâton dont saint Antoine se ser>*ait dans le désert, peut-être aussi une allusion à cette parole d'Ezéchiel :• Omnem autem super quem videritis thau, ne occidatis ■. Ezi^ch., IX, 6.