‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 17 sur 356 · Ltox Gautier, La Chevalerie, p · texte numérisé non relu

Ltox Gautier, La Chevalerie, p

Eudes ou Odon. Eut-il pour parrain quoique pauvre mendiant, comme il arrivait parfois aux riches du moyen âge de s'en choisir un pour leur enfant, « afin de se rappeler que les pauvres étaient vraiment leurs frères * » ? Toujours est-il (pie Timagination se représente volontiers, dans le bruyant cortège qui revient des fonts, quelque ange chevaleresque, un saint Michi^l, revendiquant le titre de parrain et couvrant du chrémeau cette chétive tête prédestinée à la tiare.

On ne sait rien des années d'enfance d'Odon. Il est probable que de bonne heure 'il vint à Reims dont son père, avec h* seijl^eurde Bazôches, était vidame^, ot dont il avait fait sans doute son quasi-domicile. L'archevêque de Reims était alors Gui de Châtillon, et si l'on admet la parenté, très vraisemblable d'ailleurs, entre les Châtillon et les Lagery"^, on s'explique mieux encore la présence du jeune Odon dans la vieille cité rémoise.

L'enfant fut sans doute témoin de l'arrivée du Pape saint Léon IX qui vint faire la translation des reliques de saint Rémi, à Reims, consacrer la basilique du même saint et y tenir un concile. C'était en 1049. Odon pouvait avoir environ sept ans. Pcutt'tre vit-il l'illustre pontife porter sur ses propres épaules la châsse de l'apôtre des Francs, dans Tintérieur de la basilique, depuis le tombeau jusqu'à l'oratoire de la Trinité. Peut-être s'inclina-t-il devant l'auguste physionomie du Pape qui se montrait de temps en temps aux fenêtres de la maison où il logeait, près de Saint-Remi, pour donner à la foule massée sur la ])lace la bénédiction pontificale». Qui sait si les événements du concile ne» vin-

l. Léoji Gautier, La ChevaUrie, p. 116.

1 Le vidaino, viceniominus^ était le défensour toniporol de l'évc^ché. ChiUiUon, loiit en dépondant do l'évéché de Soissons, était un fiof do Pégliso do Reims.

3. Le comte de Barthélémy {Revue de Champagne et de Brie, juin, p. 1 19, Paris, 1^2) nie cette parenté on s'appuyant sur lo silence de Gui do Bazochos qui, di'scendant lui-mAme de la famillo de Châtillon, n'aurait pas manqué do revendiquer l'honneur d'être lo parent d'Urbain II si les Lagory eussent ou un lion comiimn avec Ch&tillon. Mais ce silence n'est pas une preuve péremptoire. Du reste, la parenté de Gui de Bazôches avec la famille do ChAtillon, d'après André Duchesne, ne serait guère plus fondée, puisque cet historien dit n'avoir pas encor*^ bien réussi à souder la branche des seigneurs do Bazôches avec l'arbro do la maison de Châtillon. (Cf. la note intéi*ossanto do M. l'abbé Coupant sur ce sujet dans le Bulletin du diocèse de Reims, 15 juillet 1882, p. 331.)

r# LE MOIXE.

ri'ril pas frapper si-s onnll*^ dfnfant encoiv incapables de les ♦•fil^fndre? Il est à crtûre qu»* le sjM*ctacle de la Papauté, environnée de la pi>mpe extéri«*ure v\ r»'ha«ss«M* du prestige de la sainteté, marqua dans son âm«* îdors incontsciente la preniièn» empreinte de .s«m ardent amour |K:»ur TEglise.

A ce concile assistait le crlèlire Hugties, ahlx* de Cluny, dont plus tard Odon devait être le disciple. Hugues et Léon IX apparaissaient dans les Gaules pour frapper le vice de la simonie sans songer que là, près d'eux, grandisstût dans le silence un enfant prédestiné qui en serait un jour l'irréconciliable ennemi.

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