Gaucher) Pergit ad ipsum dominum
regem Ilenricum tercium de quo Cameracensiuni suscepit episcopium.
Quo accepto fit gaudiuin per regale palacium :
nam incipit rex Te Deum et sequitur corus eu m.
Gesla Galcheriy P. dk Suedt, p. 18.
beau de» saints Apôtres, leur premier soin fut de tenter une entrevue avec le souverain Pontife.
Comme il était toujours difficile d'atteindre le Pape qui demeurait près de Sainte-Marie-Neuve, dans une forteresse bien défendue S laissant ses compagnons à Saint-Pierre, Lambert se rendit seul, le lendemain de très bonne heure, auprès de Sa Sainteté. Quand il arriva devant la personne du Pontife, il se jeta à ses pieds et le supplia avec larmes d'annuler son élection. II s'en fallait, disait-il, qu'il fût personnellement à la hauteur d'une si lourde tâche. Ce serait pour lui, dénué de tout dans cette église d'Arras ruinée par tant de déprédations, entrer dans la gueule du loup que d'accepter le voisinage de Cambrai où clercs et laïques, tous puissants et influents, continueraient leurs vexations contre lui, à l'instigation de l'empereur excommunié. « Mon frère, lui répondit le Pape pour l'exhorter à accepter le sacrifice, les souffrances de ce monde ne sont rien à côté de la gloire à venir qui doit nous être révélée. » Puis il ajouta, dit le chroniqueur 2, d'autres paroles d'encouragement et de consolation.
Enfin, avec sa charité accoutumée, le Pape s'étant informé des compagnons de l'évéque et ayant appris qu'ils étaient demeurés sous le portique de Saint-Pierre, chargea Daimbert de Pise et Pierleoni de leur procurer une hospitalité convenable. Dans la suite, Lambert et les siens eurent toute la liberté de s'approcher du trône pontifical.
Après qu'on eut vainement attendu, un mois entier, le message de Cambrai, Urbain, en présence des cardinaux et des évèques, se fit donner lecture de tous les documents relatifs à la restauration du siège d'Arras et fixa un jour pour l'ordination de Lambert.
Ce fut le dimanche Lœtare^ qui était le 19 mars 1094, que Lambert, résigné aux arrangements de la Providence, reçut le sacre pontifical des mains du seigneur apostolique Urbain, dans
1. « Inquàclam flrmissimamunitionc moratur. » Bernold, C/iron., M,G.SS., V, 458, ad ann. 1094.