S. Anselme, op. 33, 1. II. Voir encore ep. 37, 1. III
5. « Salva diiectionis inclytse reverentia >. Micne, CLI, 388. .
Un autre démêlé regrettable avait surgi au même temps entre l'archevêque de Vienne et l'évêque de Grenoble au sujet de l'archidiaconé de Salmoriac,sur lequel les deux prélats revendiquaient simultanément des droits. Hugues de Grenoble, jusfju'alors en paisible possession de ce bourg, se l'était vu disputer par Gui de Vienne qui, ne réussissant pas à faire valoir ses prétentions, avait fait occuper Salmoriac par ses troupes. Les chanoines de Grenoble en appelèrent à Rome. Urbain donna à Hugues de Lyon, son légat, pleins pouvoirs. Dans la lettre qu'il lui adresse, il met en relief le prestige de rarchevêque de Reims, quand il dît à Hugues : « Nous avons confié simplement à votre zèle le soin de porter nos responsabilités et de traiter nos affaires. Mais pour le bien de la paix et la facile solution de ces questions, nous avons pensé qu'il vaudrait mieux, pour vous, prendre les avis de notre frère l'archevêque de Reims qui a, plus que personne, crédit auprès du roi...; il importe que vous exerciez vos fonctions de légat avec son conseil, dans la mesure où Dieu vous en procurera le moyen, pour saper, avec la faux de la divine parole, les multiples ramifications du vice *. »
Cependant avant que le Pape eût eu connaissance de l'affaire, Gui, prenant les devants, lui avait demandé la confirmation générale des biens de son église, sans faire mention du différend. Urbain l'avait accordée avec d'autant moins de réserve qu'un évoque prédécesseur de Gui avait obtenu les mêmes faveurs de Grégoire VIL Mais sitôt qu'il connut les dessous, il cassa le privilège subreptîce et en informa le légat et l'évêque de Grenoble.
A son voyage en France, Urbain II assigna* à Gui de Vienne le château de Romans comme lieu de rendez-vous où serait jugé définitivement le conflit relatif à la terre de Salmoriac. Hugues de Grenoble fut fidèle au rendez-vous. Il était venu ployant sous le poids des chartes et des vieux titres 2. Mais Gui, redoutant sans doute de perdre sa cause, avait fait cerner par ses troupes la forteresse où se trouvait le Pape, et aurait menacé de l'enle-