MiosE, CLI
3. « Condescensione misericordi» rigorem justitise tempérantes ». Mabillon. Annal, bened.y V, 280.
« Vous avez si mal géré les intérêts de l'abbaye de Saint- Riquier, autrefois si florissante et si prospère, que vous avez dépouillé son église de ses riches ornements et exilé un grand nombre de moines qui censuraient votre conduite. Aussi méritenez-vous comme juste châtiment, pour avoir malmené les brebis du Christ et appauvri la sainte Église, d'être privé de toute dignité ecclésiastique. Toutefois (en quoi l'esprit mesuré du Pontife apparaît), pour que nous ne paraissions pas vous infliger double peine, contentez-vous de l'évêché d'Amiens, que vous avez, du reste, obtenu d'une façon si peu régulière, et cessez de prétendre à l'abbaye de Saint-Riquier. Les religieux jouiront de leur indépendance dans leur droit d'élection de l'abbé. Ainsi nous vous enjoignons cet ordre au nom de l'Esprit-Saint ^ »
Ce même esprit de justice et de modération accompagna le Pape dans la réponse qu'il fit aux réclamations légitimes de Tévêque de Maguelonne. Celui-ci se plaignit au concile des injustices qu'il avait à subir de l'abbé Pierre d'Aniane. L'abbé, sans souci de son propre évêque, invitait des évêques étrangers à consacrer des églises et à remplir d'autres fonctions épiscopales dans son propre monastère. Il allait même jusqu'à absoudre de sonchef les excommuniés. Urbain fit prompte litière de ces audaces, mais il crut toutefois devoir confirmer les privilèges du monastère d'Aniane 2.
Ce fut aussi le jour de la clôture du concile qu'il défendit chaudement les chanoines de Romans contre l'archevêque qui en était le prévôt : <c Notre frère ^ l'archevêque de Vienne, écrivait-il au clergé et au peuple de Romans, a refusé avec