‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 209 sur 356 · Cf. Hisf. lut. des Hénéd., VIll · texte numérisé non relu

Cf. Hisf. lut. des Hénéd., VIll

cherche les dignités en dépit du mérite personnel et que Técrivain sacré nomme Torgueil de la vie. Triple concupiscence particulièrement effroyable dans ses suites lorsqu'elle atteint ceux qui doivent être le sel de la terre et la lumière du monde.

Quant aux canons qui portent défense des investitures, il faut les entendre de Tinvestiture non des fiefs mais des bénéfices, c'est-à dire de la collation du titre et de la juridiction spirituelle. Yves de Chartres * déclare avoir entendu cette interprétation de la bouche d^ Urbain II lui-même, que le concile défendait aux rois seulement de donner Tinvestiture des bénéfices ecclésiastiques, mais quHl ne leur interdisait pas de prendre part aux élections en qualité de chefs du peuple^.

Plusieurs décrets furent ensuite rendus concernant différentes églises particulières. La primatie de Lyon fut alors définitivement reconnue. Hugues, archevêque et légat apostolique, depuis son arrivée sur cet illustre siège, avait mis tout en œuvre pour en relever l'honneur. Déjà Grégoire Vil avait rendu une ordonnance en faveur de la primatie de ce siège sur les quatre provinces de Lyon, de Rouen, de Tours et de Sens. Richer de Sens, présent au concile, fut invité à souscrire au décret de Grégoire VII. Après six jours de tergiversation, malgré la longanimité du Pape qui lui laissa le temps de réfléchir, tandis que ses suffragants se soumettaient, il continua d'hésiter et fut condamné : on lui retira Tusage du Pallium et sa cause fut perdue 3. La même peine fut édictée contre Guillaume, archevêque de Rouen, absent du concile, si, dans l'espace de trois mois, il n^avait pas fourni sa promesse de soumission par écrit. Comme l'archevêque de Tours avait obéi depuis longtemps, la cause fut ainsi jugée et la primatie de Lyon décidément reconnue.

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