non reliabebo proptcr hoc eum
2. « Percgrinatores mcdii aevi quatuor. • Ricoldus. Laurent. Lipsiaî, 1873, p. 131 l't seq.
3. Cette question est longuement étudiée dans Qu\iiesmius, Elvicidalionù Terrœ sanctœ, lib. 1,81 sqq.
cela prouve qu'il s'y est complu mais sans en faire dépendre sa propre béatitude. Il n'a besoin de rien, il trouve en lui sa propre suflisanee et sa perfection, dit saint Denys TAréopagite, et les choses créées sont plus parfaitement en lui qu'en elles-mêmes ^
Quoi qu'il en soit, Dieu, qui se sert des méchants pour accomplir ses œuvres et qui fait d'eux le marteau dont il écrase les peuples, jugeait que l'heure était venue de briser le marteau à son tour ^.
Il y avait par le monde un immense pressentiment. Aussi bien l'imagination populaire accueillait-elle tous les pronostics. Quelque temps auparavant, en Allemagne, on avait vu pleuvoir de la chair avec du sang, et, sur les rives du Danube, on vit du pain rompu suinter une humidité sanglante ^. En 1095, au mois d'avril, à la pointe du jour, on vit d'innombrables étoiles tomber du côté de l'Occident ^. D'autres disent encore que des pluies d'étoiles tombèrent de tous les côtés du ciel sur la terre ^.
Les signes extraordinaires d'ailleurs ne seront jamais si fréquents qu'à cette époque. Ainsi la Chronique d'Ekkehard dit qu'en 1096, on vit une comète jeter vers le midi une longue traînée de lumière comme une lame d'épée ^. En 1098, ce furent des nuées rouges de sang qui, se levant à la fois de l'Orient et de l'Occident, se rencontrèrent au milieu du ciel. Le chroniqueur lui-même assure avoir vu souvent des torches enflammées voler dans les airs, des cavaliers chevaucher dans le ciel et lutter les uns contre les autres durant de longues heures. Un prêtre voyageant en plein jour dans une forêt avec deux compagnons vit s'élever dans les airs, avec la rapidité du vent, sans qu'on pût savoir de quel endroit il sortait, un glaive d'une longueur in-
L DioNYs., De div. nom,, c. v.
•2. Jérémie, L, 23.