discours
« N'ayez cure de ce qui vous arrivera demain, car rien ne manque à ceux qui craignent Dieu ni à ceux qui l'aiment dans la vérité. Les biens de vos ennemis seront à vous, vous rentrerez victorieux dans les vôtres ou bien, empourprés de votre sang, vous recevrez la palme des braves. Vous devez combattre sous un chef à qui le pain ne peut manquer et qui a de quoi payer un salaire. Le chemin est court, Teffort facile et la couronne inflétrissable. Et maintenant je parle à la façon du prophète : O homme, suspends le glaive à ton côté, comme un vaillant ^ ! Armez-vous, armez-vous, dis-je, et soyez des fils de puissance, parce qu'il vaut mieux pour vous mourir dans la guerre que de voir les maux de notre race et des choses saintes ^... Vous qui partez, tandis que nous étendrons sans trêve nos mains suppliantes vers le' ciel avec Moïse, vous, avec intrépidité, tendez le glaive contre Amalec.
« Allez vous illustrer par le monde, fiers chevaliers, allez abattre à vos pieds la lâcheté de l'Orient. Qu'elle se soulève, cette fameuse bravoure de France, avec les nations voisines, capable, au seul bruit de son nom, d'ébranler l'univers .
(( Mais, qu'ai-je besoin d'essayer plus longtemps d'amoindrir à vos yeux la puissance des Gentils? Mettez-vous en esprit devant la parole du Maître : Elle est étroite la voie qui mène à la vie^. Soit. Le chemin que vous allez prendre est resserré, rempli de menaces de mort et environné de périls. Mais c'est le même qui conduit à la patrie, car ce n'est qu'à travers mille tribulations qu'on peut parvenir au royaume de Dieu. Regardez donc, si vous prenez la croix, regardez les chaînes, et tous les tourments possibles, envisagez, dans la mesure de votre foi, les plus horribles supplices qui vous feront peut-être perdre votre vie pour sauver votre âme, et alors ne craignez pas de mourir, audacieux et forts comme vous êtes ! Non, la malice humaine ne pourra imaginer de torture contre vous qui ne soit infiniment compensée par la gloire d'en haut, car il n'y a aucun rapport avec
J. Ps. XLIV.