‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 229 sur 356 · Matth., VI, M · texte numérisé non relu

Matth., VI, M

les souffrances de ce tempç et la gloire future '. Ne savez-vous pas que la vie est un malheur pour Thomme, et que mourir c'est être heureux? Ces principes, vous les avez reçus avec le lait de votre mère, l'enseignement de TEglise et Fexemple même des martyrs. La mort délivre lés âmes de leur prison fangeuse et leur donne des ailes pour s'envoler, suivant leurs mérites, jusqu'au lieu qui leur convient; elle hâte pour les bons l'entrée de la patrie, elle met un. terme pour les méchants à leur malice... Que personne ne se laisse- retenir par l'attache au sol natal : pour le chrétien, le monde entier est une terre étrangère, comme le monde entier une patrie, en sorte que notre pays est un lieu d'exil et l'exil de notre pays. Que l'importance de vos patrimoines ne soit pas un obstacle, car plus importants sont les biens à venir... Voilà ce que je demande. Et je fixe comme terme du délai, pour le départ, le printemps prochain. Que Dieu accompagne ceux qui partiront, pour faire que l'année leur soit souriante et bienfaisante, le temps serein et la moisson abondante. Les mourants entreront dans les parvis du ciel, les vainqueurs verront le divin Sépulcre ^.

« Pour nous, confiant en la miséricorde de Dieu et appuyé sur l'autorité des bienheureux apôtres Pierre et Paul, nous accordons d^extraordinaires indulgences pour la rémission des péchés à tous les chrétiens qui entreprendront le pèlerinage et s'armeront contre les infidèles. Ceux qui mourront là-bas, dans les sentiments d'une véritable pénitence, sont assurés du pardon et de la récompense éternelle^. En attendant, nous recevrons comme de vrais fils d'obéissance, sous la garde de l'Église et la protection des bienheureux apôtres Pierre et Paul, ceux que l'ardeur de la foi enflamme pour les saints combats, et nous mettrons en sécurité, à l'abri de toute inquiétude, leurs biens et leur personne.

c< Celui qui serait assez téméraire pour leur nuire, encourrait

L Rom., VIII, 18.

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