Belle expression des moines de Saint-André, VII
4.. • In fronte sua sive in pectore praefcrat ». Rob. Mon., op. cit., p. 730. 5. « Inter spatulas (scapulas) rétro ponat ». Ibid, On portait encore la croix sur Tipaulc droite, « in vestibus suis a dextera scapula signum sanct» crucis •.
accorda principalement, comme sanction spirituelle, la rémission des pénitences. Robert de Saint-Remi rapporte qu'après le discours pontifical, îe cardinal Grégoire qui devint pape plus tard sous le nom d'Innocent II, prononça à haute voix, au nom de tous, une formule de confession générale. Les assistants se prosternant et se frappant la poitrine, le Pontife donna l'absoute générale à tous les "pénitents.
Il ne s'agissait point là d'une absolution sacramentelle accordée aux cent mille auditeurs, pour toutes leurs fautes, sans confession préalable, mais de la rémission de la peine temporelle promise aux pécheurs repentants et pardonnes qui entreprendraient la guerre sainte. Voici, à ce sujet, ce que dira quelques mois plus tard Urbain II lui-même aux fidèles de Bologne : « J'apprends avec bonheur la résolution formée par quelques-uns d'entre vous de partir pour l'expédition de Jérusalem. Sachez que tous ceux qui entreprendront le saint voyage, non par des motifs d'ambition terrestre, mais uniquement pour le salut de leur âme et la délivrance de l'Eglise, obtiendront par la miséricorde du Dieu Tout-Puissant et les prières de l'Église catholique, en vertu de notre autorité et de celle de presque tous les archevêques et évêques réunis dans les Gaules, la remise entière de la pénitence après une vraie et parfaite confession de leurs péchés, parce qu'ils consentiront à exposer leur vie pour l'amour de Dieu et du prochain *. » Le Pape proposa également la rémission complète des péchés dans sa lettre aux princes de Flandre 2.
Le concile de Clermont l'avait du reste déclaré : Quiconque, par le seul esprit de foi, sans les vains désirs d'avarice ou
(Chron, Mont, Cassin, Psarz, SS.^ VII, 765.) Ainsi on dit à Boëmond, duc d*Apulic, que le signe des pèlerins^ c'est le port de la croix « aut in frontibus, aut in spatulis (iex^m ». (Rob. Mon., op, cil.y p. 741.) D'après Mabillon, ce signe se portait aussi sur le front du casque. La croix était généralement d'étoffe cousue sur les vêtements. Lorsque Boëmond, au siège de Melfi, entend parler de la croisade, il se fait apporter deux manteaux d'étoffe précieuse et y fait tailler des croix • ex eis corrigiatim incisis prascepit cruces fieri ». (Rob. Mon., Ibid, 741.) La bénédiction et l'imposition de la croix se faisait d'une manière solennelle et touchante.