Isaïe, II
2, HuLSTEX, n, 87. Cf. IIlrter, op, cit., II, 348.
les vertus mêmes de ce siècle. Saint Odilon formulait cet esprit de modération en disant de lui-même : « Si je devais être damné, j'aimerais mieux l'être pour un excès de miséricorde que pour une dureté trop rigoureuse*. »
Un jour, raconte-t-on, Pierre Damien s'étant arrêté à Cluny, demeura muet d'étonnement en se demandant de quelle façon pouvaient être saints ou avoir de saints fondateurs des religieux qui vivaient ainsi dans l'abondance 2. D'autre part, il se demandait aussi comment ne pouvaient pas être saints ceux qui gardaient avec tant de ferveur la discipline monastique. Il pensa que si, à Cluny, Ton pouvait unir l'abstinence à l'obéissance, ce serait la perfection apostolique. Aussi suppliait-il l'abbé qu'on s'abstînt de graisse au moins deux jours pour ne le céder en rien aux anachorètes : « Essayez d'abord, lui repartit aimablement Hugues, de porter avec nous le poids de la règle 3. »