‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 24 sur 356 · Chron, gén., ¥1,52-1, in-fol · texte numérisé non relu

Chron, gén., ¥1,52-1, in-fol

Le bruit des châteaux et des cours arrivait jusqu'au seuil de leur monastère. Les abbés de Cluny, pacificateurs autorisés, arbitres des différends, figuraient dans les conseils des grands : seigneurs, princes ot rois avaient souvent recours à leurs himières, et, devant eux, se donnaient la main. Ces murs bénis étaient devenus le rempart élevé à l'abri duquel allaient se réconcilier les partis en lutte : « Venez, montons à la montagne du Seigneur, il nous enseignera nos voies... les nations forgeront de leurs 'épées des socs de charrue et, de leurs lances, des faulx; alors le peuple ne brisera plus le fer contre un autre peuple ^ »

C'est ainsi que l'entendait le saint abbé Odilon quand il se fit ardent propagateur de la Trêve de Dieu.

Foyer de la paix, orient de la civilisation, Cluny fut donc, pour ces moines ignorés, un centre d'observation où, en présence de l'affreux contraste qui existait entre cett(5 paix suave V devenue leur partage comme leur mystique devise et les

f guerres éternelles du régime féodal, ils avaient conçu l'ardente

* ambition d'apaiser celles-ci en faisant triompher celle-là.

M A l'époque où nous sommes, Hugues était l'abbé du monas-

^ tère, Hugues, le digne héritier des Odon, des Odilon, et ,

I; précurseur des Pierre le Vénérable de l'avenir. Il n'avait que '

if vingt ans quand il fut nommé grand prieur et, cinq ans après, H • j

t assumait une charge qui eût pesé lourd sur une tête à che-

if veux blancs, charge qu'il devait porter durant soixante années.

; C'est lui qui, au concile de Reims présidé par saint Léon IX,

comme nous l'avons dit, fit contre la simonie un discours fort remarqué.

On se montrait à Cluny d'une» grande sévérité pour l'admission des novices. Pierre Damien disait lui-même que le relâchement des noviciats avait fait baisser le niveau de la sainteté*. Cependant le caractère dominant de la vie claustrale était la douceur. Ce n'était point cette sévérité féroce qui caractérisait

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