‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 250 sur 356 · Foulques d'Anjou, M. G. .S'6\, Ibid · texte numérisé non relu

Foulques d'Anjou, M. G. .S'6\, Ibid

vres, et, le lendemain, chanteraient au chœur les sept psaumes et les litanies, avec célébration de la messe solennelle ^ Quant aux pèlerins, à Taller et au retour, l'autorité pontificale les abritait contre tout ennemi possible 2.

Foulques d'Anjou profita de l'occasion pour demander au souverain Pontife de transférer, dans la nef de l'église nouvellement consacrée, le corps de son oncle Geoffroy qui avait été inhumé dans la salle du chapitre^.

Le premier abbé des chanoines réguliers de Sainte-Marie de Roê dont la bulle de fondation fut signée à Angers par Urbain II, fut Robert d'Arbrisâel qui devait, quelques années après, être le fondateur de l'abbaye et de tout l'ordre de Fontevrault '*. Le Pape étant à Angers, voulut le voir ^ et l'invita à prendre la parole à la dédicace de l'église Saint-Nicolas. Il ne convenait pas, en effet, qu'une telle lumière demeurât cachée sous le boisseau. L'aflluence à cette auguste cérémonie était telle, raconte Baudri de Bourgueil, historien de Robert d'Arbrissel, qu'on aurait pu croire à la réunion du mon(ïê entier. L'éloquence du saint ermite plut si fort au seigneur Pape, ajoute le même chroniqueur, qu'il lui ordonna incontinent d'aller prêcher partout la

1.'- Pauperos contura abb«as et nionachi pascant... » T^vver y Layettes du Trésor des Chartes^ I, p. 31, Paris, 18GII

2. iletio bu Uo fut donnée à Sablé le 15 février I()ÎK>. Marciieoay {Archivrs d'Anjott, II, 199) lui assigne à tort, comme date, le 22 février U)9l5, puisque Urbain II étant k Marnioutier le 3 mai*^, et auparavant étant i*esté onze jours à Vendôme, avait dû quitter Sablé au plus tard le IH février.

3. Ibid. Le Pape y consentit, mais, à sa prière. Foulques dut abandonner, en partie, une forêt qui lui appartenait, aux moines de Saint-Nicolas. Cette donation fut plus tard l'objet d'une longue contostation entre ceux-ci et les religieux d«ï Saint-Aubin qui prétendaiont avoir droit à la possession complète et exclusive de la forêt. Cette discussion devait linir avec l'intervention dt* Geoffroy, é véque d'Angers, et Guillaume, abbé de Saint-Florent. Cf. ' Lepeletieb, Ilist. (les Moines de Saint- S kolas d* Angers.

4. Au diocèse d'Angers, à trois lieues de Saumur. L'ordre de Fontevrault devint très puissant. Il était divisé au moyen âge en quatit> provinces, lesquelles comprenaient, en tout, près de soixante prieurés. L'ordre était composé d'hommes et de femmes. Mais les pn'miei's étaient soumis à Tabbesse générale de tout l'ordre, Roljert d'Arbrissel aurait eu pour dessein, dans cette fondation d'un nouveau genre, d'honorer la Très Sainte Vierge Marie que Jésus, en mourant, avait laissé pour mère a tous les hommes.

5. « Accersiri eum mandavit ejuscjue colloquium desideranter cupivit. » AcL BolL, 25 février, p. 611.

croisade et voulut que cet habile semeur du Verbe de Dieu fût son second dans la publication du grand pèlerinage. Robert, afin d'être tout entier à sa mission, résigna ses fonctions d'abb*^ et parcourut les divers diocèses pour y annoncer la parole de Dieu. Mais en prêchant le chemin de la Jérusalem terrestre, il avait soin, comme Pierre TErmite, de montrer du doigt la Jérusalem du ciel : il indiquait celle-là comme la voie qui mène à celle-ci. On vit alors, disent les Actes, un spectacle qui rappelait celui des prédications du Sauveur en Judée. Des multitudes d'hommes et de femmes s'attachaient au pas du zélé missionnaire, recueillant avidement les paroles qui tombaient de ses lèvres et les bénédictions qui semblaient émaner de sa personne. L'apôtre ramassait des disciples le long de son chemin. Il devait en faire plus tard les prémices de son Ordre. Il choisit de reposer, après sa mort, non pas dans les lieux les plus saints de la terre, mais « au milieu de ses chers petits frères, dans la

poussière de Fontevrault * ».

III. — Le Pape daîïs le Maine et a Tours, — Geoffroy DE Vendôme. — Séjour a l'abbaye de Marmoutier.

Au lieu de remonter le cours de la Loire pour se rendre à Tours, où il devait tenir un concile à la mi-carême, Urbain II, à son départ d'Angers, prit la route de Sablé et du Mans, à travers le Maine et l'Anjou. Il s'arrêta d'abord au monastère de Saint-Maur, à Glanfeuil-sur-Loire. C'est là que le disciple bien-aimé de saint Benoît, saint Maur, avait fondé, au vi* siècle, le premier monastère bénédictin qui ait été érigé sur le sol de France. Mais depuis deux cents ans, cette abbaye, autrefois si célèbre, n'était plus qu'une annexe du monastère de Saint- Maur-des-Fossés, près de Paris. Urbain II fut supplié d'intervenir, afin de faire cesser cette domination étrangère. Mais le Pape, voulant juger la chose avec plus de maturité, remettra

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