Anal. jur. pont., 88* livr., p
Faut-il ajouter foi à ce que rapporte Pierre Diacre dans sa chronique du Mont-Gassin, que le F'ape à cette occasion aurait replacé le monastère de Glanfeuil sous la dépendance du Mont- Cassin, comme il Tavait toujours été avant l'usurpation des moines des Fossés? Est -il vrai qu'Urbain II aurait écrit à Oderisius, abbé du Mont-Gassin, pour lui confirmer cette faveur?
Dans cette lettre, manifestement fausse, Urbain commence par faire l'historique de Glanfeuil absolument dans les mêmes termes que dans sa lettre à Gérard, seulement avec une variante très significative. Quand il parle de la première destruction de ce monastèi*e, il en attribue la cause « aux péchés des moines* ». Et au lieu de parler comme le Pape qui appelle Glanfeuil « illud venerabile monasterium », le faussaire omet simplement cette appellation. Décidément il avait besoin de ce discrédit jeté sur Glanfeuil pour légitimer sa soumission, par le Pape, au Mont-Cassin.
Dans la seconde moitié de la lettre, le faussaire fait donc établir par le souverain Pontife un cardinal-abbé à la tête de Glanfeuil. Alors, le monastère de Glanfeuil est, par lui, soumis avec toutes ses possessions au monastère du Mont-Cassin. L'abbé qui serait élu après Gérard, serait béni au Mont- Cassin. « Même, ajoute-t-il (et le bout de l'oreille ici perce par trop) si, ce qui n'est guère croyable, on ne trouve dans la congrégçition personne qui soit capable de porter cette charge, qu'on choisisse un abbé parmi les moines du Mont-Cassin ! » En tout cas, l'abbé élu devra aller ad limina au monastère de Saint-Benoit... C'est trop charmant 2.
Plus tard, Yves de Chartres écrira au pape Pascal II pour prendre en main la cause des moines des Fossés. Il accusera Foulques d'Anjou d'avoir soutiré au pape Urbain ce privilège d'exemption pour Glanfeuil, et d'avoir arraché lui-même des mains des Parisiens, en plein concile de Tours, pour la mettre en pièces, la charte de leurs droits. Mais il ne fera aucune allu-