Analect. jur, pont., 88* livr., 544 sqq
par les barbares et détruit de fond en comble. Ses ruines demeurèrent lontemps une triste solitude. Finalement, grâce à la générosité des princes chrétiens, il fut relevé par les moines de Saint-Maur-les-Fossés. Cette restauration durait encore à la fin du xi^ siècle. Mais quand le relâchement se fut glissé chez ces derniers, Téglise et les biens de Glanfeuil périclitèrent entre leurs mains.
« L'arrangement de la divine miséricorde a permis, dit le Pape, qu'en traversant la France pour les affaires ecclésiastiques, nous visitions ces ruines de Glanfeuil avec les évoques nos frères et les cardinaux de l'Eglise romaine. Les quelques frères qui y vivaient encore et les nobles seigneurs des châteaux voisins sont venus nous entourer de leurs plaintes et gémir devant nous de ce que ceux-là mêmes avaient dissipé leurs biens qui auraient dû les gouverner sagement. Ajoutez à cela les prières de notre vénérable frère Geoffroy, évêque d'Angers, et de notre fils. Foulques, comte d'Anjou, qui nous ont pareillement supplié d'établir là un abbé propre, en vertu de notre autorité apostolique, disant qu'ils en espéraient beaucoup de bien à brève échéance, et que le nombre des trente moines qui s'y comptaient alors, grandirait sans retard si le monastère, délivré de la tyrannie des moines des Fossés, était régi par son abbé. Aussi avons-nous fixé un jour aux moines parisiens pour leur laisser la liberté de nous présenter leur bref apostolique, s'ils en avaient un ' ».
Ceux-ci présentèrent en effet au concile de Tours une bulle du pape Adrien ; mais il fut manifestement démontré qu'elle était fausse. Et on décida que, puisque depuis longtemps l'abbaye des Fossés avait failli à l'observance religieuse et que Glanfeuil en avait pâti au lieu d'en bénéficier, la cause cessant, l'effet cessei*ait, et que Glanfeuil aurait la consolation d'un cardinal-abbé. Gérard reçut cette bonne nouvelle avec Tassurance que son monastère avait les privilèges de l'exemption et la faculté de recouvrer ses possessions anciennes.