‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 259 sur 356 · Baluz., Mise, II · texte numérisé non relu

Baluz., Mise, II

5. Ex Musei Britann. Mss. Cott. Vespas. E. IV, f. 208, S. XII, in.

VOYAGE D'URBAIN II Ex\ FRANCE. 385

Manassès tardait-il à être reconnu à cause de sa fermeté en face du roi toujours excommunié? Urbain lui demande de tenir bon et à l'heure présente il peut se féliciter de voir le Pontife de Reims iidèle à la cause romaine, L^s suffragants obéirent sans retard aux ordres du Pape et Manassès fut sacré dans rarchimonastère de Saint-Remi par Hugues de Soissons.

D'autres églises attirèrent encore l'attention du Pape, au concile de Tours. Après avoir accordé le privilège de l'exemption aux moines de Saint-Vincent de Metz^ et aux chanoines réguliers du Saint-Sauveur de la même ville 2, comme il se dirigeait sur Poitiers, il se prépara les voies en redressant les torts et en semant les bienfaits.

L'église de Ham-les-Lilers, au diocèse de Saint-Omer, presque au lendemain de sa fondation, avait été rattachée au monastère poitevin d^ Charroux. Grâce aux largesses de celui-ci, elle avait tellement prospéré que les seigneurs de Flandre demandèrent qu'elle fût érigée en abbaye. L'abbé qu'on élut leva fièrement la tête en face de Charroux qui revendiquait à bon droit l'honneur d'avoir fondé son monastère où lui-même avait fait profession. C'était grossier et choquant. Urbain II le manda. Force fut à l'élu d'incliner la crosse devant l'abbé de Charroux et de voir son monastère agrégé pour toujours à celuici ^. En même temps il reçut du Pape une lettre qui réglait pour l'avenir le mode d'élection de ses successeurs : c'était l'abbé même de Charroux qui avait l'autorisation d'y pourvoir*.

1. MiGNE, CLI, 452. Il concéda même à Tabbé de Saint-Vincent de Metz, Langon, et à ses successeurs, le droit d'aller au ti*ône de Tévêque, durant la vacance du siège, avec la dalmatique et les sandales, pour la célébration de la messe solennelle.

'i. Pfluok-Harttlng, Acta, II. Urbain II confirma aussi les moines de Tournus dans leurs biens, particulièrement dans la possession de deux églises de Loudun auxquelles prétendaient les moines de Saint-Florent. (Migne, CLI, 451.) De plus, le concile termina le différend qui existait entre ces religieux de Tournus «'t la cathédrale d'Angers. L'arrangement donna à celle-ci et aux premières églises dépendant du château de Douldé. certains revenus avec faculté d'y mettre des religieux à la mort des chanoines qui les dessen'aicnt.

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