‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 269 sur 356 · IvoN, op · texte numérisé non relu

IvoN, op

3. • Dumadhucin Galliis moraretur (Urbanus) satishumiliterad satisfactionem venit (Philippus) et, abjurata adultéra, in ^ratiain roceptus est •. Apud Baron.. ad. ann. 1096, XVIII, p. 38.

religieux par rapport au ministère pastoral. Les Pères du concile eurent à cœur de prendre la défense des moines et de venger avec éclat rhonneur et la sainteté de la vie monastique contre les assertions d'audacieux détracteurs, qui, unis par un sentiment de jalousie, et s'appuyant soi-disant sur l'exemple des anciens, prétendaient interdire aux moines les fonctions sacerdotales. Le premier de ces canons est conçu en ces termes * : « Quelques esprits chagrins, guidés par un zèle d'amertume plutôt que par celui de la charité, prétendent que les moines étant morts au monde, et ayant consacré leur vie à Dieu, ne doivent pas être promus à la dignité sacerdotale, et que, s'ils l'ont antérieurement reçue, ils ne peuvent administrer les sacrements de baptême et de pénitence. C'est une erreur profonde. S'il en était ainsi, comment saint Grégoire le Grand, moine bénédictin, aurait-il pu être promu au souverain Pontificat avec la plénitude du pouvoir de lier et de délier? Son discipline saint Augustin, l'apôtre des Anglais, appartenait de même à l'ordre de Saint-Benoît ; il n'en fut pas moins le premier archevêque de Cantorbéry. — Le glorieux saint Martin, archevêque de Tours, et grand nombre d'autres très saints pontifes, illustrèrent de même l'habit religieux et la profession monastique. — Le législateur des moines d'Occident, saint Benoit, n'a porté aucune interdiction de ce genre. Il veut seulement que les religieux s'abstiennent de l'administration des chosoa civiles, prescriptions absolument conformes à la tradition des apôtres et à l'enseignement des Pères. Nous croyons donc, et déclarons que les moines élevés à la dignité sacerdotale ont le pouvoir d'administrer les sacrements. Tout évêque ou prêtre qui oserait encore soutenir le contraire encourrait la peine de la déposition canonique. » — Voici l'autre canon relatif à ces erreurs : « Il y a obligation, pour ceux qui ont renoncé au siècle, de consacrer toutes leurs prières et leurs bonnes œuvres à obtenir du

1. La thèse n'aurait pas dié nouvelle, et il parait que Bonifacc IV, au commencement du VII* siècle, aurait porté un semblable drcrct. Floury qui dit (t. XIII, p. 168) que le style de ces canons convient mieux au temps d'Urbain II, avoue cependant que î*icrre Damicn. Ta cité comme de Bonifacc IV.

Seigneur la grâce du salut pour les âmes. Leur vie est conforme à l'institution apostolique ; ils retracent dans leurs actes l'exemple de la primitive Eglise, alors que les fidèles n'ayant qu'un cœur et qu'une âme, mettaient en commun tout ce qu'ils possédaient ^ Sous ce rapport, elle est plus rapprochée de la perfection que celle des prêtres séculiers. Il nous semble donc, que les moines qui ont tout abandonné pour Dieu, sont dès lors plus dignes que les autres, quand ils sont promus au sacerdoce, d'administrer le baptême, de donner la communion, d'imposer la pénitence, d'absoudre les péchés. Rappelons-nous quoi mérite aux yeux de Dieu acquièrent les hommes qui pratiquent le précepte du Sauveur : Quitte tout ce que tu as, viens et suismoi. — Et ainsi comprenons que, vivant de la vie des Apôtres» ils ont le pouvoir de prêcher, de baptiser, de donner la communion, de recevoir les pénitents, de délier les péchés. 2 »

D'après le témoignage d'un auteur contemporain, Urbain II prêcha la croisade à Nîmes. Il exhorta le peuple à la délivrance des Lieux Saints?, et ordonna aux évêques de prêcher l'expédition sainte dans leurs diocèses, ce qu'ils firent, ajoute le chroniqueur^.

C'est sans doute durant le concile ou aussitôt après qu'il envoya aux Génois la lettre mentionnée par Jacques de Varazze et dans laquelle il demande des secours pour l'Orient ^- Ce qui le confirme, c'est qu'on sait qu'il manda à Gênes, Hugues de Châteauneuf, évêque de Grenoble, et Guillaume, évêque d'Orange, en qualité de légats apostoliques chargés d'y prêcher la guerre sainte. Il faisait appel aux villes maritimes d'Italie pour assurer aux croisés des communications plus faciles avec

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