MiGNE, CLXIII
de rÉglise romaine ce monastère dont il avait consacré Tautel, dans la nouvelle église, en sorte qu'aucun archevêque ou évêque dans la suite n'aurait le pouvoir de le frapper d'excommunication ou d'interdit ^
Le concile de Nimes reçut aussi la plainte d'Hugues de Lyon contre le métropolitain Richer de Sens qui refusait toujours de reconnaître la suprématie lyonnaise décrétée à Clermont et à Tours. Cette suprématie fut de nouveau confirmée par les Pères du concile, mais Richer ne consentit jamais à se soumettre, et il resta sous le coup de Finterdit jusqu'à sa mort qui arriva en décembre 1096.
D'autres affaires disciplinaires furent encore traitées. Ainsi Guibert, abbé de Saint-Germain d'Auxerre, qu'on accusait d'être prodigue. des biens de son abbaye et dur pour ses religieux, fut obligé de résigner ses fonctions. Le Pape, qui avait à cœur de relever une maison si illustre, remit le bâton de l'abbé à Tévêque, à la condition que celui-ci placerait à la tête du monastère un religieux pris à la Chaise-Dieu, à, Marmou<tier ou à Cluny. Telle fut l'occasion qui amena les religieux clunisiens à Auxerre.
Nous avons vu dans les différents conciles l'impitoyable sévérité du Pape en face du moindre soupçon de simonie. C'est ainsi qu'à Nîmes, Gérard de Térouane fut suspendu par lui de toutes fonctions épiscopales. Cependant, Grégoire VII, écrivant à Robert, comte de Flandre, lui recommandait Gérard comme ayant été canoniquement élu et étant entré par la porte dans la bergerie du Christ. En effet, Gérard avait été légitimement élu par le clergé et le peuple, mais le consentement du roi avait été obtenu ensuite à prix d'argent, à l'insu de Gérard qui, dans la suite, se vit obligé de payer la somme promise. D'ailleurs, il faut remarquer que l'évêque ne fut pas précisément destitué, mais simplement suspendu de ses fonctions.
1. Teulet, op. cit. y I, 566. Il y a des obscurités dans l*énoncô de la date dç ce bref.
Vaisskte, II, HisL du Languedoc y col. 342, le rapporte à Tannée 1096.
Ainsi, Tannée suivante, Lambert d'Arras ne craindra pas de recommander au Pape la cause de Gérard.
Urbain II usa de la même rigueur, mais également tempérée, malgré l'intervention d'Yves de Chartres, -xâs-à-vis d'Anselle, évéque élu de Beauvais. Il ne' cassa pas son élection, mais ne voulut pas l'approuver. Yves de Chartres * pria le souverain Pontife de continuer sa bienveillance à Anselle et de venir en aide à Féglise de Beauvais qui avait un très grand désir de l'avoir pour évéque et qui souffrait beaucoup du délai de son sacre. Aussi le saint évoque engage-t-il le Pape à terminer cette affaire soit par lui-même, soit en remettant le jugement au métropolitain et aux autres évêques de la province '^.
S'il faut en croire la chronique de Maillezais, c'est au concile de Nimes que Philippe, roi de France, fut réconcilié avec l'Eglise par le Pape, et il faut sans doute rapporter à ce concile ce que Berthold dit de cette réconciliation : « Tandis que le Pape était encore en France, raconte le chroniqueur, Philippe vint humblement à lui pour obtenir la rémission de ses fautes, et, ayant répudié l'adultère, il fut reçu dans la communion de l'Eglise 3. » Faut-il en conclure que Philippe se soit rendu en personne au concile de Nimes? Cela paraît peu vraisemblable. D'abord les annalistes gardent le silence là-dessus. Puis, pourquoi Yves de Chartres aurait-il été chargé, à cette même époque, d'une mission auprès d'Urbain II lorsqu'il était à Montpellier, de la part du roi ? De plus, il paraît bien que la réconciliation de Philippe avec TEglise ne fut définitive qu'au commencement de l'année suivante, comme on le voit dans la lettre du Pape à Manassès de Reims. Enfin, ajoutons à cela le canon dixième promulgué par le concile contre les mariages adultérins .et apparemment dirigé contre le roi.
Parmi les canons du concile, l'un des plus intéressants, et que nous avons déjà signalé, est celui qui fait l'apologie des ordres