Ekkeh., Chron. univ., M. G., SS., VI
ces situées entre la mer Tyrrhénienne et l'Adriatique» Tous aboutirent à Constantinople au milieu de la joie universelle. Ils y trouvèrent Hugues, le frère du roi de France Philippe, qui, étant entré inconsidérément avec quelques rares troupes dans les terres de Tempereur, fut fait prisonnier par ses hommes et gardé à vue. Effrayé à l'arrivée de ces grands, il rendit sa capture, volontairement, mais comme forcé par leurs prières. C'était « un homme remarquable par ses hésitations, qui ne conçut jamais rien de grand qu'en fait de ruses * ». « Alors, continue plus loin Guillaume, ramassant toutes leurs forces, ils arrivent en Bithynie à Nicée qu'ils avaient eu l'idée d'attaquer d'abord parce qu'elle était un obstacle à leur route et qu'ils souhaitaient d'y venger la mort que les pèlerins y avaient récemment trouvée. En effet, Gauthier, un valeureux soldat, mais prime-sautier, en attaquant inconsidérément les remparts, y avait été écrasé avec une armée considérable. C'était cette armée que les prédications de Pierre l'Ermite avaient ébranlée du territoire de la patrie. »
« Au mois de septembre, Robert, comte de Normandie, frère du roi Guillaume, voulant entreprendre la croisade, eut comme compagnons Robert de Flandre et Etienne de Blois, tous illustres par la noblesse et par la vertu ^. » Ce sont ces deux Robert dont Robert le Moine disait : « même nom, même sang, même puissance, même vigueur d'âme, et mêmes armes -^ ». Ils entraînaient derrière eux les Anglais, les Normands, la France occidentale, la Flandre, avec tous les peuples depuis l'Océan britannique jusqu'aux Alpes.
Le Pontife, en effet, étant arrivé à Lucques, en Toscane, au mois de novembre", y fut rejoint par Robert de Normandie *, Etienne de Blois et Robert, comte de Flandre, qui se rendaient à la croisade en passant par l'Italie.
Ils étaient suivis d'un grand nombre d'autres croisés qui ve-
1. - Homo tergivei'satione faniosus et nihil unquam inajrnum nisi dolo inacliinatus». WiLL. Malu., Gesl, Rer.angL, 1. IV, c. n (p. 75. Londini, 161)5).