Prov., IV
Soumis aux rigoureuses ol)servaiices de la discipline, le novice fut un vrai modèle. Il fallait qu'il se distinguât de bonne heure entre tous ses frères pour attirer la particulière attention dt; Tabbé. Cinq ou six ans à peine s'étaient écoulés que le B. Hugues lui confia la charge de grand prieur. 11 le choisissait comme un autre lui-même pour être efficacement secondé dans le gouvernement de son abbaye.
Elu par Tabbé, après consultation du chapitre, le prieur était chargé du soin du temporel et du spirituel, mais sous les ordres de son supérieur. Il avait près de lui une sorte de vicaire, un prieur claustral qui ne sortait pas du monastère, et plusieurs autres auxiliaires, spécialement pour les affaires du dehors. Il avait également sous sa direction totis les frères qui s'occupaient d(\s propriétés. Lui-même, chaque année après les vendanges, faisait le tour des terres, inspectait his granges et les celliers. Il ne disposîiit d'aucun argent sinon en voyage, de peur, dit le coutumier de Cluny, que cette mauvaise peste de la propriété, si dangereuse surtout pour un moine, ne se glissât en quelque façon dans le cloître*. En l'absence de l'abbé, il le remplaçait 2. Urbain II, plus tard, dans un discours qu'il prononcera à Cluny lors de la consécration du grand autel, comnie nous le verrons en son lieu, déclarera lui-même qu'il a rempli cette fonction ^.
Que fit-il pendant la période de sa charge ? On voit seulement qu'il souscrivit quelques charti»s. En février 1078, nous le trouvons à Avallon pour la fondation d'une dépendance de Cluny, en l'église Notre-Dame de cette Aalle. En cette môme circonstance, il reçoit un certain nombre de seigneurs dans la société des frères de Cluny, pour l(»s faire entrer en participation des prières, des aumônes et d(»s bonnes œuvres de ces religieux.